Exit, Sauve qui peut !

ExitAnne-Laure Letourneux est de retour en France depuis un an, après quelques années passées à l’étranger, où elle s’est forgé sa conception de son investissement par le travail : agir au sein d’un quartier pour favoriser les rencontres entre des personnes de tous âges, sensibiliser chacun et chacune sur nos choix de consommation en encourageant des pratiques responsables par rapport à l’environnement et faire vivre en chacun de nous notre part créative sur un mode collectif d’échanges de savoir-faire. Tous ces objectifs sont réunis en un seul projet, qui s’apparente à de l’upcyling, qu’elle a appelé Exit Sauve qui peut !, pour faire court et frapper les esprits. Elle souhaite le décliner dans un format coopératif et par l’animation d’ateliers collectifs de réparation de biens, valorisation ou création, dans le quartier de la Guillotière. C’est à ce titre qu’elle a été choisie par Locaux Motiv’ (LM) pour inaugurer le dispositif, en partenariat avec l’incubateur de jeunes entrepreneurs sociaux Ronalpia, d’accompagnement de porteurs de projets innovants, sur le quartier. Rencontre…

 

 

Peux-tu nous parler plus en détail de ton double accompagnement par LM et Ronalpia ?

Je dois avouer qu’en Rhône-Alpes, les jeunes entrepreneurs sont bien encouragés au développement de leur projet. Il existe beaucoup de dispositifs. C’est Emmanuelle Jouas, la chargée de développement de LM, qui m’a parlé de Ronalpia. C’est elle qui m’a aidé à structurer mon projet, en remplissant le dossier de candidature et en esquissant un premier budget. J’appartiens bien à la promotion Ronalpia 2015, mais, du fait du tout nouveau partenariat LM/Ronalpia, je n’ai pas suivi la sélection officielle. Je suis le cobaye de ce nouveau co-accompagnement. J’ai assisté à une première réunion d’information avant le dépôt de mon dossier, et c’est LM qui m’a donné la réponse trois mois plus tard. Je bénéficie donc d’un suivi pendant un an. Les services de Ronalpia sont de six ordres : des entretiens mensuels autour de la stratégie que je mets en place, des ateliers sur les outils de gestion à maîtriser ou d’autres thématiques spécifiques ESS, des échanges au sein des « lunchs inspirants » avec des entrepreneurs sociaux de référence, des séances de conseils et de mise en réseau, la mise à disposition d’un espace de co-working, à LM en l’occurrence, et l’encadrement par un parrain.

Exit boucle

Si j’ai bien compris, ton parrain est un résident de LM…

Tout juste. Louis Bourgois est mon parrain. Je le rencontre tous les mois avec une personne de Ronalpia. Il m’aide spécifiquement sur la gestion de projet. Il m’apporte un regard et une réflexion sur la viabilité économique du projet et la mise en réseau. C’est un éclairage tout à fait intéressant et dynamisant. Nous avons en fait des ressemblances dans nos parcours. Il a travaillé dans l’humanitaire à l’étranger et notamment pour Handicap International, comme moi.

Quels sont les partenariats que tu as déjà mis en œuvre ou que tu souhaites développer ?

Les partenariats sont pour moi essentiels, car je suis seule et mon projet est d’ampleur. Cette question m’amène à penser ces partenariats en cinq catégories de potentiels ressources le secteur de l’upcycling, la récupération des matières premières, l’approche des publics, la diffusion (exposition) et la vente des mes créations et les lieux ressources. Je m’aperçois aujourd’hui que mon étude de marché s’est transformée en création de partenariats. A force de nouer des contacts, d’échanger sur les agendas et les bons plans, des choses se mettent en place.

Exit poupeeLe meilleur exemple est ma collaboration avec Hélène Causse, de la structure Efemera. Nos expériences et compétences se complètent et nous menons plusieurs projets ensemble, dont l’animation d’un stand sur le temps des cerises à Confluences ce week-end.

