Retour sur l’AG 2015 : un haïku aux petits oignons !

Cette année, le rapport d’activités 2015 de Locaux Motiv’ (LM) — à télécharger en pdf ici, et ses annexes là — non seulement a été terminé dans les temps, mais ne comporte pas de conclusion ! Pourquoi ? parce que le projet associatif de LM s’est inscrit en 2015 dans un processus de transformation qui va courir au moins sur deux ou trois exercices.

Le président avait concocté pour l’assemblée « un PPO » – lire « un programme aux petits oignons » -, dans lequel les échanges de la journée, entrecoupés de moments conviviaux, étaient partagés entre une matinée consacrée à l’assemblée générale institutionnelle et l’après-midi, à deux ateliers de réflexion.

Le tour des commissions

Côté finances, c’est le rappel de « la task force », qui a abouti à l’installation de huit postes nomades et à l’agrandissement de l’open space, projet pour lequel l’association peut se féliciter. Cette task force a été ressentie comme emblématique de la manière dont se font les choses à Locaux Motiv’ : de bonnes idées, de l’intelligence partagée et une bonne dose d’énergie mise en œuvre ! Elle donne également aujourd’hui une assise financière qui permet de prendre des risques ! Autre point-phare de la finance, l’embauche d’une comptable, Alice Dupuis, dont LM assure la gestion de sa mise à disposition dans certaines structures membres de l’association.

Pour la communication, le chantier signalétique a été mis en stand-by, en raison des réflexions de changement en cours. La commission souligne la parution de la newsletter, dont la vitesse de croisière est désormais stabilisée, et l’implication de Justine, en service civique en 2015, à l’articulation entre la commission coopération et la commission communication, dont elle est désormais référente.

La commission coopération exprime, pour sa part, un essoufflement et fait appel aux bonnes volontés.

Du côté de la commission accueil, des efforts ont été faits pour canaliser mieux les nouvelles demandes (entrants à LM, locations de salle, postes nomades) au travers des outils d’inscription, désormais disponibles en ligne.

La commission technique s’est occupée de mener la coordination des artisans pour des chantiers dont LM n’a ni la compétence ni le pouvoir de décision.

La commission relations institutionnelles se félicite de la dynamique des échanges avec les collectivités territoriales, dont le regard sur LM a beaucoup évolué.

Enfin, la commission juridique s’attelle à la réalisation du document unique de sécurité.

Une conclusion ouverte

Au final, un beau dynamisme des commissions en 2015, mais dont le fonctionnement suscite deux interrogations de fond : la rotation au sein des commissions au-delà du renouvellement des membres et la spécialisation, avec le temps, des personnes, qui comporte un risque de fragilisation de la structure en cas de départ. Le mode projet, à l’inverse, peut s’avérer très efficace, car la demande en investissement est ponctuelle et fléchée.

La redéfinition du projet associatif en cours amène à conclure que c’est la dernière fois que le rapport d’activités est présenté en trois axes (mutualisation, coopération, mutualisation). Présentation du rapport d’activités 2015 et de ses annexes.

Les projets du volet animation

Emmanuelle Jouas, la chargée de développement de LM, a ensuite présenté les différentes actions développés par le volet animation, dont seuls les intitulés seront cités ici, car elles font l’objet d’un article à part (« Ouvrir, démontrer et accompagner ») : Coding goûters, Goûters découverte, Jeun’Ess d’Or, animation de la plateforme Rhône Solidaire, dispositif en partenariat avec Ronalpia, Coworking Tour…

Au travers de cette année d’activités menées en partenariat, LM a acquis une reconnaissance auprès des partenaires institutionnels et cherche son articulation avec les différents acteurs privés. LM a besoin d’une mobilisation plus importante pour que les missions réflexion/stratégie et mise en œuvre opérationnelle soient pleinement exercées. Un chantier « besoin et suivi en ressources humaines » est aujourd’hui lancé, afin d’être en mesure de déterminer la réponse à apporter à la montée en puissance du volet animation de LM, réelle et souhaitée.

29 : le chiffre d’or ?

Avec un compte de résultats positif et une rationalisation des budgets menée par Alice, les documents financiers sont approuvés à l’unanimité. La matinée se termine par l’élection des nouveaux membres du conseil d’administration. En dehors des 19 résidents membres de droit, 3 membres usagers et 7 membres sympathisants sont élus, pour un total de 29 administrateurs.

