Le 25 juin, un JeudiWe sur l’égalité hommes-femmes : diagnostiquer pour agir !

egaligone

Au gré des envies des envies et propositions des adhérents de Locaux Motiv’, qu’ils soient usagers, sympathisants ou résidents, les jeudis se tiennent les JeudiWe: moments d’information, de partage, de sensibilisation.

Le 25 juin, Sasha, de l’Institut Egaligone (structure résidente de Locaux Motiv’) a présenté le Guide pour l’égalité hommes-femmes dans les associations

guide pour l"égalité hommes-femmes

Ce guide permet à chaque association d’effectuer un autodiagnostic quant à l’égalité entre hommes et femmes au sein de sa structure. Né à l’initiative de la DDCS du Rhône, il est devenu un outil national.

Deux constats ont mené à sa création :

– les acteurs associatifs ne se posaient pas nécessairement la question de l’égalité hommes-femmes au sein de leur structure, l’existence de ce guide leur permet de se questionner ;

– même pour les acteurs avertis, il n’existait aucun moyen de s’auto diagnostiquer.

A titre d’exemple, l’étude d’Animafac « les femmes et le pouvoir dans les associations étudiantes » nous révèle que y compris dans le monde étudiant, les inégalités persistent, reproduites de manière inconsciente. La présidence des associations étudiées est assurée à 61% par les hommes et la trésorerie est à 55% masculine. Ces chiffres n’ont pratiquement pas évolué depuis les dix dernières années.

L’intérêt du Guide pour l’égalité hommes-femmes dans les associations est de permettre d’avoir (à partir de tableaux analytiques) une vision détaillée de la situation de l’association.

Ces tableaux permettent de détailler le nombre de membres, de bénévoles, la formation qu’ils.elles ont suivi, la composition des instances dirigeantes, le type de contrat pour les employées (CDD, CDI, temps partiel…), etc. Chaque tableau est accompagné d’une partie « Que repérez-vous ?» qui permet de synthétiser les résultats obtenus. Et surtout, il suggère de nombreuses pistes d’action « Comment agir ? » lorsque la mixité n’est pas au rendez-vous, que ce soit par manque de femmes ou d’hommes. Il permet de réfléchir à des moyens à mettre en œuvre, allant de la vérification des visuels (s’adressent-ils autant aux hommes qu’aux femmes ?) jusqu’à la prise en compte des horaires de réunions ou à l’inscription de l’égalité dans les objectifs des projets associatifs.

Après cette première partie d’autodiagnostic, le guide comporte une seconde partie plus informative, qui donne des détails sur le diagnostic égalité dans la société par secteur : culture, médias, éducation, sport…

Enfin, une troisième partie propose un « aide-mémoire » égalité, proposant de mettre en œuvre des actions concrètes, on peut y inscrire ses objectifs avec un échéancier.

Selon Sasha,de l’Institut Egaligone « les inégalités se reproduisent si l’on n’agit pas de manière proactive ; ce guide propose des pistes concrètes pour permettre l’égalité, et pas seulement en termes de mixité. »

Les structures associatives présentes à ce JeudiWe ont largement « accroché » à la présentation de cet outil – et les auto-diagnostics ont commencé.

L’épicerie de l’Autre CôTé de la Rue ouvre une cave en circuit court !

L’Autre CôTé de la Rue, c’est depuis 2006 une (des premières !) épicerie généraliste de circuit court, qui repose sur des valeurs fortes et une relation équitable et directe avec plus 200 producteurs (et aussi un membre usager de Locaux Motiv’) ! C’est un lieu de vie qui ouvre également sa terrasse en journée l’été, fournit de nombreux établissements (restaurants, bars, …) en produits de qualités (le café de la machine expresso de Locaux Motiv’, entre autres, vient de là-bas 🙂 et s’implique dans la vie de quartier, plus largement, à travers un soutien à divers événements locaux (notamment le Maza’Grand Événement !). Parmi ce qui fait sa renommée : son rayon vin, en circuit court et pour l’essentiel bio !
L’épicerie dispose d’une petite surface de vente à proximité du métro Guillotière, à Lyon, depuis son ouverture. Petite surface dans laquelle on finit par se sentir à l’étroit, pour accueillir correctement ceux qui passent nous voir et surtout, pour proposer de nouveaux produits !
Heureusement, la solution a été trouvée !

