Portrait de volontaires à l’AFEV: Basma et Roxana, l’envie d’être utile avant tout !

Présentation des AFEViennes :

Basma, 25 ans, après un parcours en Langue Littérature et Civilisations Etrangères Anglais, elle choisit de s’orienter vers un master 2 Direction des Organisations Educatives à l’Institut des Sciences et des Pratiques d’Education et de Formation à l’ Université Lyon 2.  Elle s’engage l’AFEV Grand Lyon en janvier 2017

Roxana quant à elle, a 24 ans et nous vient tout droit de Roumanie. Arrivée à Bordeaux en Septembre 2015, elle y effectue un service volontaire européen à la Maison de l’Europe Bordeaux Aquitaine avec pour mission la promotion des valeurs de l’Europe (conférences, animations dans les écoles, villages européens…etc.). En Septembre 2016, elle s’installe à Lyon et débute son master 1 tourisme en parallèle du service civique à l’AFEV.

 

Pourquoi le volontariat, et plus particulièrement l’AFEV?

Basma avait envie de se sentir utile et et dans s’engager pour des valeurs qui l’animent. Si elle a choisi l’AFEV, c’est pour enrichir son expérience dans le domaine de l’éducation, et donner un coup de pouce à des enfants qui ont besoin d’une présence ou d’un accompagnement sans être  forcément en grande difficulté.

En intégrant l’Afev, elle a choisi la mission « Action Educative », parce qu’elle pense que cette mission lui permet de développer son réseau professionnel pour la suite ainsi des compétences d’encadrement qui rentrent complètement dans le champ d’action de ses futures missions en tant que professionnelle.

Elle trouve la forme du service intéressant car elle permet de développer l’autonomie et des compétences d’encadrement tout en étant encadrée. Pour elle, le service civique est une bonne transition vers l’emploi.

Pendant son volontariat européen, Roxana a découvert le service civique; elle a donc décidé de postuler sur plusieurs offres, mais c’est l’AFEV qu’elle a finalement choisi d’intégrer.

Selon elle, le service civique lui permet d’avoir une fonction sociale, de se rendre utile et d’avoir un impact positif, si possible, sur le public auprès duquel elle intervient. A cela s’ajoute la possibilité de se consacrer à ses études à côté, pour cela elle a trouvé ses référentes assez arrangeantes.

Arrivée à Lyon au début de sa mission, les actions qu’elle mène à l’AFEV en tant que référente Action Educative lui ont permis de découvrir et « s’approprier » une ville qu’elle ne connaissait pas par le contact qu’elle développe avec la population locale. Il faut reconnaitre que Roxana est très sociable!

Comment se sentent-elles à Locaux Motiv’?

Pour Basma, c’est une première de travailler dans un lieu de coworking. Elle apprécie la bonne ambiance à Locaux Motiv qui lui a permis de rencontrer des personnes de différents horizons et des associations qu’elle ne connaissait pas. Elle apprécie particulièrement les Jeudi We, auxquels elle essaye de se rendre aussi souvent que possible. C’est d’ailleurs elle qui descend chaque jeudi nous rapporter le thème du jour sur quoi porte l’intervention du jour.

Roxana se sent en petite communauté à Locaux Motiv et elle trouve cela « très sympa ». Ce qu’elle apprécie particulièrement, ce sont les liens et les projets qui  se créent au fil du temps entre les différentes structures, ainsi que le côté dynamique de Locaux Motiv’

L’Observatoire International des Prisons : observer et alerter sur les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires

« Que le regard se détourne, et tout peut arriver »

L’Observatoire International des Prisons est une association de défense de droits des détenus, créée par Bernard Bolze, en 1990, et qui a recentré ses missions sur le territoire français en 1996.

Il a pour mission d’observer les conditions de détention par l’intermédiaire de correspondants intramuros, d’enquêter et de dénoncer ce qui se passe en prison, et de promouvoir des alternatives plus efficaces à la prison, tels que les travaux d’intérêt général et la réduction de l’échelle des peines.

Il interpelle les médias et les pouvoirs publics en cas d’abus, de manquement au droit, de traitement inhumain et dégradant dont un détenu fait l’objet.

Local de l’OIP Sud-Est dans le quartier de la Guillotière

La coordination Sud-Est de l’OIP, située au 57 Rue Sébastien Gryphe agit auprès des personnes incarcérées dans les régions Auvergne-Rhône-Alpes, PACA  et la Corse. C’est d’ailleurs le seul bureau décentralisé, puisque le reste du territoire français  est géré depuis les locaux parisiens. Elle compte un salarié coordinateur ainsi que deux volontaires en services civique de huit mois, et des bénévoles pour les actions collectives.

Elle se charge d’apporter des réponses aux sollicitations des détenus, en leurs ur indiquant les démarches, organise des actions de sensibilisation en direction du grand public, des avocats, et des magistrats,  sous forme de conférences ou, de ciné-débat, ainsi que des groupes « action-parloirs » devant les établissements pénitentiaires.  Elle communique sur les situations à dénoncer via internet et les médias locaux.

