Un air de déjà vu : le dernier film Jeun’ESS d’or

Service compris, membre résident de Locaux Motiv’, remet le couvert avec les participant.e.s au programme Jeun’ESS d’or, en partenariat avec Locaux Motiv’, la Mission locale de Lyon et les Cités d’or (après un atelier vidéo « JT » en mars) !

Nous vous laissons découvrir ce chouette court-métrage d’anticipation… glaçant, sur la question notamment des migrants, entièrement tourné à Locaux Motiv’ !

Un grand merci à toute l’équipe !

Une recherche-action sur Locaux Motiv’

Emmanuelle Jouas, chargée de développement et de partenariats, salariée de Locaux Motiv’ (LM), a suivi, en 2014-2016, un master 2 en économie sociale et solidaire (ESS) à l’université Lyon-2. Dans le cadre de cette formation, elle a effectué une étude sur les tiers-lieux, intitulée : « Le travail dans les espaces coopératifs : retours d’expérience. » Retours de formation sur sa recherche-action, qui inclut LM, comme objet d’études.

Est-ce que ton regard sur LM a évolué suite à ton travail sur les tiers-lieux ?

J’ai en effet pris conscience de la profondeur de LM. Les entretiens menés dans d’autres tiers-lieux et mes lectures ont mis en évidence que dans la plupart des espaces de coworking si les cofondateurs partent, le projet se casse la gueule, ce qui n’est pas le cas ici. De même, il y a peu d’espaces où la gestion est partagée et encore moins qui ont un impact social et un ancrage territorial. Mon travail a révélé cette ambition de LM et la facilité avec laquelle cela se fait.

Comment expliques-tu la particularité de LM ?

Il y a une grande diversité de projets et un gros phénomène d’acculturation de projets et de pratiques. Que ce soient les JeudiWe, les rencontres, les partages, les échanges…, tout cela favorise l’enrichissement mutuel sur les expériences des un.es et des autres. Cela se fait s’en qu’on s’en rende compte. La chose a été très bien pensée dès le départ en fait. LM est plus qu’un espace de coworking, c’est un tiers-lieu.

Qu’elle est ici ta définition du tiers-lieu ?

C’est un espace de coopérations, qui se développent entre les personnes morales et physiques, agissant dans l’économie marchande ou pas. Un espace dans lequel se vivent l’entraide et la solidarité. Si cet objectif était pressenti au départ, il ne se décrète pas. Il faut des conditions de réalisation. Il ne s’agit pas ici de la valeur travail mais de la production d’une richesse.

Qu’elle est la richesse produite à LM ?

Elle découle de ces coopérations au service d’un projet sociétal. L’objectif est de permettre, à partir des ressources du tiers-lieu, à des publics qui sont victimes d’exclusion (sociale, professionnelle, numérique, cumulées et cumulatives) de réduire leurs écarts avec les autres. Je fais référence aux projets de Jeun’Ess d’or et aux Coding goûter, qui sont coportés par un ensemble d’acteurs de LM.

En quoi ton poste de chargée de développement bénéficie de cette formation ?

Je constate une réelle montée en compétences et un élargissement de mon réseau, qui me donne cette légitimité pour affirmer l’axe de promotion de l’ESS par LM. Je me suis vraiment appropriée des notions théoriques de l’ESS que je peux mettre en pratique à LM. Par exemple, les critères de l’innovation sociale telle que définie dans la loi ESS de 2014 ou encore la notion « socle » de la double qualité d’usager/bénéficiaire propre aux projets de l’ESS.

Et le travail dans tout ça ?

Les formes de travail dans les tiers-lieux et dans le champ de l’ESS participent de la transformation des conditions de travail que l’on observe actuellement, au service d’une économie à visage humain. Ainsi en faisant la promotion de l’ESS, on exerce une influence sur le travailleur de demain en amenant tout à chacun à se questionner sur les formes de gouvernance et les finalités (économiques et sociales) des projets en développement. . A titre d’exemple, comparer objectivement les statuts qui permettent d’entreprendre individuellement (auto-entrepreneur versus coopérative d’activité et d’emploi) fait prendre conscience aux porteurs de projet de la dimension collective portée par l’ESS et de la solidarité entre entrepreneurs qui en découle.

