Envie Rhône : une envie d’avenir

Avez-vous déjà entendu parler des D3E ? RECYCD3E pour déchets d’équipements électriques et électroniques, appareils que nous utilisons tous les jours : frigo, lave-linge, lave-vaisselle, four, fer à repasser ou téléviseur, et qui produisent une quantité non négligeable de déchets quand on s’en débarrasse. Environ 50 kg pour un lave-linge ! L’association Envie Rhône s’est donné comme objectif, depuis 1992, de donner une seconde vie à ces D3E en alliant réparation/revente à l’insertion socio-professionnelle. Fort de ces vingt-trois années d’existence, l’entreprise s’est depuis diversifiée et structurée autour du groupe Envie Rhône-Alpes comptant aujourd’hui 140 salariés, dont une centaine en parcours d’insertion, toujours dans les métiers de la valorisation des déchets.

« Un acteur majeur de l’insertion socio-professionnelle »

Matthieu Frieh, chargé de communication d’Envie Rhône, précise bien que « l’insertion par l’activité économique est la condition d’existence de l’association ». Née de l’initiative conjuguée d’associations caritatives lyonnaises, Emmaüs Lyon, le Foyer Notre-Dame-des-Sans-Abris et l’association du Prado, avec des industriels implantés en région, Darty et Seb, Envie Rhône a accompagné, depuis sa création, 900 personnes professionnellement et socialement.

Aujourd’hui, vingt personnes sont inscrites dans un parcours d’insertion chez Envie Rhône, qui peut durer jusqu’à vingt-quatre mois. Suivies par un chargé d’insertion et un référent Pôle emploi, ces personnes bénéficient d’une formation dans les ateliers et le magasin aux « métiers de demain », comme la qualifie Matthieu Frieh, et d’un accompagnement social visant à régler leurs problématiques de logement, santé, mobilité et langue, afin qu’elles retrouvent leur autonomie.

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Économie circulaire et solidaire

Les D3E proviennent essentiellement des distributeurs qui appliquent la directive sur la « responsabilité élargie des producteurs » en reprenant les équipements usagers lors de leurs ventes. Envie Rhône rénove les appareils électroménagers et les commercialise dans son magasin situé dans le 7e, à des prix très bas et avec un an de garantie.

Ouvert à tous, le magasin propose la marchandise à une grille tarifaire particulière aux bénéficiaires des associations fondatrices et partenaires. Des projets de conventionnement sont à en ce moment à l’étude avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire du territoire, tels que le Gesra (lire l’article « le Gesra, la voix des épiceries sociales et solidaires ») et autres réseaux de la consommation responsable. Il serait question de parrainer leurs publics, leurs salariés et leurs bénévoles pour leur permettre d’accéder à un électroménager « citoyen et malin » !

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Un pas supplémentaire vers l’avenir

Depuis 2015, Envie Rhône-Alpes réunit cinq entreprises sociales, toutes entreprises d’insertion ou coopérative. Ces entreprises misent donc sur la complémentarité de leurs métiers et la recherche de synergie. De la collecte, en passant par la valorisation jusqu’au réemploi d’électroménager Envie Rhône-Alpes agit sur l’ensemble de la filière des D3E. Ce sont chaque année près de 10 000 tonnes qui sont collectées et valorisées par ces entreprises pour 5 000 appareils sauvegardés.

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En 2016, pour ce qui concerne l’activité de rénovation, Envie Rhône investira dans de nouveaux ateliers et modernisera son magasin. Autant d’ambitions qui donnent l’Envie d’être saluées.

Adresse du magasin : 12 Rue Cronstadt, 69007 Lyon, tél. 04 72 71 71 52

« Nomades » à Locaux Motiv’ !

Depuis le mois de juin dernier, Locaux Motiv’ a transformé une partie de son hall d’accueil en espace de travail pour des indépendant(e)s en postes nomades… Qui sont-elles(ils) ? Que font-elles(ils) ? Portraits express !