Toute l’équipe de la SCoP De l’Autre CôTé de la Rue se mobilise pour ouvrir une deuxième boutique, dédiée au vin, à la bière et autres boissons artisanales ! À deux pas du local historique, elle permettra de réaménager, pour plus de confort, l’épicerie actuelle. Cela permettra de proposer plus de références de vins et de bières régionales, toujours en circuit court ! L’occasion également d’accueillir plus de dégustations et d’événements autour du vin et de la bière !

C’est donc une toute nouvelle cave à vin et à bière en circuit court qui va naître en septembre en plein cœur de Lyon !

Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour l’inauguration de… Banastou & Fourquet* en septembre 2015.

D’ici là, si vous souhaitez nous apporter votre soutien, vous pouvez contribuer jusqu’au 3 juillet à une campagne de crowdfunding Ulule qui nous permettra de financer une part importante des travaux d’aménagement du local, qui ont d’ailleurs déjà commencé à la mi-juin !

*pour savoir pourquoi ce nom, rendez-vous sur banastouetfourquet.fr !
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L’abus d’alcool est dangereux pour la santé : à consommer avec modération bien sûr !

Mozaïk RH, une passerelle entre les jeunes talents et les entreprises

Mozaik RH friseMozaïk RH a été créée il y a sept ans à Paris. L’ouverture de l’antenne lyonnaise remonte à quatre ans et compte aujourd’hui trois salariés, un stagiaire et une personne en service civique. En parallèle, elle fait appel à 25 bénévoles consultants en ressources humaines. Mozaïk RH est un cabinet de recrutement atypique, puisqu’il s’agit du premier cabinet de recrutement associatif spécialisé dans la promotion de la diversité et de l’égalité des chances, qui agit pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes talents des quartiers populaires. Mozaïk RH accompagne ces jeunes diplômés à l’aide d’ateliers de techniques de recherche d’emploi, du parrainage ou de sa cévéthèque accessible à plus de 300 entreprises partenaires.

Quelles sont vos actions pour contrer les discriminations à l’embauche ?

La loi du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations égrène les critères discriminants[1], parmi lesquels le lieu de résidence, ajouté récemment. On constate des discriminations directes et indirectes dans les processus de recrutement. Dans le contexte actuel, le chômage dans les zones urbaines sensibles atteint 45 %, soit deux fois la moyenne nationale.

Mais il n’y a pas de fatalité à tout cela. A l’aide de nos programmes d’accompagnement, on suit des jeunes qui ont perdu confiance en eux ou manquent d’accès à l’information qui leur permet d’avoir les meilleures chances sur le marché de l’emploi, afin d’élaborer et de réaliser un projet professionnel qui soit à la hauteur de leurs attentes et surtout de leurs compétences.

Comment fonctionne le recrutement à Mozaïk RH ?

Comme tout cabinet, Mozaïk RH publie ses offres à pourvoir ou utilise l’approche directe pour les profils les plus compliqués à trouver. Dans les deux cas, la différence et la plus-value de Mozaïk RH consistent en son choix d’ancrer ses partenariats dans les quartiers populaires, là où peu de cabinets de recrutement classiques travaillent.

Qui sont vos partenaires ?

Nous travaillons avec des structures d’insertion, des associations de quartier, des Points jeunesse, des écoles et universités, des entreprises, et les synergies nous placent dans une dynamique de complémentarité avant tout. Les Missions locales, par exemple, qui travaillent également sur l’accompagnement des jeunes, nous orientent les profils diplômés de bac + 2 minimum et invitent leurs candidats à frapper à notre porte lorsqu’ils souhaitent entrer en contact avec un cabinet ayant à la fois l’expertise jeunes diplômés et la vision pragmatique du monde de l’entreprise.