En tout cas, pour la partie récupération des matières premières, mon premier partenariat, c’est mon réseau personnel de famille, d’amis et de voisins, qui me donnent breloques, colliers ou habits, par exemple. Je ramasse également sur les trottoirs dans les encombrants laissés par les gens, des miroirs ou des petites assiettes, et sur les chantiers ou dans les grandes surfaces pour récupérer des gravas ou des cartons. Pour l’instant, je travaille avec des choses qui sont faciles à récupérer.

Quand je suis allée voir les structures pour faire mon étude de marché, j’ai utilisé un questionnaire pour à la fois voir comment je pouvais m’insérer dans le puzzle et commencer à tester ce qui marche et ce qui ne marche pas. J’en ai démarché une trentaine. J’ai donc créé des liens avec des centres sociaux, celui de Vaise notamment, avec des MJC, celle des Rancy, pour connaître les différents publics et y proposer des animations ; des ateliers de créateurs pour la vente et des événements tout public ; quelques recycleries comme celles de l’Espace Créateur de solidarité à Saint-Fons ou la recyclerie de Trévoux, pour les lieux ressources. Pour le coup, il y a beaucoup à faire sur le Grand Lyon en matière de recyclage !

Quelles sont donc tes activités qui sont déjà en cours ?

Je peux citer tout d’abord, depuis janvier, les ateliers créatifs pour enfants avec le Café enchanté, un projet de café interculturel et intergénérationnel qui n’a pas encore de lieu. J’ai donc animé ces ateliers au tout début à la Fourmilière, puis, dans un atelier que je louais rue d’Anvers,. où j’ai pu, grâce à la vitrine, faire de la vente et organiser des événements et des rencontres, et actuellement à la Maison de la Guillotière. Au mois de mars, par exemple, j’ai proposé la construction de boîtes à trésors aux enfants pour mettre en place un imaginaire avec des petits riens, que je les invite à découvrir autour d’eux. Je ne donne aucun objectif, aucune contrainte aux enfants. Ils décident par eux-mêmes. J’encourage juste leur créativité, réponds aux questions et mets à disposition les matériaux et les outils Pour faire des mandalas en récup’, inscrivez donc les loustics, au prochain atelier qui aura lieu mercredi prochain, le 17 juin à 15 heures !

Exit atelier

Avec la Maison des Rancy, à partir de septembre, les lundis soirs, tous les 15 jours, j’animerai des ateliers pour adultes. Je l’envisage sur le même modèle que celui avec les enfants, pour (ré)apprendre à fabriquer des objets de notre quotidien, en proposant des réflexions sur notre modèle de société et l’échange de savoir-faire et de matières recyclées.

Avec les mouvements Zero Waste et Alternatiba, on prévoit aussi des actions dans l’espace public : collecte de déchets et œuvre collective, au début de l’été. Voilà, c’est un premier aperçu des chantiers que j’ai en cours.

Outre les partenariats, qu’est-ce qui te manque pour donner vie à ton projet ?

Je rêve d’un lieu où on pourrait tout avoir ! Une sorte de Maison do-it-yourself, dans laquelle il y aurait une recyclerie, une outilthèque, un atelier, où les gens pourraient se rencontrer et mettre en commun leur énergie et leurs compétences. Bien sûr, idéalement, ce lieu serait dans le 7e et aurait pignon sur rue, pour pouvoir faire de la vente d’objets artisanaux à bas prix. Un lieu où on oserait rentrer, avec un coin restauration et des animations culturelles… J’imagine également l’occupation de ce lieu en coopération, car il faudrait qu’il vive le plus possible et je ne pourrais pas assumer cette ambition toute seule. Voilà, le lieu idéal. Mes recherches avancent, j’ai des contacts, avec RecycLivre, notamment.

Exit enseigneEt avec LM, c’est quoi tes projets ?

Alors avec LM, on est en train de réfléchir à l’animation d’ateliers créatifs destinés aux enfants et adultes du quartier, l’après-midi ou en soirée. Devant le pas-de-porte de LM les beaux jours et à l’intérieur l’hiver. LM a sollicité la Mairie pour l’autorisation de l’utilisation de l’espace public devant les locaux. Il y aurait également une dimension réflexion sur la consommation et l’apport en matière première par le public, ainsi que, si possible, un partenariat avec des associations comme le Chat perché ou l’Atelier soudé pour des temps type « repair café ». Je suis donc dans une bonne lancée, mais avec tout ça, je manque de temps créatif personnel pour nourrir toutes ces belles perspectives.