 

Pour aller plus loin, son mémoire est disponible au format PDF en cliquant ici.

Auto-portrait de Julie Douglas, en service civique à EgaliGone

Je m’appelle Julie Douglas et suis originaire de Dublin en Irlande. J’habite en France depuis quatre ans ; j’y ai fait des études de français et decommerce et ai travaillé une année comme assistante d’anglais à Lille et une année à Nantes en tant que formatrice d’anglais. Je viens de terminer un master en ingénierie de projets en économie sociale et solidaire à Strasbourg, qui nous a amené.e.s à aller à la rencontre de nombreux projets innovants en France et en Europe. En outre, j’apprécie le yoga, la course à pied, danser le rock et lindy hop et chanter.

En 2017, je suis enchantée de rejoindre l’équipe très chaleureuse et travailleuse de l’institut EgaliGone en service civique ! J’ai eu la chance d’intégrer cette mission puisque c’est une thématique qui me paraît primordiale pour tous et toutes dans la pratique pédagogique des enfants et des futur.e.s femmes et hommes. J’estime que le travail sur les mentalités mené par EgaliGone constitue un vrai défi avec la montée actuelle du conservatisme. Avoir de l’empathie envers l’autre, être à l’écoute et avoir de la patience me semblent être essentiels pour favoriser de bonnes conditions de changement.

Pendant ma mission, je contribue au développement et à l’animation d’un réseau d’intervenant.e.s sur la thématique de l’égalité filles-garçons afin de faciliter leur rencontre et l’échange de bonnes pratiques relatives à leur posture professionnelle. De manière plus globale et continue, je repère des pratiques éducatives égalitaires chez nos publics (veille numérique/entretiens), en particulier des modalités d’intervention auprès de la jeunesse (fiches pédagogiques…), afin de les partager sur notre site Internet. Au niveau personnel, je m’efforce de proposer la mise en place d’actions de développement et de communication auprès de nos publics et de nos membres. De plus, je souhaite me former dans la sensibilisation des professionnel.le.s aux études de genre.

Je trouve que le projet de Locaux Motiv’ est très captivant et unique parmi le maillon d’acteurs de l’économie sociale et solidaire en France. La mutualisation des moyens humains, physiques et intellectuels est avant-garde et pertinent. Lors de ma première visite à Locaux Motiv’, j’ai été impressionnée par son aspect aéré et lumineux. C’est effectivement la cerise sur le gâteau que tous et toutes les résident.e.s sont souriant.e.s, positif.ve.s et ouvert.e.s au partage. Après deux mois j’estime que Locaux Motiv’ est un véritable « hub », une sorte de jardin partagé où idées et nouvelles amitiés y sont cultivées, où il y reste toujours un fond de café pour ceux et celles qui sont presque au bout, et là où il y a des oiseaux qui t’accompagnent lorsque on prépare un plat à la cuisine. En résumé, la coopération et la co-construction sont des valeurs fleurissantes dans ce tiers-lieu !

Pour en savoir plus : le site de l’institut EgaliGone

Les succès de la campagne Dégooglisons Internet

En 2014, Framasoft lance la campagne « Dégooglisons Internet », en se fixant trois missions en trois ans : sensibiliser le public le plus large possible à la question de la centralisation du Net, autrement dit sa colonisation par les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, lire notre article précédent) ; proposer une trentaine de nouveaux services alternatifs à ceux des Gafam, répondant à des critères de loyauté, libres de publicité, sans exploitation des données personnelles et au moyen de logiciels libres – définition en creux des services que proposent les Gafam… ; enfin, décentraliser Internet par l’essaimage de Framasoft, qui refuse de suivre le chemin des Gafam, dans le but d’offrir une meilleure  visibilité sur les logiciels communs. Ces objectifs à l’origine devaient être atteints en 2017 et ils l’ont tous été en 2016 !