 

nomade Emmanuelle LBEmmanuelle Lucien-Brun : L’Agence qui marche

Après avoir été salariée pendant une quinzaine d’années dans le secteur industriel, Emmanuelle prend un nouveau virage en 2011, en créant L’Agence qui marche. Un tournant lié à sa passion pour la montagne. La nouvelle activité d’Emmanuelle, titulaire d’un brevet d’État, est de proposer des randonnées accompagnées en moyenne montagne (raquettes, marche nordique) pour tous les publics (enfants, famille, comités d »entreprise) aux alentours de Lyon et dans les massifs (Chartreuse, Jura, Vercors, Pilat…). L’Agence qui marche chapeaute par ailleurs une activité de conseil en communication et de relations presse, destinée en particulier aux secteurs de l’environnement et du tourisme. Si Emmanuelle a opté pour un poste nomade à Locaux Motiv’, c’est avant tout pour « rompre l’isolement et ne plus travailler de chez soi, rencontrer des gens dans un lieu doté d’un esprit et faire du lien professionnel ».

Plus d’infos sur lagencequimarche.com

 

nomade AndreaAndrea Garcia : Andrea Garcia Consulting

Issue de la grande distribution, où elle a été manager pendant quinze ans, Andrea se définit comme « optimiste, humaniste et volontaire ». Consultante en marketing, Andrea souhaite accompagner « les leaders » désireux d’aller dans le sens « du bonheur de leurs clients et de leurs salariés ». Une démarche qu’elle compte bien mener auprès des entreprises traditionnelles comme de l’économie sociale et solidaire, « où la valeur de leader est moins bien perçue ». Selon Andrea, « le leader est une personne dotée d’une légitimité, technique ou stratégique, capable de transmettre la bonne information, de veiller au maintien de l’objectif et à la bonne marche du projet ». Parmi les secteurs qui intéressent Andrea : l’environnement, la réinsertion ou l’alimentation. Adhérente du Mouves, Andrea est membre de la coopérative d’activités et d’emploi Escale Création. Si Andrea a rejoint Locaux Motiv’, c’est par goût « du partage de valeurs, de connaissances et d’affaires. J’apprécie ce collectif pour son statut et sa façon de travailler ».

Plus d’infos sur agarciaconsulting.com

 

nomade Anne LaureAnne-Laure Letourneux : Exit, sauve qui peut !

Anne-Laure est une jeune femme, qui est animée par une passion : inventer et créer de nouveaux objets, beaux et utiles, à partir de matières usuelles recyclées. Cette valorisation de nos déchets du quotidien s’appelle « l’up’cycling » ou le recyclage par le haut. Désireuse de faire de sa passion son gagne-pain, elle imagine aujourd’hui son activité. Accompagnée en cela par Ronalpia et Locaux Motiv’ dans un partenariat inédit, elle dessine son plan d’actions et bénéficie pour ce faire d’un accès privilégié en tant que nomade à LM. En cette rentrée, elle se lance dans l’animation de plusieurs ateliers, tous publics, à la Maison des Rancy, le lundi soir tous les quinze jours ou à LM les samedis après-midi une fois par mois, notamment. Elle aime l’espace qui lui est offert à LM pour travailler hors de chez elle, rencontrer d’autres personnes et créer des synergies. Elle s’est sentie tout de suite « chez elle », en retrouvant des amis du réseau et est fière de faire partie de cette aventure. Le lieu est pour elle plein de ressources et elle se sent valorisée par tous les retours sur son projet. Son objectif : ouvrir un atelier bricothèque à LM !

Plus d’infos sur facebook.com/exitsauvequipeut

Lire aussi les articles « Exit, sauve qui peut ! » et « Première saison d’ateliers up’cycling » sur le site de Locaux Motiv’