Propos recueillis par Béatrice Weité, bénévole de la commission communication de Locaux Motiv’

Maza’Grand Evènement : Appel à bénévoles

4e édition pour le festival d’été sympathique, local et gratuit pour toutes et tous…. Maza’Grand Evènement ! C’est reparti pour les festivités, du 17 au 19 juillet, place Mazagran !

Et pour bien réussir l’organisation de cette nouvelle édition, le festival a besoin de toutes les énergies et enthousiasmes !

Si vous souhaitez en savoir plus sur le festival, rejoignez-nous les 10 et 20 juin prochain pour deux temps de rencontres et d’échanges ! Toutes les infos se trouvent dans l’agenda de notre site.

De l’argent pour nous rendre libres et heureux

Imaginez que vous imaginiez une société dans laquelle chacun reçoit pour vivre un revenu sans aucune condition (ni de ressources, d’activité ou d’inactivité, ni de charge familiale…) ni contrepartie (travailler ou se retirer du marché de l’emploi, par exemple). Un revenu inconditionnel pour permettre à chacun de ne pas connaître une situation de pauvreté et de s’émanciper du salariat.

Vous pouvez imaginer, bien sûr, la somme de questions que cela engendre et le nombre d’objections que cela suscite. Baptiste Mylondo, du collectif Pour un revenu social, nous a conviés, mercredi 6 mai, lors de l’apéro-découverte organisé par Locaux Motiv’, à voyager dans cette société qu’il considère comme possible à advenir à l’heure actuelle en France et qui ne dépend seulement que de la volonté politique. Il estime, en effet, que la création de richesses est suffisante et que les moyens techniques sont à notre disposition.

Un revenu de base, oui, mais à combien ?

Alors à droite comme à gauche, on spécule sur l’impact d’un tel revenu sur notre économie. A droite, l’objectif est de parvenir au plein-emploi, de casser ce chômage en versant aux travailleurs un montant de revenu suffisamment bas ou insuffisamment élevé pour qu’ils acceptent ces emplois non rentables au Smic. Son montant s’élève alors à 500 €/mois. A gauche, le revenu inconditionnel est censé lutter contre les inégalités en permettant aux plus pauvres de sortir de leur condition et, à chacun, d’avoir accès aux biens et services essentiels (980 €/mois, soit 60 % du revenu médian). Deux conceptions radicalement différentes du développement de la société française et du rôle des citoyens, que le spectre des divers fondements attribués au revenu inconditionnel vient illustrer.

Revenu citoyen ou revenu de citoyenneté ?

Du côté libéral, il serait un moyen de simplifier notre système redistributif, en rassemblant toutes les prestations en une seule. Une manière plus simple, donc, nous dit Baptiste Mylondo, de maintenir les inégalités. A gauche, la revue Multitude, justifie ce revenu minimum en raison du chômage et en considérant qu’il n’est plus possible d’offrir un emploi à tout le monde. Pour Baptiste Mylondo, ce revenu trouve son fondement principal dans notre condition de citoyen. « Un revenu de citoyenneté active », comme il le qualifie. S’impliquer dans la chose publique ou contribuer au bien commun exigent de nous citoyens du temps, temps libéré par ce revenu qui nous sort de la nécessité.

Un revenu pour tous, c’est bien, mais qui le finance ?