Créer le buzz

Pour souffler sa deuxième bougie de campagne et créer le buzz, Framasoft a sorti en une semaine six nouveaux projets, atteignant ainsi les 30 services en logiciels libres annoncés en 2014 (voir ci-dessous).
Lundi 3/10. Framalistes.org, une alternative à Google Groups, permettant de créer, sans être obligé d’avoir un compte, des listes de diffusion pour l’échange de contenus. Depuis son lancement, 500 listes ont été créées, comptabilisant 5 000 inscrits.
Mardi 4/10. Framanotes.org, une alternative à Evernote (qui n’est pas développé par un Gafam), destiné à la création et à l’organisation de notes pouvant être partagées.
Mercredi 5/10. Framaforms.org, une alternative à Google forms, pour concevoir des formulaires, dont l’analyse des résultats est rendue possible par leur téléchargement. Le moyen de retirer à la convoitise de Google des millions d’informations.
Jeudi 6/10. Framatalk.org, une alternative à Skype (propriété de Microsoft), plus simple à utiliser, sans compte, avec une mise en relation directement dans le navigateur Web.
Vendredi 7/10. Framagenda.org, une alternative à Google Agenda.
Lundi 10/10. MyFrama, un service de stockage d’URL (adresses Web) ou autrement dit un système de Favoris en ligne et non sur l’ordinateur.

carte2016-romainsPour retrouver la liste complète des services : https://degooglisons-internet.org/liste

Pour le maintien du logiciel libre

Dans cette campagne, Framasoft a fait une 7e annonce : l’anticipation du projet d’essaimage, appelé, après mûre réflexion, « CHATONS », pour « collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires » !
Framasoft se veut être « une Amap1 du logiciel libre », et la métaphore tient la route. CHATONS est un réseau présentant sur une carte du monde d’autres Amap ou associations qui développent des logiciels libres ! Ainsi les gens qui font de l’informatique peuvent se rencontrer, discuter et participer, contrairement au fonctionnement des Gafam, qui, par la mise à distance des utilisateurs, les confinent au rang de consommateurs. Ici, on sait que les logiciels seront améliorés par l’apport des utilisateurs.
Mais le système comporte aussi les inconvénients de l’Amap. Il y a une tendance à la production restreinte : la terre d’un agriculteur ne peut servir qu’un nombre limité de citoyens, tout comme les serveurs de Framasoft ne peuvent servir qu’un nombre limité de visiteurs, et les logiciels libres n’auront jamais les mêmes moyens que les Gafam.

Petites révisions sur les Gafam

Alors pourquoi lutter contre les Gafam ? Grâce à leur capitalisation boursière, les Gafam sont devenus en quelques années les cinq plus grosses entreprises mondiales. Elles sont désormais les maîtres de l’économie, dont l’influence n’a pas été anticipée. La collusion entre les États et les Gafam représente un danger inédit, car, par leur captation de l’information, elles agissent comme des espions sur toute la planète. Aujourd’hui les États, et notamment les États-Unis, ne peuvent plus se passer des Gafam. Un véritable empire du numérique américain s’est constitué, qui, à l’instar du plan Marshall d’après-guerre, vend au monde un modèle de vie.

Le modèle de vie à la sauce Gafam

stickerdio_apple-2Google, c’est la concrétisation du village mondial théorisé dans les années 1980. Un milliard d’êtres humains utilisent Gmail ! Il faut imaginer un service postal mondial contrôlé par une seule personne.
Apple impose une domination culturelle en termes de normes de design, qui dépassent l’esthétique puisque, au sein des applications, par sa censure, Apple édicte des normes sociales et morales.
Pour Facebook, l’objectif est de construire un graphe social qui enregistre une traçabilité des interactions entre les personnes.
Amazon, c’est le grand commerce des produits manufacturés, notamment des livres, qui tuent les librairies.
Microsoft, avec Windows, détient 80 % des parts de marché des ordinateurs – quand Apple a le reste – et investit massivement dans l’intelligence artificielle, qui, dans peu de temps, concernera tous les domaines de la vie quotidienne (voiture, santé, ADN, robotique…).