Nous sommes également en lien avec les universités de Lyon, où nous nous rendons régulièrement à des forums, afin à la fois de proposer nos offres à pourvoir et de conseiller les jeunes présents sur leurs outils de recherche (CV, lettre de motivation) mais aussi sur leur stratégie (réseaux sociaux, marché caché) et leur posture en entretien.

Du côté des associations, nous sommes en lien avec des structures qui œuvrent pour l’insertion professionnelle des jeunes des quartiers (Nes&cité) ou des jeunes en situation de handicap. Mozaïk RH possède également sa cellule « travailleurs en situation de handicap ». Nous nous réunissons à l’occasion d’évènements, nous nous retrouvons dans des collectifs pour l’emploi pour discuter de problématiques autour de ces questions d’actualité. L’objectif étant d’apporter chacun notre regard, qui est différent, mais très souvent complémentaire, et de repartir enrichis de nouvelles idées et pratiques.

Dans votre rapport d’activités, vous évoquez, pour l’entreprise « l’enjeu de la diversité », de quoi s’agit-il ?

La diversité est une source de bénéfices pour l’entreprise, mais pas uniquement monétaire. Une entreprise pense le plus souvent minimiser ses risques en embauchant des gens qui leur ressemblent. Or, ouvrir son processus de recrutement à des personnes ayant un profil différent du profil généralement recruté ou qui n’ont pas les mêmes origines sociales ou culturelles s’avère être un véritable facteur de créativité, de nouveauté, et donc de bénéfices pour l’entreprise.

Aujourd’hui, il y a 400 000 postes qui sont non pourvus par an, ce qui montre bien le besoin de créer certaines passerelles pour y remédier. Par sa mission, Mozaïk RH a des retombées sur l’intérêt général (son impact social est mesuré à l’aide du SRI, social return on investment) et contribue à la valorisation de la diversité dans le monde de l’entreprise. Chacune des activités de Mozaïk RH est conçue de manière à faire évoluer les représentations et les préjugés qui influencent le recrutement.

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En 2014, Mozaïk RH a accompagné plus de 10 000 candidats et réalisé 2 500 placements en entreprises à l’échelle nationale. Quant à l’antenne lyonnaise, elle a accompagné en 2014 près de 200 bénéficiaires et placé 55 d’entre eux sur un emploi, une alternance ou un stage. L’antenne a pour objectif de continuer sur cette voie en 2015, grâce à ses nouveaux partenariats régionaux et à l’élaboration de projets toujours plus ambitieux !

 

 

[1] « Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur lieu de résidence, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée. »

Rencontre avec Jean-Louis Rioual, nouveau résident à LM depuis début mars

Peux-tu nous présenter ton activité ?

J’ai l’habitude de présenter mon parcours professionnel par couches. Je suis tout d’abord journaliste-rédacteur. J’écris des articles de presse, notamment pour le Forestier privé, la revue du CRPF Rhône-Alpes – le Centre régional de la propriété forestière, qui est un service public.

En fait, j’ai commencé par la radio, c’est un peu le hasard de la vie, il y a vingt ans, en 1998-1999. A Grenoble, essentiellement, en faisant de l’actualité économique, politique et sociale. Au fur à mesure, je me suis spécialisé dans les questions sociétales, la discrimination, les migrations et la politique de la ville. Cela rejoint l’espace public, comment, aujourd’hui, on fait et produit la ville. Je suis donc aussi journaliste-producteur radio. A partir des années 2000, j’ai été producteur radio pour des radios locales, France culture et Arte radio. J’ai travaillé ainsi sur une centaine d’émissions à l’EPRA[1], une agence de presse radiophonique rassemblant à l’époque 170 radios.