Quatre scénarios nous sont présentés reposant chacun sur quatre sources de financement possible. En premier lieu, la création monétaire. On fait tourner la planche à billets et la roue de la fortune en même temps. Deuxième possibilité, on augmente la TVA[1]. Mais là, encore, on fait tourner la spirale de l’inflation. Plus on augmente les prix, plus le revenu inconditionnel augmente, plus on consomme, moins on s’en sort. En troisième piste, on a la taxation des transactions financières (la taxe Tobin, par exemple) ou l’écotaxe. Alors là, c’est aussi incohérent que de fonder le financement du revenu sur la consommation ou la croissance productive. Il s’agirait d’asseoir le système de financement sur la spéculation. Enfin la quatrième voie que propose Baptiste Mylondo et son collectif semble la plus en cohérence avec la société que nous essayons d’imaginer depuis le début. L’imposition des revenus du travail et la taxation du patrimoine, avec l’incontournable nécessité de revoir la progressivité de l’impôt, afin que chacun participe à l’effort collectif pour pouvoir en percevoir les fruits.

Revenu inconditionnel

Un revenu pour une société différente

Alors résumons-nous. Mettre en place le revenu inconditionnel on peut, et nous voilà des citoyens qui disposons de temps ! Mais pour poursuivre cette révolution mentale que l’instauration du revenu inconditionnel entraîne chez chacun de nous, reprenons les fondamentaux sous-tendus pour ne pas sortir de cet article en pensant que tout cela, c’est bien beau, mais que ça n’est pas la vraie vie. Tout d’abord, en paroles liminaires, devant un changement de cette ampleur, il faut savoir raison garder et s’obliger à ne pas continuellement essayer de plaquer nos schémas de pensée actuels sur l’après-instauration du revenu inconditionnel. Il est impossible aujourd’hui de mesurer l’impact sur nos comportements et nos mentalités. En outre, la force du discours politique qui accompagnera cette réforme participera à l’orientation des comportements.

En second lieu, nous sommes dans un jeu de dominos. Jouer une pièce seule n’a aucun sens. Ce revenu est là pour nous amener vers une autre société, une société qui ne se fonde plus sur les inégalités ni sur la croissance matérielle et économique. Enfin, une société dans laquelle les conceptions du travail et du temps libre sont revisitées.

Des citoyens libres et heureux

Le revenu inconditionnel n’est pas là pour nous rendre oisifs. Il vient mettre un terme à cette société qui fait de l’emploi sa seule porte d’entrée et la seule source de lien, de reconnaissance et d’utilité sociale pour les personnes. Il nous invite donc à repenser le salariat et sa dimension aliénatrice. Baptiste Mylondo propose une définition positive de l’utilité sociale, qui veut que « toute activité, décidée par la personne, est utile dès lors qu’elle n’a pas été jugée nuisible par la collectivité ». L’article 4bis de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 en quelque sorte[2]. Un droit à choisir la manière d’utiliser son temps, car, dans cette société que nous nous sommes efforcés d’imaginer, le travail sera rémunéré à son juste prix et le temps libre sera considéré à sa juste valeur. Quelqu’un a levé la main contre ?

Pour poursuivre la réflexion

  • Philippe van Parijs et Yannick Vanderbroght, l’Allocation universelle, La Découverte, 2003.
  • « Un revenu pour exister », revue Mouvements, n° 73, 2013.
  • Baptiste Mylondo, Pour un revenu sans condition, Utopia, 2012.

[1]    Taxe sur la valeur ajoutée.

[2]    « Art. 4. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

Rapport d’activités 2014 : une année riche pour Locaux Motiv’

En près de quatre ans d’existence, l’association a gagné en maturité.

L’année 2014 a été marquée par une belle dynamique : nouvelles coopérations entre résidents, amélioration des capacités d’accueil, développement des temps d’animations et d’ouverture sur le quartier, création d’un poste de chargée de développement…

Retrouvez l’intégralité du rapport d’activités 2014 à télécharger en pdf.

Et l’introduction du document ci-dessous :

L’année 2014 de Locaux Motiv’ a commencé avec la mise en chantier des ambitions d’animation territoriale et la création du poste de chargé de développement. Elle s’est terminée par des nouvelles interrogations sur le modèle socio-économique de l’association liées à la mise en œuvre de la fiscalisation.

Entre les deux, une année de temps actifs, conviviaux, ouverts, investis par l’ensemble des membres de l’association qui, quels que soient leurs statuts, se reconnaissent dans les valeurs fondatrices du projet : le partage, la recherche du bien commun, la transparence, l’ouverture d’esprit, le respect, la solidarité, la bienveillance, une gouvernance ouverte.