Voici venu le temps des communs

A cette vision du monde imposée par les Gafam, Framasoft veut apporter le seul projet politique qui la contrecarre : les communs, et ici les logiciels libres. Framasoft veut, en quelque sorte, tirer la sonnette d’alarme, face à ce qui avant pouvait être pris pour de la science-fiction et qui aujourd’hui est une réalité. D’autant que leur essor ne fait l’objet d’aucune réflexion préalable – il n’existe en effet aucun comité d’éthique dédié aux questions soulevées par le numérique. Framasoft n’entend pas jouer David contre Goliath ou concurrencer ces mastodontes, elle cherche à agrandir l’espace du bien commun pour collaborer au montage de projets numériques sans l’utilisation des Gafam. Il s’agit d’un choix politique et individuel à faire !

Pour en savoir plus : Framasoft, framasoft.org et degooglisons-internet.org

  1. Association pour le maintien de l’agriculture paysanne.

Ouvrir, démontrer et accompagner

A la suite de l’assemblée générale de Locaux Motiv’ (LM), qui s’est tenue le 2 avril dernier, pour laquelle on vous invite à lire le compte-rendu de la journée (lien vers l’article), on a souhaité, avec Emmanuelle Jouas, la chargée de développement, présenter ici un tour d’horizon des projets portés par LM en partenariat avec d’autres acteurs, dont l’essence est l’ouverture de LM sur le quartier et en faveur de l’économie sociale et solidaire (ESS).

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Le développement de projets à destination des habitants du quartier fait partie de l’ADN de LM. Les cofondateurs, structures impliquées dans l’éducation populaire à la Guillotière, ont souhaité se regrouper dans un espace mutualisé pour faciliter les initiatives citoyennes.

Après deux années consacrées à la structuration du lieu (gouvernance et modèle économique), le poste de chargé de développement a été créé avec l’ambition de déployer le volet animation.

La proximité des adhérents a généré tout de suite de la coopération. En témoigne, en 2012, l’organisation du Mazagran événement porté par des adhérents de LM, qui a réuni les acteurs du quartier.

Accompagnement à l’entrepreneuriat social. Mis en place en 2015, un partenariat avec Ronalpia, incubateur de projets socialement innovants, vise à accompagner un entrepreneur social. Le premier porteur de projet bénéficiaire est Exit Sauve qui peut, une initiative citoyenne autour de la récupération et la valorisation des déchets (upcycling) via des ateliers participatifs de création d’objets du quotidien ou artistiques.

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Les Coding goûters. Les Coding goûters sont animés par un bénévole de Framasoft, adhérent de LM, dont l’objectif est de transmettre, à travers le jeu, l’appropriation du langage informatique et la production de données numériques à destination des familles du quartier. Les six Coding goûters organisés depuis 2014 ont été une réussite, car ils ont notamment touché des enfants qui n’ont pas accès à l’informatique.

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La programmation 2016-2017 vise à développer les ateliers en trois axes : 1/ l’éducation numérique par le jeu, un samedi après-midi par mois, à destination des familles ; 2/ l’essaimage de la pratique du code par des cycles de formation à destination des professionnels, comme les animateurs des espaces publics numériques (EPN) et toute personne désireuse de se former pour transmettre cette pratique ; et 3/ l’optimisation de l’usage du numérique (gestion adhérents, facturation, réseaux sociaux…) auprès des responsables de petites structures de l’ESS au service de la stratégie de leur structure. Ces axes sont développés sur des logiciels libres.