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Remue-méninges et projections vers l’avenir

Après un repas, pendant lequel chacun était invité à écrire un haïku de quatre lignes sur LM, dont le gagnant est présenté en exergue de l’article, les ateliers de réflexion se sont déroulés en deux temps autour de deux questions, déclinées en deux nouvelles propositions, dont on vous livre le contenu ci-dessous. Les réponses sont le fruit d’une synthèse :

Question n° 1 : Si Locaux Motiv’ n’existait pas, que manquerait-il, pour soi et pour le monde ?

– [Il manquerait pour moi] « un environnement de travail convivial, solidaire, dans lequel se partagent des idées, des énergies, du sens collectif et de l’enrichissement mutuel ».

– [Il manquerait pour le monde] « une preuve qu’un modèle alternatif porteur d’une âme collective et citoyenne est possible ».

Question n° 2 : Dans deux ans, que veut-on que soit Locaux Motiv’, dans son fonctionnement entre les adhérents et dans les relations avec l’extérieur ?

  • Structurer le lieu en deux axes bien identifiés : espace de coworking et tiers-lieu, facilitateur de projets et pôle de ressources et d’accompagnement d’initiatives qui agissent dans le sens de la transition sociétale ;
  • Professionnaliser la ressource humaine afin que l’investissement bénévole consacré à l’autogestion du lieu se réoriente vers des projets plus stimulants ;
  • Redéfinir les rapports avec les institutionnels par un passage en coopérative ou en société coopérative à intérêt collectif (scic), statuts permettant de les associer différemment, tout en favorisant l’autonomie financière et politique par une diversification de l’offre de services et de formation par les membres adhérents ;
  • Essaimer le projet, afin que LM, relais bien identifié de l’ESS, développe de manière décentralisée son modèle dans d’autres lieux plus thématiques (artistiques, créatifs…).
Photos Creative Commons CC BY-SA : Bertrand Paris 

On tourne à Jeun’ESS d’or

Dans le cadre de la programmation des ateliers Jeun’ESS d’or, quatre jeunes ont participé dans les murs de locaux Motiv’ (LM), du 29 février au 4 mars dernier, à une initiation à la vidéo, animée par l’association Service compris, adhérente à LM.

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A ces jeunes, qui rencontrent de nombreux obstacles face à l’emploi – absence de diplôme et de formation, origines –, il a été proposé « une lettre filmée » : mettre en scène un entretien d’embauche, en tournant en dérision tout ce qu’on peut demander aux jeunes d’aujourd’hui. Résultat : on assiste à l’échange entre le recruteur, le patron de la boulangerie Sandwichinho, qui attend tout du candidat : des diplômes à revendre, de l’expérience professionnelle, des horaires hyperfractionnés et un salaire au smic, et un jeune qui est en mesure de dire oui à tout (master coupage de pain, BTS sauce…).

JeunESS cine JJB

L’expérience s’est montrée très enrichissante pour ces quatre jeunes, immergés pour une semaine au sein de LM, partageant l’environnement et les repas. Côté atelier, ils ont coécrit le scénario, se sont répartis en deux équipes de deux – une à la caméra et au son et l’autre au jeu d’acteur – et ont à nouveau en commun fait le montage du film et son making-off, qu’on peut voir à la suite du film.

Le dispositif Jeun’ESS d’or est le fruit d’un partenariat entre Locaux Motiv’, les Cités d’or et la Mission locale. Les jeunes ont pu présenté leur réalisation devant les partenaires et exprimé leurs retours d’expérience. A refaire !!!

Vous pouvez regarder le film en cliquant sur le lien suivant : Sandwichinho

crédits photos : Jean-Jacques Bernard

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Arnaud Carpentier, « j’aime les lieux de brassage »

Arnaud Carpentier est content de l’organisation qu’il a réussi à mettre en place, lui permettant d’allier sa vie personnelle, le travail et ses aspirations à s’investir dans l’associatif, car, avoue-t-il à demi-mot, « je suis revenu de l’investissement politique ».

En prenant la location d’un bureau à Locaux Motiv’ en janvier, il quitte deux ans et demi de travail à domicile « où la frontière perso/pro ne se fait pas ».