Locaux Motiv’ gagne en maturité, en essayant de rester souple et en prise avec son environnement, ouvert et à l’écoute de la diversité des acteurs qui s’y croisent, se rencontrent et construisent ensemble des projets. Le développement et la promotion des biens communs, qu’ils soient culturels, informationnels, numériques, animent nombre des acteurs agissant à et avec Locaux Motiv’. En 2014, la place de Locaux Motiv’ dans les réseaux de l’ESS a été confirmée par sa prise en charge, en novembre, de l’animation de la plate-forme Rhône Solidaires. Ce projet, aujourd’hui porté par Locaux Motiv’, donne une dimension enrichie, à ce que produit le collectif Locaux Motiv’, assemblage mouvant, multidimensionnel, réticulaire, qui incarne la malléabilité nécessaire des organisations dans un environnement complexe.

De façon très concrète, ce rapport d’activités est la mise à plat de ce qui a constitué l’année 2014 — encore une année d’actions, d’explorations et d’interrogations fécondes.

Merci à l’ensemble des partenaires, soutiens financiers, relais, bénévoles, sympathisants pour leurs énergies, réalisations et engagements partagés. Ce rapport reprend l’ensemble des actions menées en 2014. Vous pourrez vous rendre compte que ce fut une année riche en événements et contacts variés qui permettent à LM de s’ancrer encore plus dans notre quartier et plus largement sur l’agglomération.

Un grand merci à tous ceux qui nous suivent et nous soutiennent, et rendez-vous dans un an pour un retour sur l’année 2015 elle aussi très chargée !

Rencontre avec Jean-Louis Rioual, nouveau résident à LM depuis début mars

Peux-tu nous présenter ton activité ?

J’ai l’habitude de présenter mon parcours professionnel par couches. Je suis tout d’abord journaliste-rédacteur. J’écris des articles de presse, notamment pour le Forestier privé, la revue du CRPF Rhône-Alpes – le Centre régional de la propriété forestière, qui est un service public.

En fait, j’ai commencé par la radio, c’est un peu le hasard de la vie, il y a vingt ans, en 1998-1999. A Grenoble, essentiellement, en faisant de l’actualité économique, politique et sociale. Au fur à mesure, je me suis spécialisé dans les questions sociétales, la discrimination, les migrations et la politique de la ville. Cela rejoint l’espace public, comment, aujourd’hui, on fait et produit la ville. Je suis donc aussi journaliste-producteur radio. A partir des années 2000, j’ai été producteur radio pour des radios locales, France culture et Arte radio. J’ai travaillé ainsi sur une centaine d’émissions à l’EPRA[1], une agence de presse radiophonique rassemblant à l’époque 170 radios.

Dans ce cadre de la production documentaire, j’ai pu ouvrir d’autres champs d’investigation, comme les périodes de conflits dans le monde, d’un point de vue historique. Pour l’émission la Fabrique de l’histoire, sur France culture, j’ai fait, entre autres, un travail sur les services secrets pendant la guerre d’Algérie ou encore un documentaire sur un combat qui a eu lieu pendant la Première Guerre mondiale qui a décimé un bataillon d’Australiens dans le nord de la France.

Quelle est ta position professionnelle : as-tu le choix dans ce que tu entreprends ?

J’ai toujours adapté les médias en fonction des sujets que j’avais. C’est une question de moyens et de crédibilité. C’est généralement moi qui propose les sujets. C’est une relation de confiance avec les différents employeurs.

Les années 2000, avec le Web, m’ont aussi ouvert de nouvelles perspectives, avec la possibilité de décliner sur la Toile ce que je faisais de manière assez classique (documentaires, magazines). Ce sont les Web-documentaires ou les petites œuvres documentaires (POM), que j’ai faits en tant que réalisateur multimédia. En 2011-2012, j’ai travaillé avec Fabien, de Petit Homme (membre de Locaux Motiv’ depuis un an).