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JeunESS logo defJeun’ESS d’or. Ce projet est emblématique de la dynamique citoyenne recherchée par LM. Il est né de la rencontre entre les Missions locales, LM et les Cités d’or, mouvement d’éducation à la citoyenneté qui aide les jeunes et les moins jeunes à devenir acteur de leur vie. Le projet Jeun’ESS d’or vise, en complément de cette acquisition des compétences fondamentales, à proposer aux jeunes sans emploi et ne suivant ni études ni formation, ceux qu’on surnomme désormais les « Neets », pour « not in employment, education or training » en anglais, une mise en situation professionnelle, notamment sur les nouveaux métiers de l’ESS.

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Le programme concerne une petite quinzaine de jeunes pour des sessions de deux mois, pendant lesquelles une série d’ateliers leur ait proposé : cinéma et vidéo (« On tourne à Jeun’ESS d’or ») avec Service compris, résident à LM, outils numériques et recherche d’emploi ou de logement, avec le Crij (Centre régional d’information jeunesse), upcycling avec Exit – Sauve qui peut (nomade à LM) et écologie urbaine avec l’atelier du Chat perché (réparation vélo) pour ouvrir sur les métiers liés à la mobilité, dans lequel intervient Mobiped, résident à LM, et Brin de Guill (usager de LM) pour aborder le jardinage en ville. L’institut Egaligone proposera également un cycle sur les stéréotypes filles / garçons.

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Les ateliers se déroulent sur une demi-journée, une journée voire une semaine pour l’atelier vidéo.

LM, animaRhone solidairesteur de la plateforme Rhône Solidaires. Plateforme participative des acteurs de l’ESS, en réseau avec la plateforme régionale Rhône-Alpes Solidaire, rhone-solidaires.org est un outil de promotion de l’ESS. L’animation s’organise soit dans des espaces ouverts au grand public (forums ESS ou de l’emploi), soit en mobilisant des acteurs autour de thématiques spécifiques.

Au sein de comités de rédaction, la plateforme est enrichie collectivement de contenus produits par les acteurs pour mettre en lumière les apports de l’ESS dans certains secteurs de l’économie : emploi et ESS, alimentation durable, mobilité douce, consommation différente pour les fêtes de fin d’année, petite enfance et à venir le traitement des déchets/recyclage. L’animation de cette plateforme positionne LM comme l’un des acteurs essentiels de l’ESS auprès des partenaires : Ville de Lyon, Métropole de Lyon et la Ville de Villeurbanne qui rentre dans le projet.

Le réseau CoworCoworking Grand Lyonking Grand Lyon. Locaux Motiv’ est cofondateur du réseau, dont la charte a été signée en 2014. L’objectif est de différencier les espaces de coworking des centres d’affaires ou de la simple location de bureaux. La notion de coopération est au cœur des projets de ces espaces : circulation des informations (partage d’expériences) et des coworkers Des réunions mensuelles permettent aux signataires de la charte de partager leurs expériences et d’envisager des actions communes (coworking Tour en 2014 et 2015 pour valoriser cette autre façon de travailler auprès du grand public et des responsables de collectivités intéressés par la création d’un espace sur leur territoire). Le réseau envisage par ailleurs d’organiser en novembre prochain les assises du coworking, pour partager ses réflexions sur ces nouvelles formes de travail et ce qu’elles produisent.

crédits photo Jeun'ESS d'or : Jean-Jacques Bernard — Crédit photo couverture (CC BY-SA) : Bertrand Paris — Crédit photo EXIT : Anne-Laure Letourneux — Crédit photo Coding goûters (CC BY-SA) : Emmanuelle Jouas

On tourne à Jeun’ESS d’or

Dans le cadre de la programmation des ateliers Jeun’ESS d’or, quatre jeunes ont participé dans les murs de locaux Motiv’ (LM), du 29 février au 4 mars dernier, à une initiation à la vidéo, animée par l’association Service compris, adhérente à LM.