Arnaud, c’est un homme de réseaux et de contacts. Quand il raconte son parcours professionnel après un DESS[1] en management culturel à Aix-en-Provence, cet originaire de Tain-l’Hermitage retrace un enchaînement de missions « dans des boîtes de potes », dont celle qui l’a amené aux Cahiers du cinéma, où il s’occupe de la publicité. « Je ne suis pas un commercial dans l’âme », revendique-t-il, et les Cahiers lui offrent « un vrai positionnement dans leur défense du cinéma militant et d’auteur ».

Constitué en Sasu, société par actions simplifiée unipersonnelle, dans laquelle il est à la fois gérant et salarié, il travaille à distance en ne se déplaçant à Paris qu’une semaine par mois, occasion qui lui est donnée de garder les liens avec sa vie d’avant. Mais si son chiffre d’affaires progresse depuis qu’il est arrivé à Lyon trois ans plus tôt, il n’atteint pas le plein-temps. Il cherche donc de nouvelles missions « un peu plus dans le culturel ».

A Locaux Motiv’, il commence à prendre ses marques dans les bureaux, mais « j’aimerais maintenant les prendre dans mon investissement ». Il se reconnaît dans les idées sociales et politiques portées par Locaux Motiv’. « Les lieux de brassage », c’est son truc, et agir pour renforcer l’implication de Locaux Motiv » dans le quartier, ça lui irait bien.

[1] Le diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS), diplôme de l’enseignement supérieur de niveau bac+5 a été remplacé par la réforme Licence-Master-Doctorat (2003-2006) et l’harmonisation européenne des grades universitaires par le diplôme de master.

logo ACDLR

Le point de vue sur… la gonette par De l’Autre CôTé de la Rue

De l’autre côté de la rue, épicerie locale située dans le 3e à Lyon et adhérente-usagère de Locaux Motiv’, ne prend pas, à ce jour, la gonette. Explications.

Le projet d’une monnaie alternative est symboliquement fort, affirme Pierre, salarié-associé de l’épicerie, et nous ne sommes pas hostiles par principe à la monnaie locale lyonnaise, au contraire. Cependant, la gonette, telle qu’elle est instituée aujourd’hui, n’apporte pas vraiment de plus-value aux principes fondateurs de l’épicerie, et à sa charte.

De l’Autre CôTé de la Rue est très implantée au sein de réseaux de producteurs, de professionnels et de consommateurs actifs dans le domaine des circuits-courts à Lyon, qu’elle contribue à développer depuis une dizaine d’années. La gonette tente de s’appuyer en partie sur ce réseau organisé et autonome et sur d’autres, tout en visant beaucoup plus large. Or le suivi de la mise en œuvre concrète des éléments de la charte gonette par ces nouveaux acteurs reste à mettre en place, pour que la cohérence générale du réseau gonette soit lisible.

L’équipe de l’épicerie considère ainsi que la gonette ne va pas contribuer dans sa forme actuelle de manière suffisante au renforcement et au soutien d’un système économique vraiment alternatif, ayant des valeurs sociales et humaines fortes.

En second lieu, parce que De l’Autre CoTé de la Rue est au bout de la chaine commerciale et elle se verrait contrainte de changer une très grande partie de ses gonettes en euros auprès de la banque. Cette démarche serait soit très coûteuse pour l’épicerie, soit (si le système de taxation du change est supprimé) contre-productif pour la gonette et son sytème économique.

Finalement, le poids de son développement repose beaucoup sur les structures déjà très engagées dans les valeurs listées dans sa charte, mais le gain économique (en termes d’image notamment) bénéficie aux acteurs les moins engagés sur ces mêmes terrains :

– Pour les moins engagés : un faible impact logistique et un fort impact de communication

– Pour les lieux militants (et particulièrement pour les petites structures) : un fort impact logistique et financier, un surcroît considérable en temps de travail pour la gestion d’un moyen de paiement supplémentaire et un faible impact de communication (le public sensible à la gonette est déjà clients de ces lieux).

Pierre rapporte ainsi le sentiment de l’équipe, qui est d’étudier les dispositifs qui pourront être mis en place par la gonette pour compenser ces difficultés logistiques d’intégration pour les structures comme la sienne et de suivre avec intérêt les évolutions de ses orientations de développement.