Dans les formes classiques documentaires, la manière de raconter l’histoire est assez encadrée, le Web-docu ou les POM m’ont obligé de revoir la construction de mes créations. L’enjeu, ça a été de redéfinir mon métier à travers cette activité.

Et tu arrives à en vivre ?

J’ai toujours mené ces différentes activités en même temps. L’économie du Web-documentaire est suffisamment instable pour qu’on puisse prétendre vivre de ça exclusivement en tant que producteur. Je travaille avec des producteurs classiques qui souhaitent développer des formes multimédias différentes. Je suis démarché par les producteurs. En parallèle, je porte également des projets. La grosse difficulté, c’est que tout va extrêmement vite : les outils, la maîtrise des outils, le langage. C’est sans cesse en réinvention. Cela demande une vigie, de connaître des geeks…

Voudrais-tu évoquer d’autres engagements ?

En parallèle, je suis membre de la commission des œuvres sonores de la SCAM[2]. Autour de la table, il n’y a que des gens de la radio, qui s’interrogent sur la manière de réinventer le monde de la radio. C’est une instance où on fait une photographie du métier, avec la question des droits d’auteur toujours au centre. La radio, c’est un métier qui s’est fortement précarisé depuis dix ans. On observe les nouveaux outils, l’évolution des cultures, les background/volonté/espoir/modèle de ceux qui entrent dans le métier. Sur quoi reposent leurs rêves.

Je suis également membre du conseil d’administration du Club de la presse de Lyon. C’est une activité militante comme pour la Scam. Je participe à la relance de leur lettre. Le Club aide à la mise en lien des journalistes.

Comment s’inscrit ta présence à Locaux Motiv’ ?

Je connais et je suis Locaux Motiv’ depuis le début, car j’habite le quartier. La notion d’espace de coworking, je l’ai depuis pas mal de temps, par l’Atelier des médias. Le montage audio qui fait du bruit était peu compatible avec un espace partagé. Je repoussais les invitations. Mon activité se réorientant vers d’autres supports, j’ai accepté début mars. Je trouve le projet très intéressant, le dynamisme et la reconnaissance dans le quartier formidables. Pour mes activités au sein de Locaux Motiv’, c’est à voir, car il est trop tôt.

Puisque tu as évoqué l’espace public, je voudrais te demander ce que tu penses de la place Mazagran ?

C’est sûrement lié au beau temps, mais j’observe une appropriation de la place immédiate, qui répond à une demande dans un quartier dense sans espace pour se détendre ou baguenauder. C’est une belle place, presque trop belle. L’inauguration n’a eu lieu qu’il y a quinze jours, il va falloir voir l’évolution au mois d’août, car il y a peu ou pas de zones d’ombre (là où il y a les tables, par exemple). J’aimerais voir comment on été pensé les choses. Les enfants de bas âges ont leur espace dévolu, en revanche pour les ados (9-10 ans) qui ont envie de jouer au ballon, ça n’a pas été pensé (pas de cage). Mais tous les jours ils viennent et mettent leurs sacs pour marquer les buts. Le reste est très très bien pensé. Il y a le Crieur, que je trouve intéressant à écouter. Sous la pluie, les gens paraissaient nombreux à écouter. Il fait presque partie de mon paysage, de fait, je l’ai sous mes fenêtres.

Contact : 06.66.21.56.16

[1] Échanges et productions radiophoniques sont une banque publique de programmes au même titre que l’INA (Institut national de l’audiovisuel).
[2] Société
civile des auteurs multimédias.

Un bureau à Locaux Motiv’ ?

Vous souhaitez devenir résident à Locaux Motiv’ ?

L’occasion est toute trouvée ! Un poste de travail (sans l’ordinateur de la photo, mais le reste du mobilier n’est pas non plus immuable…) de 8m2 environ est en effet disponible de suite en espace partagé au rez-de-chaussée pour un montant mensuel de 233 € TTC, toutes charges comprises.