L’OIP organise, à l’approche et en lien avec les présidentielles une campagne de sensibilisation pour interpeler les candidats à la présidentielle et faire réfléchir le grand public sur les alternatives à la prison.

 

Pour aller plus loin :

Rencontre avec Louis Bourgois, consultant, résident à LM depuis janvier

C’est un entretien de découverte, qui ne part de rien… La première question est donc qui es-tu ?

J’ai une expérience professionnelle surtout à l’international depuis 2004, d’abord dans le domaine de l’éducation et de la protection de l’enfance : avec une petite association en Roumanie auprès d’enfants des rues, puis en Asie avec Solidarité laïque, qui regroupe des mutuelles, des syndicats et des associations d’éducation populaire, comme les Francas ou la Ligue de l’enseignement. L’expérience en Roumanie a été particulièrement fondatrice pour moi et continue de me nourrir sur beaucoup de points.

J’ai ensuite travaillé sept ans pour Handicap International. De 2011 à 2013, j’ai occupé un poste très intéressant de coordinateur technique sur une vingtaine de projets différents, menés dans les 3 pays du Maghreb, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie, aussi bien par des ONG, des associations que des pouvoirs publics. Ça allait du micro-local aux grandes réformes de fond, dans les domaines de l’enfance handicapée, l’insertion professionnelle ou les risques liés aux mines antipersonnel. J’ai aussi été fortement impliqué dans le soutien aux associations militantes de personnes handicapées, nées suite à la révolution tunisienne.

En 2013, retour en France ; je me reconvertis progressivement vers des activités « hexagonales ». Entre autres choses, je fais de la formation en gestion-évaluation de projets, je donne des cours à la fac, je mène des évaluations de projets pour les associations et je suis consultant dans les domaines du handicap et de l’accès aux droits pour les personnes précarisées. Je travaille notamment avec l’association Trajectoires, qui vient en appui des collectivités territoriales sur la question des populations migrantes qui vivent en bidonville en France. On établit des diagnostics sociaux pour éclairer les décideurs sur des pistes de solutions individuelles. Suite à cette expérience, j’envisage de me lancer dans une thèse à Grenoble sur l’accès aux droits des gens vivant en bidonville. Cela revient à étudier comment les acteurs publics et associatifs traitent la réémergence de ces « verrues urbaines », et les stratégies qu’ils mettent en place.

Et tu as quel statut ?

Je suis salarié entrepreneur de la Scop1 Oxalis, depuis début mars. Au-delà de l’appui administratif et financier, la Scop propose également tout un accompagnement lié à la structuration de l’activité. C’est précieux quand on porte son activité tout seul. J’y trouve aussi de la mise en réseau, des formations et des échanges de pratiques. Le modèle de coopérative d’entrepreneurs, 1 homme égale 1 voix, était aussi parlant pour moi.

 Et Locaux Motiv dans tout ça ? Comment es-tu arrivé ici et comment se passe ton intégration ?

C’est Vincent Chevallier (de Recyclivre, NDLR), qui m’avait recruté la première fois à Handicap International, qui m’a fait découvrir la structure. Et puis, j’ai une grande habitude du travail en équipe et besoin d’un environnement motivant. Après l’expatriation, j’avais aussi envie de local, de m’investir dans mon quartier. En termes d’intégration, ça passe notamment par des collaborations formelles et informelles. Avec Tadaa par exemple, nous avons déjà développé une collaboration autour d’un module de formation axé sur les représentations du handicap. Tadaa m’aide à concevoir une représentation graphique du schéma-clé.

Quel est ton investissement à LM ?

J’avoue qu’il n’est pas toujours évident de consacrer le temps qu’il faudrait : je suis investi dans d’autres associations et je suis tenu par le côté imprévisible du métier de consultant, avec des forts pics d’activité. Pas évident non plus de se repérer dans les tâches à faire. En tout cas, j’ai commencé à participer, avec Emmanuelle Jouas (chargée de développement, NDLR) et d’autres, à la réflexion sur le volet stratégique et le développement des finances. Je pense qu’il est important que chacun puisse apporter quelque chose à LM en fonction de ses compétences. Pour moi, c’est plus le versant stratégies/recherche de partenariats que l’animation interne. Depuis les attentats à Charlie Hebdo en janvier, il me semble indispensable de se pencher sur les questions que ça génère en matière de développement des quartiers, de mixité, de citoyenneté active… C’est une réflexion de fond, au sein de ce collectif qui se réclame de l’ESS, qui s’investit dans l’éducation populaire et qui milite localement. Cela peut aussi permettre de rester une association vraiment ouverte sur le quartier et sur ses enjeux.

1 Société coopérative de production.

Voir la fiche résident de Louis Bourgois