NDLR: Cet article s’inscrit en complément de l’intérêt porté au projet de la gonette, évoqué lors d’un article précédent

Sylvère Angot, un thésard à Locaux Motiv’ !

sylvèreArrivé à Locaux Motiv’ en début d’année pour se joindre aux « nomades », Sylvère Angot planche actuellement sur sa thèse. Portrait.

Inscrit depuis 3 ans à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, en Sciences politiques et en sociologie, après un master 2 à Lyon 2, Sylvère s’intéresse à l’action publique et à la sociologie du travail.

L’axe de recherche de sa thèse concerne plus spécifiquement la question des réformes liées à la réduction des effectifs de fonctionnaires et à la fusion de services. Question d’actualité, s’il en est !

Sylvère a choisi de concentrer sa réflexion sur deux directions régionales en particulier : celle de la cohésion sociale et celle de l’équipement, de l’aménagement du territoire et du logement, qui dépendent, l’une, du ministère de la cohésion sociale et l’autre, du ministère du développement durable… Deux milieux, bien différents, qui intéressent Sylvère.

Après sa thèse, Sylvère projette d’intégrer un poste de post-doc à l’université puis de devenir maître de conférence. En dehors de la recherche, Sylvère est impliqué dans une association d’éducation populaire basée à Paris, qui se nomme Préfaces (réseau des Crefad), et propose des formations de développement personnel autour de l’esprit critique et de l’action collective.

Ce qui l’a motivé pour un poste nomade à Locaux Motiv’ ? L’envie d’écrire sa thèse dans un environnement propice aux échanges et découvrir le milieu associatif de la Guillotière, car il habite le quartier…

Nomade à Locaux Motiv’

Béatrice Weill

Suite de la série, entamée en septembre dernier, pour présenter les membres usagers de Locaux Motiv’, en poste nomade. Nouveau portrait.

Béatrice Weill : formatrice et consultante à Kaléido’Scop

Spécialisée dans les relations européennes et interculturelles, Béatrice a d’abord travaillé dans le secteur associatif sur la mise en œuvre de projets de mobilité internationale pour de jeunes adultes, axés sur le volontariat et la coopération. En 2011, elle intègre la coopérative d’activité et d’emploi Oxalis en tant que formatrice et consultante. Elle rejoint ensuite, en 2013, la coopérative stéphanoise Kaléido’Scop, collectif aux compétences multiples, qui développe une démarche d’animation participative à destination de nombreux acteurs (collectivités, associations, etc). Dans ce cadre, Béatrice a une mission d’accompagnement et de formation. Entrée comme nomade à Locaux Motiv’ depuis peu, Béatrice recherchait un lieu de travail collectif proche de chez elle (elle habite en effet la Guillotière), où elle puisse construire des relations localement et développer son activité.

Notre vie numérique nous appartient-elle ?

Le saviez-vous ? 98 % de ce qui est hébergé sur Internet l’est par des logiciels libres. En décodé, cela signifie que les logiciels qui hébergent données, sites, blogs ou orientent les pages Web sont sous licence libre ou autrement dit sont la propriété de tous. Ce chiffre est à mettre en rapport avec la nouvelle donne économique : ce n’est plus le pétrole qui fait la rente, mais les données des utilisateurs collectées sur Internet. En clair à nouveau, ce n’est plus l’Opep, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui tire l’économie mondiale, mais le Gafam – Google, Apple Facebook, Amazon, Microsoft ! Ces « géants de l’Internet » vivent de la vente d’ordinateurs et de la masse de données qu’ils accumulent (1,5 milliard d’utilisateurs sur Facebook, soit plus ou moins la population de la Chine et un cinquième de la population mondiale).

Framasoft romains

Fait inédit dans l’histoire humaine, mais qui a commencé dans les années soixante-dix, avec Bill Gates pour Microsoft et Steve Jobs pour Apple. Grâce à la clairvoyance d’un chercheur américain, Richard Stallman, qui a anticipé les changements de l’informatique dans nos vies, le mouvement du logiciel libre est né, au même moment, en réponse à cette évolution hégémonique de captation du logiciel. En créant le concept de licence libre, qui permet le partage et la modification par chacun des logiciels, Stallman a réintroduit des valeurs de solidarité et d’égalité au sein de l’économie de l’Internet et a lancé la communauté des communs du logiciel libre.

