Sylvie Bouko (CréaMigra), permettre à chacun.e de jouer son rôle dans la société

Franco-Belge, Sylvie Bouko est une grande voyageuse. Pendant quatorze ans, elle a travaillé dans plus de 25 pays, dans l’humanitaire, sur la réduction des risques liés aux armes, les initiatives de paix et de transformation sociale.

Après avoir passé cinq ans en Afrique, elle revient chez elle en 2009 et travaille sur les questions de l’interculturalité et du dialogue dans les écoles et les quartiers. « J’ai été heurtée par l’attitude de mes concitoyens envers les demandeurs d’asile et les réfugiés », pose Sylvie, comme le tournant dans sa vie qui l’a amenée jusqu’à aujourd’hui. Sept ans plus tard, elle quitte l’humanitaire et se met à son compte pour développer son propre projet autour de la question de l’accueil et de l’intégration des migrants.

En septembre 2016 naît Hopopila, entreprise sociale de consultance sur les initiatives de transformation de conflits. La consultance, toujours dans l’humanitaire, la fait vivre, mais son projet de cœur, c’est CréaMigra.

CréaMigra sur scène

CréaMigra, c’est « permettre la mise en lien directe des populations migrante et accueillante… par des actions de médiation socioculturelle pour tomber les préjugés, rompre l’isolement, lutter contre la stigmatisation et la discrimination ». La vision de CréaMigra est « une société solidaire où chacun.e se sent intégré.e, en sécurité et acteur/trice de la vie sociale. Où chacun.e partage un ensemble de valeurs et de règles de vie qui respectent et valorisent la diversité des origines et des cultures ». L’impact social visé est l’intégration socioculturelle des migrants et le renforcement de la cohésion sociale.

Selon Sylvie, les objectifs sont de « modifier les pratiques sociales, contribuer à l’éducation et bousculer les politiques ». Pour cela CréaMigra utilise la scène, le théâtre… « C’est comme une catharsis, dans laquelle les gens partagent des valeurs, apprennent la langue, abordent leur compréhension des différentes cultures et font l’expérience d’échanges réciproques. Le théâtre ne se limite plus à un lieu de représentation, il devient un lieu de transformation personnelle et sociale. »

Une référen(c)e à Locaux Motiv’

Sylvie est très soutenue dans le développement de son projet par Locaux Motiv’, où elle est arrivée comme nomade en 2016. Adhérente depuis deux ans, elle avait besoin d’un ancrage territorial et français. CréaMigra vient de passer avec succès la dernière étape d’un processus de sélection qui a duré trois mois et est aujourd’hui incubé par Ronalpia. « Je suis dans un apprentissage permanent des rouages sociaux et administratifs français, de l’ESS ainsi que de l’entrepreneuriat, et Locaux Motiv’ et Ronalpia sont de précieux alliés. »

Comme « l’autogestion ne se fait pas seule », Sylvie s’implique à Locaux Motiv’. Elle est deux fois référente, de la commission coopération et des JeudiWe. « J’ai découvert plein d’acteurs via la comcoop au-delà de Locaux Motiv’. » Bientôt, elle va animer trois ateliers théâtre dans le cadre de Jeun’ESS d’or. « Locaux Motiv’ est un formidable potentiel de développement », se réjouit Sylvie.

Un succès pour les premières Assises du coworking à Lyon !

Le 3 février a eu lieu la première édition des Assises du coworking, un événement co-organisé par Locaux Motiv’ et les autres espaces de coworking signataires de la Charte du réseau coworking Grand Lyon.

L’Embarcadère s’est transformé pour l’occasion en tiers-lieu le temps d’une journée.

Plus de 300 participants venus de toute la France étaient réunis pour réfléchir ensemble à la question des mutations du travail et les liens avec le coworking, autour de tables rondes, de conférences, d’espaces de rencontre…

La grande diversité du public (coworkers, entreprises, universitaires, start-up, collectivités) a favorisé les débats et les échanges, dans une ambiance conviviale. Quelques exemples de sujets abordés :

  • coworking et aménagement du territoire
  • nouvelles organisations du travail et coworking
  • les pratiques de coworking décalées
  • qualité de vie au travail
  • le coworking, outil de développement durable

La collecte des notes prises par les un.es et les autres est en cours : vous pourrez bientôt prendre connaissance de la teneur des échanges sur http://assisesducoworking.fr/.

Quelques retours presse de l’événement :

« Les cinq défis du coworking », la Tribune, 6 février 2007 ;

« Grand succès pour les Assises du coworking à l’Embarcadère de Lyon », , 3 février 2007 ;

« Dix-huit espaces créés à Lyon en sept ans  ! Les 1ères Assises mettent en évidence l’étonnant dynamisme du phénomène coworking », Lyon Entreprises, 4 février 2007.