Dans ce cadre de la production documentaire, j’ai pu ouvrir d’autres champs d’investigation, comme les périodes de conflits dans le monde, d’un point de vue historique. Pour l’émission la Fabrique de l’histoire, sur France culture, j’ai fait, entre autres, un travail sur les services secrets pendant la guerre d’Algérie ou encore un documentaire sur un combat qui a eu lieu pendant la Première Guerre mondiale qui a décimé un bataillon d’Australiens dans le nord de la France.

Quelle est ta position professionnelle : as-tu le choix dans ce que tu entreprends ?

J’ai toujours adapté les médias en fonction des sujets que j’avais. C’est une question de moyens et de crédibilité. C’est généralement moi qui propose les sujets. C’est une relation de confiance avec les différents employeurs.

Les années 2000, avec le Web, m’ont aussi ouvert de nouvelles perspectives, avec la possibilité de décliner sur la Toile ce que je faisais de manière assez classique (documentaires, magazines). Ce sont les Web-documentaires ou les petites œuvres documentaires (POM), que j’ai faits en tant que réalisateur multimédia. En 2011-2012, j’ai travaillé avec Fabien, de Petit Homme (membre de Locaux Motiv’ depuis un an).

Dans les formes classiques documentaires, la manière de raconter l’histoire est assez encadrée, le Web-docu ou les POM m’ont obligé de revoir la construction de mes créations. L’enjeu, ça a été de redéfinir mon métier à travers cette activité.

Et tu arrives à en vivre ?

J’ai toujours mené ces différentes activités en même temps. L’économie du Web-documentaire est suffisamment instable pour qu’on puisse prétendre vivre de ça exclusivement en tant que producteur. Je travaille avec des producteurs classiques qui souhaitent développer des formes multimédias différentes. Je suis démarché par les producteurs. En parallèle, je porte également des projets. La grosse difficulté, c’est que tout va extrêmement vite : les outils, la maîtrise des outils, le langage. C’est sans cesse en réinvention. Cela demande une vigie, de connaître des geeks…

Voudrais-tu évoquer d’autres engagements ?

En parallèle, je suis membre de la commission des œuvres sonores de la SCAM[2]. Autour de la table, il n’y a que des gens de la radio, qui s’interrogent sur la manière de réinventer le monde de la radio. C’est une instance où on fait une photographie du métier, avec la question des droits d’auteur toujours au centre. La radio, c’est un métier qui s’est fortement précarisé depuis dix ans. On observe les nouveaux outils, l’évolution des cultures, les background/volonté/espoir/modèle de ceux qui entrent dans le métier. Sur quoi reposent leurs rêves.

Je suis également membre du conseil d’administration du Club de la presse de Lyon. C’est une activité militante comme pour la Scam. Je participe à la relance de leur lettre. Le Club aide à la mise en lien des journalistes.

Comment s’inscrit ta présence à Locaux Motiv’ ?

Je connais et je suis Locaux Motiv’ depuis le début, car j’habite le quartier. La notion d’espace de coworking, je l’ai depuis pas mal de temps, par l’Atelier des médias. Le montage audio qui fait du bruit était peu compatible avec un espace partagé. Je repoussais les invitations. Mon activité se réorientant vers d’autres supports, j’ai accepté début mars. Je trouve le projet très intéressant, le dynamisme et la reconnaissance dans le quartier formidables. Pour mes activités au sein de Locaux Motiv’, c’est à voir, car il est trop tôt.

Puisque tu as évoqué l’espace public, je voudrais te demander ce que tu penses de la place Mazagran ?

C’est sûrement lié au beau temps, mais j’observe une appropriation de la place immédiate, qui répond à une demande dans un quartier dense sans espace pour se détendre ou baguenauder. C’est une belle place, presque trop belle. L’inauguration n’a eu lieu qu’il y a quinze jours, il va falloir voir l’évolution au mois d’août, car il y a peu ou pas de zones d’ombre (là où il y a les tables, par exemple). J’aimerais voir comment on été pensé les choses. Les enfants de bas âges ont leur espace dévolu, en revanche pour les ados (9-10 ans) qui ont envie de jouer au ballon, ça n’a pas été pensé (pas de cage). Mais tous les jours ils viennent et mettent leurs sacs pour marquer les buts. Le reste est très très bien pensé. Il y a le Crieur, que je trouve intéressant à écouter. Sous la pluie, les gens paraissaient nombreux à écouter. Il fait presque partie de mon paysage, de fait, je l’ai sous mes fenêtres.