Le logiciel libre : un commun

Faire du logiciel libre un bien cFramasoft_Logoommun, cela revient à le considérer comme une ressource qui doit se gérer collectivement. Ce qui réunit les gens, c’est l’effort commun pour assurer à tous l’accès et la gestion de cette ressource.

L’association Framasoft, créée en 2004, dont le siège social (deux des quatre permanents) est hébergé à Locaux Motiv’, est une association d’éducation populaire, qui, à la fois, promeut un ensemble de logiciels libres et qui accompagne cet enrichissement de la ressource sur Internet d’un travail de (ré-)appropriation par chacun de son pouvoir sur sa vie numérique.

3 bonnes raisons d’y réfléchir

L’objectif de Framasoft est de nous donner les informations les plus justes afin qu’on puisse faire des choix et qu’on ait la connaissance des conséquences de nos actes. Cela pour trois bonnes raisons. La première, parce que le système actuel emporte avec lui notre vie privée et qu’on ignore l’usage qui en est fait. La seconde, c’est pour nous offrir la possibilité de mettre nos actes en cohérence avec nos valeurs. Enfin, c’est pour nous amener à devenir maître de notre numérique, non seulement pour notre propre compte, mais également pour celui des autres, quand, par notre action sur Internet, on les entraîne dans un système qui leur est nuisible !

Une communauté d’usage

Maintenant prendre le pouvoir dans notre vie numérique, c’est accepter de changer ses habitudes et accepter l’effort que ça demande. Utiliser un logiciel libre, c’est s’en servir, contribuer à le faire évoluer et transmettre ses connaissances aux autres. La consommation passive n’est pas de mise, mais, pour autant, il n’est point besoin d’être un expert pour participer. Il suffit de s’y intéresser et les contributions sont à la hauteur de chacun. Alors à votre souris !

Pour en savoir plus : Framasoft, framasoft.org et degooglisons-internet.org

Les beaux jours des coopératives d’habitants

GrandCouleur2Fede2Depuis dix ans, Habicoop, association pour la promotion et l’accompagnement des coopératives d’habitants,  œuvre à travers toute la France, depuis son siège social à Lyon. Le mouvement se développe et les projets se multiplient, notamment grâce à la loi pour l’accès au logement et à un urbanisme rénové dite loi Alur, votée en mars 2014, à laquelle Habicoop a fortement contribué. L’émergence de quantité de nouveaux projets est venue imposer la nécessité de structurer ce mouvement. Habicoop s’est constituée en une Fédération nationale des coopératives d’habitants, destinée à militer pour la reconnaissance de cette voie alternative du logement (la fameuse « troisième voie » entre la propriété privée individuelle et le logement social). Avec des missions bien distinctes, la nouvelle association Habicoop Aura (pour Auvergne-Rhône-Alpes) devient l’un des relais locaux en région de la Fédération nationale.

La Fédération Habicoop : la traduction d’une réussite

Le Village vertical de Villeurbanne, qui, depuis 2013, est la première coopérative française d’habitants, a ouvert la voix, en tant que projet pilote. Il a nourri la loi Alur, qui reprend les statuts et les valeurs des coopératives d’habitants portées par Habicoop et fait la démonstration qu’un essaimage est possible. Malgré les avancées, du chemin reste à faire : l’action de lobbying auprès des pouvoirs publics doit se renforcer et le mouvement doit trouver une ampleur nationale. La Fédération reprend ces deux objectifs à son compte.

VIL VERTIC

Le premier volet, le plus pressant, c’est le suivi de l’écriture des décrets d’application de la loi Alur pour que ses principes deviennent effectifs. L’autre volet revient à faire vivre le développement des relais en région. L’objectif est de permettre la création d’associations régionales, que la Fédération se propose de coordonner, en organisant la professionnalisation des acteurs et la mise en place d’outils d’accompagnement, notamment financiers. La Fédération souhaite se doter prochainement  d’un fonds de mutualisation des coopératives d’habitants pour soutenir les projets locaux.