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A ces jeunes, qui rencontrent de nombreux obstacles face à l’emploi – absence de diplôme et de formation, origines –, il a été proposé « une lettre filmée » : mettre en scène un entretien d’embauche, en tournant en dérision tout ce qu’on peut demander aux jeunes d’aujourd’hui. Résultat : on assiste à l’échange entre le recruteur, le patron de la boulangerie Sandwichinho, qui attend tout du candidat : des diplômes à revendre, de l’expérience professionnelle, des horaires hyperfractionnés et un salaire au smic, et un jeune qui est en mesure de dire oui à tout (master coupage de pain, BTS sauce…).

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L’expérience s’est montrée très enrichissante pour ces quatre jeunes, immergés pour une semaine au sein de LM, partageant l’environnement et les repas. Côté atelier, ils ont coécrit le scénario, se sont répartis en deux équipes de deux – une à la caméra et au son et l’autre au jeu d’acteur – et ont à nouveau en commun fait le montage du film et son making-off, qu’on peut voir à la suite du film.

Le dispositif Jeun’ESS d’or est le fruit d’un partenariat entre Locaux Motiv’, les Cités d’or et la Mission locale. Les jeunes ont pu présenté leur réalisation devant les partenaires et exprimé leurs retours d’expérience. A refaire !!!

Vous pouvez regarder le film en cliquant sur le lien suivant : Sandwichinho

crédits photos : Jean-Jacques Bernard

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Arnaud Carpentier, « j’aime les lieux de brassage »

Arnaud Carpentier est content de l’organisation qu’il a réussi à mettre en place, lui permettant d’allier sa vie personnelle, le travail et ses aspirations à s’investir dans l’associatif, car, avoue-t-il à demi-mot, « je suis revenu de l’investissement politique ».

En prenant la location d’un bureau à Locaux Motiv’ en janvier, il quitte deux ans et demi de travail à domicile « où la frontière perso/pro ne se fait pas ».

Arnaud, c’est un homme de réseaux et de contacts. Quand il raconte son parcours professionnel après un DESS[1] en management culturel à Aix-en-Provence, cet originaire de Tain-l’Hermitage retrace un enchaînement de missions « dans des boîtes de potes », dont celle qui l’a amené aux Cahiers du cinéma, où il s’occupe de la publicité. « Je ne suis pas un commercial dans l’âme », revendique-t-il, et les Cahiers lui offrent « un vrai positionnement dans leur défense du cinéma militant et d’auteur ».

Constitué en Sasu, société par actions simplifiée unipersonnelle, dans laquelle il est à la fois gérant et salarié, il travaille à distance en ne se déplaçant à Paris qu’une semaine par mois, occasion qui lui est donnée de garder les liens avec sa vie d’avant. Mais si son chiffre d’affaires progresse depuis qu’il est arrivé à Lyon trois ans plus tôt, il n’atteint pas le plein-temps. Il cherche donc de nouvelles missions « un peu plus dans le culturel ».

A Locaux Motiv’, il commence à prendre ses marques dans les bureaux, mais « j’aimerais maintenant les prendre dans mon investissement ». Il se reconnaît dans les idées sociales et politiques portées par Locaux Motiv’. « Les lieux de brassage », c’est son truc, et agir pour renforcer l’implication de Locaux Motiv » dans le quartier, ça lui irait bien.

[1] Le diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS), diplôme de l’enseignement supérieur de niveau bac+5 a été remplacé par la réforme Licence-Master-Doctorat (2003-2006) et l’harmonisation européenne des grades universitaires par le diplôme de master.

Notre vie numérique nous appartient-elle ?

Le saviez-vous ? 98 % de ce qui est hébergé sur Internet l’est par des logiciels libres. En décodé, cela signifie que les logiciels qui hébergent données, sites, blogs ou orientent les pages Web sont sous licence libre ou autrement dit sont la propriété de tous. Ce chiffre est à mettre en rapport avec la nouvelle donne économique : ce n’est plus le pétrole qui fait la rente, mais les données des utilisateurs collectées sur Internet. En clair à nouveau, ce n’est plus l’Opep, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui tire l’économie mondiale, mais le Gafam – Google, Apple Facebook, Amazon, Microsoft ! Ces « géants de l’Internet » vivent de la vente d’ordinateurs et de la masse de données qu’ils accumulent (1,5 milliard d’utilisateurs sur Facebook, soit plus ou moins la population de la Chine et un cinquième de la population mondiale).