 

nomade MayaMaya Allan, biostaticienne, chargée d’études

Maya se présente comme une épidémiologiste/biostaticienne, ce qui signifie qu’elle travaille sur la gestion de données dans des projets liés à la santé. Elle mène des enquêtes et intervient sur les mécanismes de suivi et d’évaluation des résultats. Depuis un an, elle a opté pour le statut d’auto-entrepreneuse et offre ses prestations de services à des associations. Aujourd’hui, elle a un contrat avec le collectif Les morts de la rue, pour lequel elle assure la gestion de leur enquête nationale. Son expérience professionnelle, elle se l’est forgée à l’étranger, notamment en Afrique, où elle a enchaîné des contrats de consultance pour des ONG spécialisées dans la lutte contre le sida et la tuberculose. C’est par Résonance humanitaire, une association d’anciens humanitaires qui aide ceux qui sont sur le retour à réussir leur reconversion dans la société française, qu’elle à entendu parler de Locaux Motiv’. Ressentant le besoin de sortir de chez elle pour travailler et de se sociabiliser davantage, elle trouve en LM le lieu « juste parfait », un prix attractif, des valeurs, un attachement à des enjeux sociétaux et le potentiel pour construire, comme elle en a l’objectif, un réseau d’associations qui tournent autour de la précarité.

Le Gesra, la voix des épiceries sociales et solidaires

 

GESRA logoNé il y a onze ans à l’initiative de six épiceries sociales de la Région Rhône-Alpes, le Groupement des épiceries sociales et solidaires Rhône-Alpes est une structure associative qui concourt à la promotion, la mise en réseau, le soutien, l’accompagnement et le développement de ses 42 épiceries adhérentes aujourd’hui.

Le GESRA ne défend pas un modèle particulier d’épicerie, il défend des valeurs et des principes de fonctionnement et œuvre dans ce sens à une vision de l’aide alimentaire, qu’il tente de faire valoir auprès des collectivités territoriales et plus largement auprès des institutions nationales.

Peux-tu développer les grands principes défendus par le GESRA ?

Les épiceries sociales et solidaires permettent de promouvoir l’accès des personnes à une véritable citoyenneté économique en donnant la possibilité au public accueilli de choisir les produits qu’il souhaite consommer et en vendant, à prix réduit (10 à 50% du prix du marché), des denrées de qualité.

Les épiceries sociales et solidaires assurent également un accompagnement social individuel et collectif. Le plus souvent animé par un travailleur social présent au sein de la structure, l’accompagnement individuel se traduit par l’engagement du bénéficiaire dans un projet personnel défini en termes d’objectifs et de durée. L’accompagnement collectif, sous forme d’ateliers, favorise le lien social et la valorisation de la personne.

Enfin, la participation des bénéficiaires dans la vie de la structure, en partenariat avec les salariés et les bénévoles, est importante pour la reconnaissance et le respect de la personne en tant que telle et non en tant que « personne aidée ». Cette participation peut aller des tâches très matérielles – faire l’étiquetage, gérer les rayons – jusqu’à la participation à la gouvernance de l’épicerie au sein du conseil d’administration.

Pourquoi parler d’épicerie sociale et d’épicerie solidaire ?

Les épiceries peuvent être accessibles à deux types de public : le public rencontrant des difficultés économiques (accès conditionné à des critères financiers) et qui bénéficie de l’achat des produits à prix réduit et le public sans difficulté économique qui achète les produits au prix du marché.

Les épiceries qui n’accueillent que du public en difficulté économique sont des épiceries sociales. Celles qui accueillent à la fois un public en précarité et, dans une proportion plus faible, un public sans difficulté économique sont des épiceries sociales et solidaires.

Le développement de la mixité de public au sein des épiceries favorise la création de relations solidaires et contribue à améliorer le modèle économique de la structure.

La Passerelle de l'eau de Robec, l'une des épiceries fondatrices du Gesra

La Passerelle de l’eau de Robec, à Lyon, l’une des épiceries fondatrices du Gesra

Quelles sont les missions du GESRA ?

A travers sa mission d’accompagnement des épiceries, le GESRA revendique une vision de l’aide alimentaire qui permette de sortir les bénéficiaires d’une certaine logique d’assistanat assez présente dans l’attribution de l’aide alimentaire en France.

Notre objectif est clairement d’aider les bénéficiaires à sortir de leur situation de pauvreté et de ne pas les installer dans des systèmes qui institutionnalisent la pauvreté.

Pour développer l’accès à une alimentation de qualité, le GESRA s’est beaucoup investi dans la recherche de partenaires fabricants et distributeurs de produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien souvent biologiques. Le développement de la plateforme d’approvisionnement, au service des épiceries, est une de nos priorités. En particulier, la mutualisation des achats et la massification des flux logistiques nous permettent de proposer des produits de qualité à des prix accessibles pour les épiceries.