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Dans ce bureau partagé, spacieux et lumineux travaillent Framasoft (culture et logiciel libre), La Société des Apaches (production documentaires), l’Orchestre Symphonique et la Fabrique à liens (formation et accompagnement de projets numériques). Cet espace partagé se trouve au rez de chaussée de Locaux Motiv’ : au plus proche de notre nouvelle machine à café expresso 🙂

Justine, chargée de communication et médiation à Locaux Motiv’

photo_justine (778x1024)En service civique jusqu’au mois de juillet prochain, Justine a pour mission de développer les outils destinés à rendre visible Locaux Motiv’. Elle est également chargée de l’accueil et des inscriptions concernant les nouveaux postes nomades. Portrait.

Formée en alternance à l’ECEMA à Lyon, où elle décroche un master 2 management de projets et communication, Justine a débuté son parcours professionnel en étant chargée de communication lors de stages dans les secteurs loisirs et tourisme ainsi que dans une PME industrielle.

Arrivée à Locaux Motiv’ en janvier dernier pour un service civique de 6 mois, Justine a réalisé une importante refonte de l’ensemble des documents de présentation et de communication de Locaux Motiv’. Elle gère par ailleurs au quotidien les relations-presse de l’association et travaille actuellement sur la signalétique du lieu.

A mi-parcours de son service civique, Justine souligne que cette mission lui a permis de découvrir le milieu associatif, de l’économie sociale et solidaire et des initiatives locales, ainsi que les relations avec les bénévoles et les collectivités, mais aussi des thématiques de société.

Concernant les nouveaux espaces nomades, Justine est l’interlocutrice à contacter pour tous renseignements et inscriptions. C’est également elle qui gère les dossiers et l’accueil des nouveaux usagers nomades.

Un nouveau site pour Locaux Motiv’ !

Locaux Motiv’ se dote, après plusieurs années de bons et loyaux services, d’un nouveau site internet !

Revu en profondeur, dans ses contenus, son arborescence et son esthétique (avec un passage au nouveau logo), nous espérons que ce nouveau site vous permettra de rapidement comprendre l’association, son projet et de trouver les informations que vous cherchez. Tous les articles de l’ancien site restent cependant disponibles ici.

Des nouvelles fonctionnalités sont maintenant disponibles, et notamment, l’agenda est désormais séparé des nouvelles de l’association !

C’est plusieurs mois de travail de bénévoles de la commission communication de Locaux Motiv’ qui ont permis d’aboutir à ce résultat. N’hésitez pas à faire part de vos commentaires ! Et nous espérons qu’il n’y ait pas trop de peinture qui dégouline encore dans quelques recoins…

N’hésitez pas à vous inscrire également à notre (re)nouvelle newsletter pour être tenu au courant !

 

De nouveaux espaces… nomades ! à Locaux Motiv’

Avis à tous ceux qui sont à la recherche d’un endroit où travailler au calme, avec leur ordinateur, Locaux Motiv’ ouvre ses espaces nomades ! Ouverture début avril !

Locaux Motiv’, en plus de proposer des espaces de bureaux attitrés depuis son ouverture, s’ouvre maintenant au coworking nomade. Deux grandes tables, aménagées tout spécialement (par une artisan locale de talent), et avec leurs petits casiers nominatifs (par un artisan suédois bien connu), seront désormais accessibles aux travailleurs indépendants. Situées dans le hall d’accueil et la salle bleue, ces bureaux non attitrés vont permettre à une douzaine de nomades de bénéficier d’un endroit convivial et partagé où travailler.

Avec l’accès aux parties communes (cuisine, reprographie, terrasse, …) et la possibilité de réserver des salles de réunion si besoin, les nomades seront finalement des usagers comme les autres, avec simplement un forfait mensuel de 80 € HT.

Ces espaces seront disponibles aux horaires d’ouverture de Locaux Motiv’, en dehors des temps où le hall est réservé pour divers événements (Apéros-Découverte, Maza’Grand Evénement…).

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page dédiée !

Retour sur l’assemblée générale de Locaux Motiv’

Environ 40 personnes – résidents, usagers ou sympathisants adhérents – ont participé à l’assemblée générale (AG) de Locaux Motiv’ (LM), qui s’est déroulée toute la journée du samedi 7 mars 2015.