Contact : 06.66.21.56.16

[1] Échanges et productions radiophoniques sont une banque publique de programmes au même titre que l’INA (Institut national de l’audiovisuel).
[2] Société
civile des auteurs multimédias.

Rencontre avec Louis Bourgois, consultant, résident à LM depuis janvier

C’est un entretien de découverte, qui ne part de rien… La première question est donc qui es-tu ?

J’ai une expérience professionnelle surtout à l’international depuis 2004, d’abord dans le domaine de l’éducation et de la protection de l’enfance : avec une petite association en Roumanie auprès d’enfants des rues, puis en Asie avec Solidarité laïque, qui regroupe des mutuelles, des syndicats et des associations d’éducation populaire, comme les Francas ou la Ligue de l’enseignement. L’expérience en Roumanie a été particulièrement fondatrice pour moi et continue de me nourrir sur beaucoup de points.

J’ai ensuite travaillé sept ans pour Handicap International. De 2011 à 2013, j’ai occupé un poste très intéressant de coordinateur technique sur une vingtaine de projets différents, menés dans les 3 pays du Maghreb, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie, aussi bien par des ONG, des associations que des pouvoirs publics. Ça allait du micro-local aux grandes réformes de fond, dans les domaines de l’enfance handicapée, l’insertion professionnelle ou les risques liés aux mines antipersonnel. J’ai aussi été fortement impliqué dans le soutien aux associations militantes de personnes handicapées, nées suite à la révolution tunisienne.

En 2013, retour en France ; je me reconvertis progressivement vers des activités « hexagonales ». Entre autres choses, je fais de la formation en gestion-évaluation de projets, je donne des cours à la fac, je mène des évaluations de projets pour les associations et je suis consultant dans les domaines du handicap et de l’accès aux droits pour les personnes précarisées. Je travaille notamment avec l’association Trajectoires, qui vient en appui des collectivités territoriales sur la question des populations migrantes qui vivent en bidonville en France. On établit des diagnostics sociaux pour éclairer les décideurs sur des pistes de solutions individuelles. Suite à cette expérience, j’envisage de me lancer dans une thèse à Grenoble sur l’accès aux droits des gens vivant en bidonville. Cela revient à étudier comment les acteurs publics et associatifs traitent la réémergence de ces « verrues urbaines », et les stratégies qu’ils mettent en place.

Et tu as quel statut ?

Je suis salarié entrepreneur de la Scop1 Oxalis, depuis début mars. Au-delà de l’appui administratif et financier, la Scop propose également tout un accompagnement lié à la structuration de l’activité. C’est précieux quand on porte son activité tout seul. J’y trouve aussi de la mise en réseau, des formations et des échanges de pratiques. Le modèle de coopérative d’entrepreneurs, 1 homme égale 1 voix, était aussi parlant pour moi.

 Et Locaux Motiv dans tout ça ? Comment es-tu arrivé ici et comment se passe ton intégration ?

C’est Vincent Chevallier (de Recyclivre, NDLR), qui m’avait recruté la première fois à Handicap International, qui m’a fait découvrir la structure. Et puis, j’ai une grande habitude du travail en équipe et besoin d’un environnement motivant. Après l’expatriation, j’avais aussi envie de local, de m’investir dans mon quartier. En termes d’intégration, ça passe notamment par des collaborations formelles et informelles. Avec Tadaa par exemple, nous avons déjà développé une collaboration autour d’un module de formation axé sur les représentations du handicap. Tadaa m’aide à concevoir une représentation graphique du schéma-clé.

Quel est ton investissement à LM ?