Quelle est l’actualité du GESRA ?

Le GESRA quittera LM à la fin de l’année pour s’installer dans les locaux d’une épicerie nouvellement créée à Villeurbanne. C’est pour nous une opportunité de se rapprocher des préoccupations du terrain et d’être encore plus à l’écoute et en phase avec les attentes de nos adhérents.

L’Epicerie Mobile : Du bon, du bio, du local… en péri-urbain !

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Avoir accès à des produits frais, bio et locaux dans le centre d’une grande ville est de plus en plus simple… mais beaucoup plus compliqué en revanche lorsque l’on vit dans des quartiers péri-urbains. Rencontre avec l’Epicerie Mobile.

« Au fil de discussions, sur les marchés et à l’épicerie sociale des Minguettes, où je travaillais, je me suis rendue compte que de nombreuses personnes manquaient d’informations et n’avaient pas accès à des produits bio et locaux », se souvient Isabelle. Partant de ce constat, Isabelle et Alexis commencent à réfléchir à un projet d’épicerie mobile, fin 2013, et postulent début 2014 auprès de l’incubateur Ronalpia. Leur projet, retenu, fait partie de la première promotion des projets accompagnés par l’incubateur issu de l’Ecole 3 A.

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Aller dans les quartiers

« Nous avons choisi d’aller dans des quartiers péri-urbains n’ayant pas de commerces de proximité », souligne Isabelle. « Notre projet repose sur l’envie de conseiller et de susciter la discussion avec les habitants ». Dans un deuxième temps d’élaboration du projet, Isabelle et Alexis entrent en contact avec plusieurs mairies de l’agglomération lyonnaise pour trouver des emplacements hors marchés. « Nous avons pris le temps de vérifier l’intérêt de notre projet ». Recherche de financements, achat et rénovation du camion viendront par la suite jusqu’au lancement de l’Epicerie Mobile en août dernier. « Il y a un vrai intérêt pour une alimentation locale et pour la consommation de produits frais. Nous avons été très bien accueillis par les habitants ». L’Epicerie Mobile démarre ainsi sa route avec neuf emplacements, lors de marchés et hors marchés.

Alimentation de proximité

« Nous avons été soutenus par le réseau alimentaire lyonnais en circuit court, dont la Super Halle », précise Isabelle. L’Epicerie Mobile fait d’ailleurs partie du GRAP (Groupement Régional Alimentaire de Proximité) qui « a cru en notre projet dès le début et a été très bienveillant. Il nous reste à faire comprendre aux mairies que nous souhaitons intégrer un tissu économique et non pas le déstabiliser et aller dans des quartiers où personne ne veut aller… ». Pour l’heure, l’Epicerie Mobile fait escale dans le quartier du confluent à La Mulatière, le lundi après-midi ; à la sortie de la gare de Francheville, le mardi après-midi ; dans le quartier de l’Observance (Lyon 9e), le mercredi après-midi ; dans le quartier de la Dargoire (Lyon 9e), le vendredi matin ; place Loano, à la sortie de l’école Bel Air à Francheville, le vendredi après-midi. Isabelle et Alexis proposent des produits issus de producteurs locaux : viandes, légumes et fruits, fromages et épicerie sèche en vrac. A suivre, donc.

Le 25 juin, un JeudiWe sur l’égalité hommes-femmes : diagnostiquer pour agir !

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Au gré des envies des envies et propositions des adhérents de Locaux Motiv’, qu’ils soient usagers, sympathisants ou résidents, les jeudis se tiennent les JeudiWe: moments d’information, de partage, de sensibilisation.

Le 25 juin, Sasha, de l’Institut Egaligone (structure résidente de Locaux Motiv’) a présenté le Guide pour l’égalité hommes-femmes dans les associations

guide pour l"égalité hommes-femmes

Ce guide permet à chaque association d’effectuer un autodiagnostic quant à l’égalité entre hommes et femmes au sein de sa structure. Né à l’initiative de la DDCS du Rhône, il est devenu un outil national.