Framasoft romains

Fait inédit dans l’histoire humaine, mais qui a commencé dans les années soixante-dix, avec Bill Gates pour Microsoft et Steve Jobs pour Apple. Grâce à la clairvoyance d’un chercheur américain, Richard Stallman, qui a anticipé les changements de l’informatique dans nos vies, le mouvement du logiciel libre est né, au même moment, en réponse à cette évolution hégémonique de captation du logiciel. En créant le concept de licence libre, qui permet le partage et la modification par chacun des logiciels, Stallman a réintroduit des valeurs de solidarité et d’égalité au sein de l’économie de l’Internet et a lancé la communauté des communs du logiciel libre.

Le logiciel libre : un commun

Faire du logiciel libre un bien cFramasoft_Logoommun, cela revient à le considérer comme une ressource qui doit se gérer collectivement. Ce qui réunit les gens, c’est l’effort commun pour assurer à tous l’accès et la gestion de cette ressource.

L’association Framasoft, créée en 2004, dont le siège social (deux des quatre permanents) est hébergé à Locaux Motiv’, est une association d’éducation populaire, qui, à la fois, promeut un ensemble de logiciels libres et qui accompagne cet enrichissement de la ressource sur Internet d’un travail de (ré-)appropriation par chacun de son pouvoir sur sa vie numérique.

3 bonnes raisons d’y réfléchir

L’objectif de Framasoft est de nous donner les informations les plus justes afin qu’on puisse faire des choix et qu’on ait la connaissance des conséquences de nos actes. Cela pour trois bonnes raisons. La première, parce que le système actuel emporte avec lui notre vie privée et qu’on ignore l’usage qui en est fait. La seconde, c’est pour nous offrir la possibilité de mettre nos actes en cohérence avec nos valeurs. Enfin, c’est pour nous amener à devenir maître de notre numérique, non seulement pour notre propre compte, mais également pour celui des autres, quand, par notre action sur Internet, on les entraîne dans un système qui leur est nuisible !

Une communauté d’usage

Maintenant prendre le pouvoir dans notre vie numérique, c’est accepter de changer ses habitudes et accepter l’effort que ça demande. Utiliser un logiciel libre, c’est s’en servir, contribuer à le faire évoluer et transmettre ses connaissances aux autres. La consommation passive n’est pas de mise, mais, pour autant, il n’est point besoin d’être un expert pour participer. Il suffit de s’y intéresser et les contributions sont à la hauteur de chacun. Alors à votre souris !

Pour en savoir plus : Framasoft, framasoft.org et degooglisons-internet.org

Les beaux jours des coopératives d’habitants

GrandCouleur2Fede2Depuis dix ans, Habicoop, association pour la promotion et l’accompagnement des coopératives d’habitants,  œuvre à travers toute la France, depuis son siège social à Lyon. Le mouvement se développe et les projets se multiplient, notamment grâce à la loi pour l’accès au logement et à un urbanisme rénové dite loi Alur, votée en mars 2014, à laquelle Habicoop a fortement contribué. L’émergence de quantité de nouveaux projets est venue imposer la nécessité de structurer ce mouvement. Habicoop s’est constituée en une Fédération nationale des coopératives d’habitants, destinée à militer pour la reconnaissance de cette voie alternative du logement (la fameuse « troisième voie » entre la propriété privée individuelle et le logement social). Avec des missions bien distinctes, la nouvelle association Habicoop Aura (pour Auvergne-Rhône-Alpes) devient l’un des relais locaux en région de la Fédération nationale.