P1100487La matinée a été consacrée à la partie statutaire (rapports moral et d’activité, bilan 2014 et perspectives 2015, avec approbation du budget prévisionnel 2015, et vote des membres du conseil d’administration). Après trois ans d’activité, que LM a fêtés en novembre 2014, l’association doit faire face à de nouvelles contraintes financières (hausse du loyer et acquittement de la cotisation foncière des entreprises), qui l’obligent à revoir le modèle économique de ce « tiers lieu », autogéré par 24 structures résidentes qui accueillent dans leurs locaux des usagers et des travailleurs nomades.

Un engagement fort pour l’avenir

Fruit du travail d’un groupe de personnes volontaires qui s’est constitué pour réfléchir et faire des propositions sur la manière dont LM peut faire face à ces évolutions budgétaires à la hausse, un scénario quadricéphale a été présenté, avant l’approbation du budget prévisionnel 2015. Destiné à augmenter les recettes, notamment par l’accroissement de l’activité de location de salles et de commercialisation de forfaits nomades, ce scénario permet à la fois de combler les charges à venir et de générer de nouvelles recettes pour aménager les locaux et rendre ainsi possible cette augmentation de l’activité. La traduction comptable de cette montée en charge de LM a été approuvée à l’unanimité.

La composition du conseil d’administration (CA) a été ensuite mise au vote. Outre les 24 résidents membres de droit, 1 candidature d’une structure usagère (Chantier collectif) et 10 candidatures de sympathisants sont entérinées.

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Après un repas partagé et convivial, l’AG s’est poursuivie par des ateliers dans lesquels trois questions ont été posées, chacune relevant de trois thèmes différents concernant LM. Ont ainsi été abordées la thématique sémantique : « Quel vocabulaire utilise-t-on pour parler à Locaux Motiv’ et de Locaux Motiv’? », la thématique prospective : « Une invitation au rêve sur l’association et le lieu qu’on aimerait « , enfin, la thématique perspective commune : « Quel est le projet partagé qui cimente LM ? ».

Des graines de projet à faire germerP1100507

La question du vocabulaire employé à LM et pour parler de LM a fait couler beaucoup d’encre. Elle revient à s’interroger sur la manière de parler de quelque chose de nouveau et de mouvant. Ont fait l’objet de brainstorming : le nom des salles, le mot « commission », le nom de la commission nouveaux entrants – seul le changement de ce dernier en commission accueil a été acté. Le reste fera l’objet d’un vote en CA.

P1100508Il s’agissait aussi de recueillir des suggestions pour la phrase d’accroche destinée à décrire LM en quatre mots et le « petit » discours de 30 secondes qui reprendrait l’essence du projet de LM. Certains mots-clés sont sortis : autogestion, territoriale, ESS, collaborative, tiers lieu, Guillotière, qui ont fait l’objet de débats sur leur pertinence. Ces deux projets seront remis sur l’ouvrage lors de futurs CA, faute de résultats satisfaisants.

Dans le second atelier, où l’imagination était au pouvoir, il a été souhaité que LM propose plus d’agréments (qui allaient de la douche au traiteur), de convivialité (un jeu de fléchette ou la licence 4) et de services (une bibliothèque ou un pôle ressources). Autant de beaux projets qui feront ou ne feront pas leur chemin.

Enfin la recherche de caractérisation du projet commun a fait émerger des pistes à explorer (mixité, convivialité, visibilité), des questions de sens commun (consensus sur la contribution territoriale, mais de quel ordre : essaimage, accompagnement, documentation ?) et un constat pragmatique : la présence active sur le territoire implique des ressources supplémentaires, humaines, financières, etc.

Chacun a pu repartir de cette AG avec des graines de projet à faire germer. La réflexion commune se poursuit donc, dans un objectif de professionnalisation toujours plus importante, afin que la contribution bénévole de chacun à l’autogestion de LM s’inscrive dans une dynamique enrichissante pour les uns et les autres et au service du projet politique de LM (l’animation du quartier). Un défi à la hauteur de la création d’un nouveau groupe de travail. C’est chose faite. On attend avec impatience ses propositions.