Deux constats ont mené à sa création :

– les acteurs associatifs ne se posaient pas nécessairement la question de l’égalité hommes-femmes au sein de leur structure, l’existence de ce guide leur permet de se questionner ;

– même pour les acteurs avertis, il n’existait aucun moyen de s’auto diagnostiquer.

A titre d’exemple, l’étude d’Animafac « les femmes et le pouvoir dans les associations étudiantes » nous révèle que y compris dans le monde étudiant, les inégalités persistent, reproduites de manière inconsciente. La présidence des associations étudiées est assurée à 61% par les hommes et la trésorerie est à 55% masculine. Ces chiffres n’ont pratiquement pas évolué depuis les dix dernières années.

L’intérêt du Guide pour l’égalité hommes-femmes dans les associations est de permettre d’avoir (à partir de tableaux analytiques) une vision détaillée de la situation de l’association.

Ces tableaux permettent de détailler le nombre de membres, de bénévoles, la formation qu’ils.elles ont suivi, la composition des instances dirigeantes, le type de contrat pour les employées (CDD, CDI, temps partiel…), etc. Chaque tableau est accompagné d’une partie « Que repérez-vous ?» qui permet de synthétiser les résultats obtenus. Et surtout, il suggère de nombreuses pistes d’action « Comment agir ? » lorsque la mixité n’est pas au rendez-vous, que ce soit par manque de femmes ou d’hommes. Il permet de réfléchir à des moyens à mettre en œuvre, allant de la vérification des visuels (s’adressent-ils autant aux hommes qu’aux femmes ?) jusqu’à la prise en compte des horaires de réunions ou à l’inscription de l’égalité dans les objectifs des projets associatifs.

Après cette première partie d’autodiagnostic, le guide comporte une seconde partie plus informative, qui donne des détails sur le diagnostic égalité dans la société par secteur : culture, médias, éducation, sport…

Enfin, une troisième partie propose un « aide-mémoire » égalité, proposant de mettre en œuvre des actions concrètes, on peut y inscrire ses objectifs avec un échéancier.

Selon Sasha,de l’Institut Egaligone « les inégalités se reproduisent si l’on n’agit pas de manière proactive ; ce guide propose des pistes concrètes pour permettre l’égalité, et pas seulement en termes de mixité. »

Les structures associatives présentes à ce JeudiWe ont largement « accroché » à la présentation de cet outil – et les auto-diagnostics ont commencé.

Le crieur public de la Guillotière, vos messages, mes cordes vocales

Et l’hiver ?[1]

A priori, on ne sait jamais, le crieur va s’arrêter avant Noël, un peu comme la nature, dodo du crieur et réveil au printemps…

 

Comment t’est venue l’idée de venir crier sur la place publique ?

Je suis conteur de métier depuis deux ans, c’est-à-dire que j’en vis à peu près. Je voulais absolument trouver à la Guillotière, le quartier où je vis, un temps et un lieu où les gens puissent venir écouter des contes. J’aime conter à l’extérieur. Après, ça s’est enrichi, notamment au sein du collectif les Guillotins, dont je fais partie. J’ai voulu faire quelque chose à la fois de très poétique et politique. J’en ai parlé à droite et à gauche et l’idée a grandi. C’est comme ça que le crieur public est né.

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Peux-tu dire deux mots du collectif les Guillotins ?

Les Guillotins sont un collectif de personnes, principalement des habitants, mais pas uniquement, qui ont pour objectif de lutter contre – même si c’est un peu présomptueux – ou de mettre en lumière l’embourgeoisement de la Guillotière, qui signifie l’éviction progressive des pauvres. Ils sont nés à l’été 2013, mais ils sont issus de différents mouvements qui existaient avant.

 

Est-ce que tu cherches par ta manière d’haranguer le public à t’inscrire dans une lignée ?

Non pas spécialement. C’est difficile de répondre à cette question. Je m’inscris plutôt dans une lignée de conteurs. En tout cas, ça n’est pas mon objectif, même si j’ai pris la suite du conteur public de la Croix-Rousse, qui est parti crier ailleurs. C’est une coïncidence, ça n’était pas fait exprès.