La Fédération Habicoop : la traduction d’une réussite

Le Village vertical de Villeurbanne, qui, depuis 2013, est la première coopérative française d’habitants, a ouvert la voix, en tant que projet pilote. Il a nourri la loi Alur, qui reprend les statuts et les valeurs des coopératives d’habitants portées par Habicoop et fait la démonstration qu’un essaimage est possible. Malgré les avancées, du chemin reste à faire : l’action de lobbying auprès des pouvoirs publics doit se renforcer et le mouvement doit trouver une ampleur nationale. La Fédération reprend ces deux objectifs à son compte.

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Le premier volet, le plus pressant, c’est le suivi de l’écriture des décrets d’application de la loi Alur pour que ses principes deviennent effectifs. L’autre volet revient à faire vivre le développement des relais en région. L’objectif est de permettre la création d’associations régionales, que la Fédération se propose de coordonner, en organisant la professionnalisation des acteurs et la mise en place d’outils d’accompagnement, notamment financiers. La Fédération souhaite se doter prochainement  d’un fonds de mutualisation des coopératives d’habitants pour soutenir les projets locaux.

La légitimation d’un montage spécifique de l’habitat participatif

Les valeurs portées par les coopératives d’habitants définissent un choix bien spécifique de l’habitat participatif  : un projet démocratique et non spéculatif, qui s’oppose à une gestion de copropriété classique aux tantièmes et source d’investissement locatif. La coopérative d’habitants est une propriété collective, qui constitue la résidence principale de tous les coopérateurs, qui ont chacun une voix dans les instances décisionnelles. L’entretien et l’animation des parties collectives sont assumés par les coopérateurs.

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La création de la Fédération permet ainsi de veiller au respect des valeurs portées par la Charte d’Habicoop. Concernant la non-spéculation, la Fédération va désormais prendre un part sociale dans chaque coopérative et aura sa voix et ainsi un droit de veto pour toute modification statutaire pouvant entraîner une dérive. Les autres valeurs coopératives seront garanties par la révision coopérative, qui est devenue obligatoire par la loi relative à l’économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014.

La naissance des relais locaux

La Fédération compte aujourd’hui deux relais locaux : Habicoop Aura en Auvergne-Rhône-Alpes et Atcoop en Aquitaine. La possibilité de monter une association régionale en Languedoc-Roussillon est en cours de finalisation, et une autre en Normandie est actuellement à l’étude.  Chaque relais aura pour mission l’accompagnement des projets et des actions de lobbying menées auprès des partenaires locaux, dont l’approche sera facilitée par cette légitimité et visibilité nationale.

Habicoop Aura, qui garde son siège social au même endroit que la Fédération, à Locaux Motiv’, peut aujourd’hui se concentrer sur les projets en cours, notamment la coopérative Chamarel-les-Barges, dont la construction débutera prochainement à Vaulx-en-Velin.

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Lancez vous dans l’écriture avec « Des hommes et des lieux » !

« Des hommes et des lieux« , structure usagère de Locaux Motiv’ agit pour « vivre et faire vivre l’écriture comme un outil d’inclusion, d’expérience humaine et d’intelligence collective« . 

Pour la saison 2015/2016, les ateliers (qui se tiennent à Locaux Motiv’) reprennent et si l’envie d’une démarche originale et collective vous tente, laissez-vous tenter !

La démarche proposée repose sur des ateliers conçus « comme des laboratoires d’expériences et de mots : ils permettent une liberté et des envies d’écrire, ils offrent des « possibles » autour de l’écrit. Le collectif d’écriture permet à ses participants d’expérimenter et de faire ensemble : au cœur de l’atelier un tissage de mots, d’idées et de points de vue à partager. Il s’agit d’entrer individuellement et collectivement dans une logique de projet pour donner à voir un objet artistique commun, représentation particulière » d’un groupe d’individus. »

Un des aboutissements de ce travail est la « production d’un texte « collectif » qui sera partagé via un autre média (photo, expo, lecture publique, etc.) »

Pour en savoir plus, et contacter Isabelle ou Linda, animatrice du Collectif, consultez le flyer et la présentation complète des ateliers.

Le flyer de présentation de l’association et sa démarche (pdf)

La présentation complète des ateliers 2015-2016 (pdf)