J’avoue qu’il n’est pas toujours évident de consacrer le temps qu’il faudrait : je suis investi dans d’autres associations et je suis tenu par le côté imprévisible du métier de consultant, avec des forts pics d’activité. Pas évident non plus de se repérer dans les tâches à faire. En tout cas, j’ai commencé à participer, avec Emmanuelle Jouas (chargée de développement, NDLR) et d’autres, à la réflexion sur le volet stratégique et le développement des finances. Je pense qu’il est important que chacun puisse apporter quelque chose à LM en fonction de ses compétences. Pour moi, c’est plus le versant stratégies/recherche de partenariats que l’animation interne. Depuis les attentats à Charlie Hebdo en janvier, il me semble indispensable de se pencher sur les questions que ça génère en matière de développement des quartiers, de mixité, de citoyenneté active… C’est une réflexion de fond, au sein de ce collectif qui se réclame de l’ESS, qui s’investit dans l’éducation populaire et qui milite localement. Cela peut aussi permettre de rester une association vraiment ouverte sur le quartier et sur ses enjeux.

1 Société coopérative de production.

Voir la fiche résident de Louis Bourgois

RecycLivre s’implante en Rhône-Alpes

RecycLivre est une entreprise parisienne, qui, il y a six ans, a développé un tout nouveau service : la collecte gratuite de dons de livres à domicile (pas moins de 100), qui sont ensuite revendus sur son site ou sur les principales plateformes de distribution (Amazon, Priceminister et la Fnac).

RecycLivre présente deux autres particularités par rapport à une entreprise classique. Elle fait appel, pour son activité logistique de stockage et de commercialisation, à une entreprise d’insertion qui emploie une vingtaine de personnes, et reverse 10 % du prix de vente à des associations de lutte contre l’illettrisme et de préservation de l’environnement. Répondant à une réelle demande, la société n’a de cesse de prospérer depuis sa création. Elle a à son catalogue quelque 200 000 références, vend en moyenne 1 000 livres par jour et emploie huit personnes. Forte de ce succès parisien, elle souhaite maintenant s’implanter en région Rhône-Alpes.

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Créer des partenariats localement

Vincent Chevallier a pris ses fonctions, en janvier, en tant que chargé de développement. Il a pour mission de trouver des locaux, créer des partenariats pour permettre le déploiement de l’activité en insertion, organiser la collecte des livres et concevoir la communication. D’ici à deux mois, l’antenne Rhône-Alpes espère embaucher un commercial pour la collecte et l’encodage des livres. Vincent Chevallier envisage de faire appel à Mozaïk RH à Locaux Motiv pour le recrutement.RecycLivre_emballage_1

Le tout premier partenariat de RecycLivre Rhône-Alpes va exister à nouveau grâce aux synergies que Locaux Motiv favorise sur le territoire. C’est un partenariat « naturel » qui peut se nouer entre RecycLivre et Coquille d’ours, éditrice du magazine Patatras, structure usagère de Locaux Motiv. La revue pour enfants est distribuée auprès d’un réseau d’acteurs qui sont rattachés à la culture et aux livres (bibliothèques, centres socio-culturels, MJC, théâtres, musées, librairies…), qui sont autant de points de collecte de livres potentiels (270 en tout dans l’Isère, le Rhône et la Loire). Les tournées de livraison bimestrielles partiront avec un lot de supports de communication pour RecycLivre et de cartons de collecte. L’acheminement des livres par Coquille d’ours à partir des points de dépôt de la revue vers RecycLivre permettra, en outre, d’optimiser les tournées qui reviennent toujours à vide.