 

A la lecture de ton manifeste, le parti-pris politique, au sens grec du terme, est très fort. C’est quoi « le peuple » pour toi ?

Pour la préparation d’une séance de contes populaires de la Guillotière pour Terre des livres, la librairie débordante de la Guill’, j’ai écris quelque chose sur le peuple. Je partais de la pauvreté, mais aussi je disais qu’il était bruyant, odorant, foisonnant et peut-être dérangeant. Au final, vivant.

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Quid de la connotation politique du mot peuple, inscrite dans ton manifeste ?

Il existe une erreur des politiques dans leur rôle institué qui est de renvoyer les gens dans leur catégorie. On te dit « vous qui prétendez faire du social, vous devez en faire encore plus », car ils vous mettent dans la catégorie supposée des bobos. Là il s’agit de faire peuple, de se foutre pas mal d’où on vient, d’être dans l’instant où on est et tourné vers là où on va. De belles paroles ! A faire, c’est plus compliqué. Par définition, le peuple, c’est quelque chose qui est différent de ce qui est, qui se construit et qui est toujours en mouvement.

 

C’est quoi ce Bulletin collectif de nouvelles populaires que tu invites à construire ?

La voilà la dimension politique. J’avais envie de parler de l’actualité, mais pas que du quartier. Il ne faut pas non plus que je le fasse moi, mais que j’invite les gens à dire ce qui les a touchés. Pour l’instant, c’est assez vivant. Les gens laissent un message. L’idée, c’est de partager des nouvelles plus que l’actualité. L’actualité aujourd’hui est éminemment déprimante et tend à vous démobiliser. Je veux arriver à la construire, pour pouvoir y prendre part. On la partage et on en fait quelque chose. On décide d’un rassemblement. On organise une manifestation contre l’expulsion des 300 personnes boulevard Yves-Farges, dans le 7e, comme il a été décidé la semaine dernière. Ça peut aller plus loin. Les personnes qui participent apportent des nouvelles. Contrairement à l’actualité télévisée ou sur Internet, on peut en parler, la commenter, la faire vivre.

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Tu viens en fait de répondre à ma question suivante : tu souhaites, a priori, une interaction, en amenant les gens à participer, comment le fais-tu et est-ce que ça marche ?

La participation, c’est plus large que ça. L’idée, ça n’est pas que j’invite les gens à écrire des beaux messages poétiques, mais que ça se réponde, qu’on construise quelque chose ensemble. Comme laisser des petites annonces et que ça donne lieu à des rencontres, que ça devienne un truc pratique et populaire, comme de vendre ses salades tel jour à telle heure… Si c’est pratique, ça peut devenir populaire. Je ne veux pas que la dimension politique.

 

Et l’hiver ?

Le Crieur hiberne. On verra. Parce qu’il faut que ça respire, il faut qu’il n’y est rien à l’expiration. Je vais aussi me lasser. Et puis, c’est plus difficile de rester dehors l’hiver. Au début, je tablais sur une demi-heure, maintenant avec les contes, c’est plutôt une heure. Il y a en plus l’apéro derrière que j’aimerais poursuivre en repas partagé…

 

Finalement, je souhaiterais te poser une ultime question : que penses-tu de la place dit de Mazagran ?

Le crieur public 4En deux mots ? C’est l’horreur, non ça fait trois ! La machine mégalopolitaine lyonnaise est venue, à grand renfort d’argent public en pleine période d’austérité, détruire un grand nombre d’initiatives et exclure une partie de la population qui vivaient autour et sur cette place. C’était toute une histoire. Une histoire de familles rom, de squatters hébergés en toute légalité, de terrain de sport pour les ados. Tout cela a disparu du paysage. L’ironie du sort, c’est que les ados, qui ont été excessivement déçus quand ils ont appris qu’ils ne pourraient plus faire du foot, vont jouer dans l’aire de jeux des enfants et qu’ils commettent des destructions. Concernant ce qui a été fait, c’est terrifiant de rectitude. Aujourd’hui, dans la conception d’un espace public partagé par différents usagers, on parque les usagers. Chacun regarde l’autre derrière une grille, même le compost est engrillagé. Cela signifie être dans l’incapacité d’imaginer que les gens se mélangent. Sans parler de la conception policière de l’espace public. La commission sécurité de la Ville voulait surveiller la place de tous les bords, il a donc été impossible d’envisager de faire de l’ombre, en mettant des murs ou des buissons…

