Les beaux jours des coopératives d’habitants

GrandCouleur2Fede2Depuis dix ans, Habicoop, association pour la promotion et l’accompagnement des coopératives d’habitants,  œuvre à travers toute la France, depuis son siège social à Lyon. Le mouvement se développe et les projets se multiplient, notamment grâce à la loi pour l’accès au logement et à un urbanisme rénové dite loi Alur, votée en mars 2014, à laquelle Habicoop a fortement contribué. L’émergence de quantité de nouveaux projets est venue imposer la nécessité de structurer ce mouvement. Habicoop s’est constituée en une Fédération nationale des coopératives d’habitants, destinée à militer pour la reconnaissance de cette voie alternative du logement (la fameuse « troisième voie » entre la propriété privée individuelle et le logement social). Avec des missions bien distinctes, la nouvelle association Habicoop Aura (pour Auvergne-Rhône-Alpes) devient l’un des relais locaux en région de la Fédération nationale.

La Fédération Habicoop : la traduction d’une réussite

Le Village vertical de Villeurbanne, qui, depuis 2013, est la première coopérative française d’habitants, a ouvert la voix, en tant que projet pilote. Il a nourri la loi Alur, qui reprend les statuts et les valeurs des coopératives d’habitants portées par Habicoop et fait la démonstration qu’un essaimage est possible. Malgré les avancées, du chemin reste à faire : l’action de lobbying auprès des pouvoirs publics doit se renforcer et le mouvement doit trouver une ampleur nationale. La Fédération reprend ces deux objectifs à son compte.

VIL VERTIC

Le premier volet, le plus pressant, c’est le suivi de l’écriture des décrets d’application de la loi Alur pour que ses principes deviennent effectifs. L’autre volet revient à faire vivre le développement des relais en région. L’objectif est de permettre la création d’associations régionales, que la Fédération se propose de coordonner, en organisant la professionnalisation des acteurs et la mise en place d’outils d’accompagnement, notamment financiers. La Fédération souhaite se doter prochainement  d’un fonds de mutualisation des coopératives d’habitants pour soutenir les projets locaux.

La légitimation d’un montage spécifique de l’habitat participatif

Les valeurs portées par les coopératives d’habitants définissent un choix bien spécifique de l’habitat participatif  : un projet démocratique et non spéculatif, qui s’oppose à une gestion de copropriété classique aux tantièmes et source d’investissement locatif. La coopérative d’habitants est une propriété collective, qui constitue la résidence principale de tous les coopérateurs, qui ont chacun une voix dans les instances décisionnelles. L’entretien et l’animation des parties collectives sont assumés par les coopérateurs.

nuage habicoop

La création de la Fédération permet ainsi de veiller au respect des valeurs portées par la Charte d’Habicoop. Concernant la non-spéculation, la Fédération va désormais prendre un part sociale dans chaque coopérative et aura sa voix et ainsi un droit de veto pour toute modification statutaire pouvant entraîner une dérive. Les autres valeurs coopératives seront garanties par la révision coopérative, qui est devenue obligatoire par la loi relative à l’économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014.

La naissance des relais locaux

La Fédération compte aujourd’hui deux relais locaux : Habicoop Aura en Auvergne-Rhône-Alpes et Atcoop en Aquitaine. La possibilité de monter une association régionale en Languedoc-Roussillon est en cours de finalisation, et une autre en Normandie est actuellement à l’étude.  Chaque relais aura pour mission l’accompagnement des projets et des actions de lobbying menées auprès des partenaires locaux, dont l’approche sera facilitée par cette légitimité et visibilité nationale.

Habicoop Aura, qui garde son siège social au même endroit que la Fédération, à Locaux Motiv’, peut aujourd’hui se concentrer sur les projets en cours, notamment la coopérative Chamarel-les-Barges, dont la construction débutera prochainement à Vaulx-en-Velin.

Envie Rhône : une envie d’avenir

Avez-vous déjà entendu parler des D3E ? RECYCD3E pour déchets d’équipements électriques et électroniques, appareils que nous utilisons tous les jours : frigo, lave-linge, lave-vaisselle, four, fer à repasser ou téléviseur, et qui produisent une quantité non négligeable de déchets quand on s’en débarrasse. Environ 50 kg pour un lave-linge ! L’association Envie Rhône s’est donné comme objectif, depuis 1992, de donner une seconde vie à ces D3E en alliant réparation/revente à l’insertion socio-professionnelle. Fort de ces vingt-trois années d’existence, l’entreprise s’est depuis diversifiée et structurée autour du groupe Envie Rhône-Alpes comptant aujourd’hui 140 salariés, dont une centaine en parcours d’insertion, toujours dans les métiers de la valorisation des déchets.

« Un acteur majeur de l’insertion socio-professionnelle »

Matthieu Frieh, chargé de communication d’Envie Rhône, précise bien que « l’insertion par l’activité économique est la condition d’existence de l’association ». Née de l’initiative conjuguée d’associations caritatives lyonnaises, Emmaüs Lyon, le Foyer Notre-Dame-des-Sans-Abris et l’association du Prado, avec des industriels implantés en région, Darty et Seb, Envie Rhône a accompagné, depuis sa création, 900 personnes professionnellement et socialement.

Aujourd’hui, vingt personnes sont inscrites dans un parcours d’insertion chez Envie Rhône, qui peut durer jusqu’à vingt-quatre mois. Suivies par un chargé d’insertion et un référent Pôle emploi, ces personnes bénéficient d’une formation dans les ateliers et le magasin aux « métiers de demain », comme la qualifie Matthieu Frieh, et d’un accompagnement social visant à régler leurs problématiques de logement, santé, mobilité et langue, afin qu’elles retrouvent leur autonomie.