La légitimation d’un montage spécifique de l’habitat participatif

Les valeurs portées par les coopératives d’habitants définissent un choix bien spécifique de l’habitat participatif  : un projet démocratique et non spéculatif, qui s’oppose à une gestion de copropriété classique aux tantièmes et source d’investissement locatif. La coopérative d’habitants est une propriété collective, qui constitue la résidence principale de tous les coopérateurs, qui ont chacun une voix dans les instances décisionnelles. L’entretien et l’animation des parties collectives sont assumés par les coopérateurs.

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La création de la Fédération permet ainsi de veiller au respect des valeurs portées par la Charte d’Habicoop. Concernant la non-spéculation, la Fédération va désormais prendre un part sociale dans chaque coopérative et aura sa voix et ainsi un droit de veto pour toute modification statutaire pouvant entraîner une dérive. Les autres valeurs coopératives seront garanties par la révision coopérative, qui est devenue obligatoire par la loi relative à l’économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014.

La naissance des relais locaux

La Fédération compte aujourd’hui deux relais locaux : Habicoop Aura en Auvergne-Rhône-Alpes et Atcoop en Aquitaine. La possibilité de monter une association régionale en Languedoc-Roussillon est en cours de finalisation, et une autre en Normandie est actuellement à l’étude.  Chaque relais aura pour mission l’accompagnement des projets et des actions de lobbying menées auprès des partenaires locaux, dont l’approche sera facilitée par cette légitimité et visibilité nationale.

Habicoop Aura, qui garde son siège social au même endroit que la Fédération, à Locaux Motiv’, peut aujourd’hui se concentrer sur les projets en cours, notamment la coopérative Chamarel-les-Barges, dont la construction débutera prochainement à Vaulx-en-Velin.

Le Gesra, la voix des épiceries sociales et solidaires

 

GESRA logoNé il y a onze ans à l’initiative de six épiceries sociales de la Région Rhône-Alpes, le Groupement des épiceries sociales et solidaires Rhône-Alpes est une structure associative qui concourt à la promotion, la mise en réseau, le soutien, l’accompagnement et le développement de ses 42 épiceries adhérentes aujourd’hui.

Le GESRA ne défend pas un modèle particulier d’épicerie, il défend des valeurs et des principes de fonctionnement et œuvre dans ce sens à une vision de l’aide alimentaire, qu’il tente de faire valoir auprès des collectivités territoriales et plus largement auprès des institutions nationales.

Peux-tu développer les grands principes défendus par le GESRA ?

Les épiceries sociales et solidaires permettent de promouvoir l’accès des personnes à une véritable citoyenneté économique en donnant la possibilité au public accueilli de choisir les produits qu’il souhaite consommer et en vendant, à prix réduit (10 à 50% du prix du marché), des denrées de qualité.

Les épiceries sociales et solidaires assurent également un accompagnement social individuel et collectif. Le plus souvent animé par un travailleur social présent au sein de la structure, l’accompagnement individuel se traduit par l’engagement du bénéficiaire dans un projet personnel défini en termes d’objectifs et de durée. L’accompagnement collectif, sous forme d’ateliers, favorise le lien social et la valorisation de la personne.

Enfin, la participation des bénéficiaires dans la vie de la structure, en partenariat avec les salariés et les bénévoles, est importante pour la reconnaissance et le respect de la personne en tant que telle et non en tant que « personne aidée ». Cette participation peut aller des tâches très matérielles – faire l’étiquetage, gérer les rayons – jusqu’à la participation à la gouvernance de l’épicerie au sein du conseil d’administration.

Pourquoi parler d’épicerie sociale et d’épicerie solidaire ?

Les épiceries peuvent être accessibles à deux types de public : le public rencontrant des difficultés économiques (accès conditionné à des critères financiers) et qui bénéficie de l’achat des produits à prix réduit et le public sans difficulté économique qui achète les produits au prix du marché.

Les épiceries qui n’accueillent que du public en difficulté économique sont des épiceries sociales. Celles qui accueillent à la fois un public en précarité et, dans une proportion plus faible, un public sans difficulté économique sont des épiceries sociales et solidaires.

Le développement de la mixité de public au sein des épiceries favorise la création de relations solidaires et contribue à améliorer le modèle économique de la structure.

La Passerelle de l'eau de Robec, l'une des épiceries fondatrices du Gesra

La Passerelle de l’eau de Robec, à Lyon, l’une des épiceries fondatrices du Gesra

Quelles sont les missions du GESRA ?