A la deuxième criée, je me suis posée la question si je continue. La force de cette place, c’est l’envie des habitants/usagers/occupants de la faire. Il y a des envies de jardiner, de construire, de bricoler, de s’approprier… Dans cette logique, ça se tient, même si c’est une question sans cesse renouvelée. C’est l’idée de mon référendum sur le nom de la place, renvoyer la question aux gens.

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Oyé Oyé : Vous pouvez venir écouter le Crieur public tous les jeudis soirs à partir de
18 heures, place Mazagran, dans le 7e, et déposer quand bon vous semble
vos messages dans les boîtes dédiées à cet effet installées dans plusieurs endroits dans le quartier de la Guillotière.

 

 

Cet entretien se fonde sur le manifeste du Crieur public de la Guillotière.
« Vos messages, mes cordes vocales » est une citation du crieur public de Grenoble, reprise à son compte par Lionel.
[1] Lionel a lu par-dessus mon carnet et a vu la dernière question que j’avais préparée et a souhaité commencer par elle. Je lui ai toutefois dit que cela n’empêcherait pas que je la repose à la fin…

Un bureau à Locaux Motiv’ ?

Vous souhaitez devenir résident à Locaux Motiv’ ?

L’occasion est toute trouvée ! Un poste de travail (sans l’ordinateur de la photo, mais le reste du mobilier n’est pas non plus immuable…) de 8m2 environ est en effet disponible de suite en espace partagé au rez-de-chaussée pour un montant mensuel de 233 € TTC, toutes charges comprises.

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Dans ce bureau partagé, spacieux et lumineux travaillent Framasoft (culture et logiciel libre), La Société des Apaches (production documentaires), l’Orchestre Symphonique et la Fabrique à liens (formation et accompagnement de projets numériques). Cet espace partagé se trouve au rez de chaussée de Locaux Motiv’ : au plus proche de notre nouvelle machine à café expresso 🙂

Prochain Apéro-découverte : mercredi 4 mars 2015

LM-AFFICHE marsDans le cadre des Apéros-Découvertes, le prochain rendez-vous est ce mercredi 4 mars autour de la thématique : QUELLE RÉALITÉ DU MONDE RURAL ?

De 18h30 à 21h30, un temps de rencontre vous est proposé sur ce qu’est aujourd’hui « la vie de village ».

Julien Malassigné et Jean-Baptiste Fribourg présenteront quelques extraits de leur dernière réalisation, le webdocumentaire, « Au village, sans prétention », réalisé en 2014 dans le cadre d’une résidence dans un village du Gers.

Ce documentaire nous plonge dans la vie d’un petit village du Sud-Ouest – nous prouvant que le monde rural n’est pas mort.

Le programme de la soirée

  • 18:30 Accueil
  • 19:00 Projection du Webdoc
  • 20:00 Échanges autour d’un verre – sentez vous libre d’amener vos spécialités culinaires et/ou vos boissons préférées à partager !

Apéro découverte : Recyclivre

LM-AFFICHE-fevrier

Dans le cadre des Apéros Découvertes,

le prochain RdV est ce mercredi 4 février
avec la présentation de Recyclivre :
une 2e vie pour les livres & un geste solidaire
,
de 18h30 à 21h30

Vous y êtes les bienvenus !

Si vous avez des livres qui prennent la poussière chez vous, joignez l’utile au solidaire et venez découvrir Recyclivre !

La structure offre un service gratuit de récupération des livres d’occasion, en leur donnant une deuxième vie par la vente sur internet.
Elle emploie une dizaine de personnes en insertion et 10 % du prix de vente est reversé à des associations
de lutte contre l’illettrisme et de préservation des ressources de la planète.

 
 18:30 Accueil convivial
 19:00 Présentation et démarche du collectif
20:00 Échanges autour d’un verre
Apportez vos spécialités culinaires et/ou vos boissons préférées