Envie Rhone

Économie circulaire et solidaire

Les D3E proviennent essentiellement des distributeurs qui appliquent la directive sur la « responsabilité élargie des producteurs » en reprenant les équipements usagers lors de leurs ventes. Envie Rhône rénove les appareils électroménagers et les commercialise dans son magasin situé dans le 7e, à des prix très bas et avec un an de garantie.

Ouvert à tous, le magasin propose la marchandise à une grille tarifaire particulière aux bénéficiaires des associations fondatrices et partenaires. Des projets de conventionnement sont à en ce moment à l’étude avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire du territoire, tels que le Gesra (lire l’article « le Gesra, la voix des épiceries sociales et solidaires ») et autres réseaux de la consommation responsable. Il serait question de parrainer leurs publics, leurs salariés et leurs bénévoles pour leur permettre d’accéder à un électroménager « citoyen et malin » !

Envie Rhone 2

Un pas supplémentaire vers l’avenir

Depuis 2015, Envie Rhône-Alpes réunit cinq entreprises sociales, toutes entreprises d’insertion ou coopérative. Ces entreprises misent donc sur la complémentarité de leurs métiers et la recherche de synergie. De la collecte, en passant par la valorisation jusqu’au réemploi d’électroménager Envie Rhône-Alpes agit sur l’ensemble de la filière des D3E. Ce sont chaque année près de 10 000 tonnes qui sont collectées et valorisées par ces entreprises pour 5 000 appareils sauvegardés.

Logo_Envie

En 2016, pour ce qui concerne l’activité de rénovation, Envie Rhône investira dans de nouveaux ateliers et modernisera son magasin. Autant d’ambitions qui donnent l’Envie d’être saluées.

Adresse du magasin : 12 Rue Cronstadt, 69007 Lyon, tél. 04 72 71 71 52

Locaux Motiv’ accueille de nouveaux résidents !

Depuis début septembre, de nouveaux arrivants se sont installés au 10 bis rue Jangot. Bienvenue à tous !

– Mobiped, Conseil en mobilité durable

benoit mobiped

Benoit Beroud, fondateur de Mobiped

Benoît Beroud, diplômé du Master Recherche en Économie des Transports de Lyon II, a créé son activité de conseil en mobilité durable il y a trois ans. Mobiped accompagne ses clients (entreprises, institutions, etc.) dans leur communication d’accueil et d’accessibilité avec notamment l’élaboration de leurs plans d’accès. Plus en amont, Mobiped propose aux collectivités territoriales un service de conseil dans l’élaboration de leurs politiques en termes de mobilité, avec une expertise particulière des systèmes de vélos en libre service (comme Velo’v à Lyon) et des personnes à mobilité réduite.

« Pour moi, Locaux Motiv’ c’était avant tout l’opportunité de pouvoir bénéficier d’un vrai cadre de travail et de séparer vie professionnelle et vie personnelle, car je travaillais avant à mon domicile. La proximité avec d’autres personnes, toutes porteuses de projets variés, est aussi très stimulante ». En savoir plus sur Mobiped.

– GESRA, Groupement d’épiceries solidaires

Gesra, Véronique et Geraldine

Gesra, Véronique et Geraldine

Géraldine Vienot et Véronique Bouché sont salariées du GESRA, le Groupement des Épiceries Sociales et Solidaires en Rhône-Alpes. Ces épiceries permettent d’aider ponctuellement des personnes en difficultés en proposant des produits alimentaires à bas prix et un suivi individuel. Le GESRA a pour mission de représenter ces épiceries, mutualiser leurs besoins, assurer l’approvisionnement et développer de nouvelles épiceries.

Géraldine et Véronique, auparavant hébergées dans une autre structure, sont très satisfaites de leurs nouveaux locaux : «On était à la recherche d’un lieu engagé dans l’économie sociale et solidaire. Les personnes de Locaux Motiv’ ont été très réactives, l’accueil a été super». En savoir plus sur le GESRA.

– Quantis, Conseil en analyse du cycle de vie

Benoit, chef de projet chez Quantis

Benoit, chef de projet chez Quantis

Benoit Verzat  est chef de projet chez Quantis, un cabinet conseil spécialisé dans l’analyse du cycle de vie qui accompagne les organisations (entreprises, institutions,…) dans la gestion de leur empreinte environnementale. Quantis propose à ses clients tout un panel de services et solutions : analyse du cycle de vie des organisations et de leurs produits, bilan carbone,  logiciel de gestion des données, etc.

«Étant impliqué dans «  Ville en Transition », je connaissais déjà le projet Locaux Motiv’ que je trouve très intéressant. C’est agréable de pouvoir échanger avec d’autres structures ». En savoir plus sur Quantis.

– Jonathan Landais, sociologie/co-design de services

Jonathan Landais

Jonathan Landais

Après des études de sociologie et l’obtention de son diplôme de Master « Conception de projet », Jonathan Landais partage son temps entre la sociologie appliquée et le co-design de services : Quèsaquo ? L’aspect sociologie se trouve dans son travail sur l’utilisation des NTIC par les personnes âgées, dans le cadre du programme Erasme du Conseil Général du Rhône où Jonathan et ses collègues cherchent à comprendre comment les seniors utilisent les ordinateurs pour ensuite concevoir des outils adaptés, tels que le «webnapperon».  Côté co-design, Jonathan fait du prototypage de projet pour la société parisienne Nod-A.

« Je suis très content d’avoir intégré Locaux Motiv’, à la fois car j’aime la diversité des activités représentées ici, et aussi dans le but de m’impliquer  davantage dans la vie du quartier ». En savoir plus sur Jonathan.