A travers sa mission d’accompagnement des épiceries, le GESRA revendique une vision de l’aide alimentaire qui permette de sortir les bénéficiaires d’une certaine logique d’assistanat assez présente dans l’attribution de l’aide alimentaire en France.

Notre objectif est clairement d’aider les bénéficiaires à sortir de leur situation de pauvreté et de ne pas les installer dans des systèmes qui institutionnalisent la pauvreté.

Pour développer l’accès à une alimentation de qualité, le GESRA s’est beaucoup investi dans la recherche de partenaires fabricants et distributeurs de produits alimentaires, d’hygiène et d’entretien souvent biologiques. Le développement de la plateforme d’approvisionnement, au service des épiceries, est une de nos priorités. En particulier, la mutualisation des achats et la massification des flux logistiques nous permettent de proposer des produits de qualité à des prix accessibles pour les épiceries.

Quelle est l’actualité du GESRA ?

Le GESRA quittera LM à la fin de l’année pour s’installer dans les locaux d’une épicerie nouvellement créée à Villeurbanne. C’est pour nous une opportunité de se rapprocher des préoccupations du terrain et d’être encore plus à l’écoute et en phase avec les attentes de nos adhérents.

Première saison d’ateliers up’cycling avec EXIT – Sauve qui peut !

Locaux Motiv’, en partenariat avec Ronalpia, accompagne le développement d’Exit – Sauve qui peut, porté par Anne-Laure Letourneux, structure usagère de Locaux Motiv’.

La rentrée 2015 marque une nouvelle saison chargée d’ateliers pour toutes et tous ! Pour en savoir plus : Facebook ou A Little Market.

Pensez à la rentrée tout en créativité !

EXIT – Sauve qui peut ! prépare des ateliers innovants pour laisser parler votre créativité dès septembre 2015 : 

  • Ateliers réguliers, tout public, à prix libre, sur inscription, à l’extérieur… et toujours coopératifs, créatifs et à partir d’éléments récupérés. Les ateliers sont présentés ci-dessous, vous n’avez qu’à faire votre choix, à très vite !
  • Ateliers créatifs pour enfants
  • Créations libres, sans résultat pré-défini mais cadrées par des consignes tout au long des ateliers. Les enfants composent au sein d’un groupe respectueux de la créativité et des capacités de chacun-e. Sensibilisation à l’esthétique, aux arts plastiques, à la récupération…

Ateliers mensuels à Locaux Motiv’ (Lyon 7)

Le 3ème samedi de chaque mois de 15h à 17h
Les 19/09, 17/10, 21/11, 19/12 …
Inscription par mail : emmanuellejouas(a)locauxmotiv.fr, à l’extérieur par beau temps!
Prix libre (tarif proposé : 5€ / atelier)

 

Mais aussi ailleurs dans Lyon

Ateliers hebdomadaires à la Maison de l’enfance (Lyon 6)

Les mardi de 17h à 18h pour les enfants de 4 à 6 ans
et de 18h à 19h pour les enfants de 7 à 10 ans
A partir du 22/09, hors vacances scolaires
Inscription auprès de la Maison de l’enfance
Tarif : 193 à 305€ / an

Ateliers mensuels à la Maison de la Guillotière (Lyon 7), avec le Café Enchanté

Un mercredi par mois de 16h à 17h pour les enfants de 3 à 10 ans
Les 23/09, 14/10, 25/11, 16/12 …
Inscription auprès d’EXIT
Prix libre (tarif proposé : 8€ / atelier)
Ateliers coopératifs pour adultes ou tout public
L’upcycling : recycler en valorisant par une transformation, pour faire du neuf avec du vieux, à partir de récupération. Apprentissage de techniques de bricolage, fabrication d’objets du quotidien, customisation personnalisée, échange d’idées, de matériaux glanés et de savoir faire… Do it yourself !

Ateliers semi-mensuels à la Maison pour Tous / Salle des Rancy (Lyon 3) pour adultes

Les lundi de 20h à 22h
Une semaine sur deux, hors vacances scolaires :
Les 21/09, 05/10, 09/11, 23/11, 07/12 …
Inscription auprès de la Maison pour Tous, le samedi 5 septembre
Tarif : 135 à 162€ / an