Participer à l’optimisation de la filière papier-carton

Vincent Chevallier a trouvé, en Grenoble Solidarité, le futur partenaire principal de RecycLivre sur la région de Grenoble, car cette entreprise d’insertion assurera l’encodage, le stockage et l’expédition vers la plateforme de stockage parisienne, d’où partent les livres vendus. Grenoble solidarité, une ressourcerie qui donne une deuxième vie à des meubles, des vêtements et des livres, est aussi une entreprise de travail temporaire d’insertion qui dispose également d’ateliers. Le partenariat avec RecycLivre convient bien à double titre. L’entreprise doit faire face à des flux irréguliers d’activité, tandis que la prestation pour RecycLivre est une activité qui peut se traiter dans la durée. Ils vont de ce fait pouvoir équilibrer la charge de travail des 22 personnes en insertion.

recyclivre_entrepot-1Par ailleurs, Grenoble Solidarité va s’appuyer sur l’activité de RecycLivre pour renforcer la filière de recyclage papier-carton avec le rebus papier des livres, qui représente en général environ 40 % des volumes. RecycLivre vient d’être rapproché par Tremplin 01, également entreprise d’insertion/ressourcerie, qui souhaite étudier la possibilité de mettre en place le même partenariat qu’avec Grenoble solidarité. RecycLivre Rhône-Alpes a donc un bel avenir devant lui.

Plus d’infos sur www.recyclivre.com / Contact : Vincent Chevallier, vincent.chevallier@recyclivre.com, téléphone 04 82 53 36 08 ou 06 61 87 67 96.

Un web-documentaire en milieu rural : « Au village, sans prétention »

Au village, sans prétention a été réalisé suite à un appel à projets audiovisuel et à une résidence de territoire de deux mois. Au cours de cette résidence, Julien Malassigné et Jean-Baptiste Fribourg se sont immergés dans le quotidien du village de Parisot dans le Tarn-et-Garonne. Regards d’urbains sur les transformations actuelles du monde rural…

L’intitulé de l’appel à projets, lancé par l’association Le fond et la forme, portait sur le thème suivant : « La fin du village. Nouveau départ » et sur le village de Parisot en particulier, situé dans le Tarn-et-Garonne. Julien Mallassigné et Jean-Baptiste Fribourg partent tout d’abord en repérage pendant une semaine à Parisot, histoire de prendre la température de ce village du Sud-Ouest et aller à la rencontre de ses habitants.

Outre un très bon accueil, ce repérage leur permet de changer leur point de vue de départ. En effet, à Parisot, pas de néo-ruraux, juste un village luttant pour sa survie et pour rester dynamique, bien loin de cette vague de nouveaux villages qui émergent ici et là. Situé à une quinzaine de kilomètres de Villefranche-de-Rouergue, Parisot est une commune de 500 habitants, qui compte un bar, des commerces, une école, avec une centaine d’enfants, ainsi qu’un pôle médical. Les habitants travaillent pour l’essentiel sur place en tant qu’artisans, commerçants ou agriculteurs. Parmi eux, quelques-uns sont ouvriers au sein des usines d’un sous-traitant d’Airbus, situées à environ ¾ d’heure de route. Une forme de « prolétariat rural », d’après Julien Malassigné.

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La résidence s’échelonnera sur deux séjours d’un mois, donnant lieu à la construction d’un web-documentaire en cinq séquences de 10 à 20 minutes chacune. Au village, sans prétention s’articule au final autour des figures principales de Parisot, qui par leurs métiers et leurs fonctions font en sorte de garder ce village bien vivant : le maire, le médecin, les jeunes paysans, les gars du coin et les nouveaux ruraux. A travers ces cinq séquences se forme peu à peu le portrait d’un village, qui essaye de se réinventer, modestement, et auquel ses habitants restent attachés, avec pour certains des départs suivis de retours…

Un web-documentaire à voir, à diffuser, à projeter…

A voir sur placedelahalle.tv

Et sur lefondetlaforme.org/webdoc/au_village_sp/index.html

Julien Malassigné et Jean-Baptiste Fribourg font partie de la société de production audiovisuelle La Société des Apaches, résidente de Locaux Motiv’. Ils ont déjà réalisé ensemble, en 2014, un premier web-documentaire intitulé No es una crisis. Plus d’infos sur lasocietedesapaches.com.