Crédits photo : Ecoworking (CC BY-NC-SA 3.0 FR)

Mediacités Lyon en couveuse à Locaux Motiv’

par Nicolas Barriquand – cofondateur de Mediacités

Pas le dernier arrivé parmi les nomades, mais presque : depuis novembre, je pianote sur mon ordinateur au rez-de-chaussée de Locaux Motiv’. Mais pour quoi faire ? Journaliste depuis huit ans (j’ai pigé pour L’Express, Libération, Le Temps, Mediapart et d’autres…), je prépare l’arrivée à Lyon d’un nouveau média.

Quoi, encore un ?! Comme s’il n’y en avait pas assez ?

C’est juste ! Et pourtant, Mediacités, c’est son petit nom, sera utile. Je vous invite à lire notre manifeste.

Rembobinons… Avec six acolytes, journalistes pour la plupart, nous avons dressé un double constat :

1/ « Presse nationale » signifie presque toujours « presse parisienne » ;

2/ La presse locale, à quelques exceptions près, goûte peu à l’investigation.

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Mediacités sera un journal en ligne d’investigation et de décryptage multi-villes. Ni national ni local, mais les deux à la fois. Un journal indépendant : ni Niel ou Drahi en coulisses, ni publicité en vitrine. Vivrons-nous de belles infos et d’eau fraîche ? Non, nous vivrons grâce à nos lecteurs. C’est plus logique, non ? A l’image de Mediapart qui a ouvert la brèche, nous faisons le pari de l’abonnement, un moyen de redonner de la valeur à l’information. Nous faisons aussi le pari de la rareté. Mediacités ne court pas après l’actu. La promesse : une enquête, parfois deux, par semaine, et c’est tout. Mais des enquêtes inédites, exclusives, archi-fouillées, dans tous les domaines. Mediacités fait enfin le pari de ses lecteurs : les colonnes de notre « Forum » sont ouvertes à des tribunes ou coups de gueule d’associations ou de particuliers qui font vivre leur cité.

Pourquoi écrire soudain au présent ? Car Mediacités existe déjà. Depuis décembre 2016, nous publions à Lille. Pour voir ce que cela donne, c’est par ici : www.mediacites.fr.

Lyon sera notre deuxième déclinaison. Lancement au printemps – je vous redonnerai la date exacte. Suivront, en 2017, Toulouse et Nantes. Puis d’autres.

Si vous voulez en savoir plus, je suis à votre disposition : nbarriquand [at] gmail.com / 06 61 26 59 19.

Nicolas Barriquand

Auto-portrait de Julie Douglas, en service civique à EgaliGone

Je m’appelle Julie Douglas et suis originaire de Dublin en Irlande. J’habite en France depuis quatre ans ; j’y ai fait des études de français et decommerce et ai travaillé une année comme assistante d’anglais à Lille et une année à Nantes en tant que formatrice d’anglais. Je viens de terminer un master en ingénierie de projets en économie sociale et solidaire à Strasbourg, qui nous a amené.e.s à aller à la rencontre de nombreux projets innovants en France et en Europe. En outre, j’apprécie le yoga, la course à pied, danser le rock et lindy hop et chanter.

En 2017, je suis enchantée de rejoindre l’équipe très chaleureuse et travailleuse de l’institut EgaliGone en service civique ! J’ai eu la chance d’intégrer cette mission puisque c’est une thématique qui me paraît primordiale pour tous et toutes dans la pratique pédagogique des enfants et des futur.e.s femmes et hommes. J’estime que le travail sur les mentalités mené par EgaliGone constitue un vrai défi avec la montée actuelle du conservatisme. Avoir de l’empathie envers l’autre, être à l’écoute et avoir de la patience me semblent être essentiels pour favoriser de bonnes conditions de changement.

Pendant ma mission, je contribue au développement et à l’animation d’un réseau d’intervenant.e.s sur la thématique de l’égalité filles-garçons afin de faciliter leur rencontre et l’échange de bonnes pratiques relatives à leur posture professionnelle. De manière plus globale et continue, je repère des pratiques éducatives égalitaires chez nos publics (veille numérique/entretiens), en particulier des modalités d’intervention auprès de la jeunesse (fiches pédagogiques…), afin de les partager sur notre site Internet. Au niveau personnel, je m’efforce de proposer la mise en place d’actions de développement et de communication auprès de nos publics et de nos membres. De plus, je souhaite me former dans la sensibilisation des professionnel.le.s aux études de genre.

Je trouve que le projet de Locaux Motiv’ est très captivant et unique parmi le maillon d’acteurs de l’économie sociale et solidaire en France. La mutualisation des moyens humains, physiques et intellectuels est avant-garde et pertinent. Lors de ma première visite à Locaux Motiv’, j’ai été impressionnée par son aspect aéré et lumineux. C’est effectivement la cerise sur le gâteau que tous et toutes les résident.e.s sont souriant.e.s, positif.ve.s et ouvert.e.s au partage. Après deux mois j’estime que Locaux Motiv’ est un véritable « hub », une sorte de jardin partagé où idées et nouvelles amitiés y sont cultivées, où il y reste toujours un fond de café pour ceux et celles qui sont presque au bout, et là où il y a des oiseaux qui t’accompagnent lorsque on prépare un plat à la cuisine. En résumé, la coopération et la co-construction sont des valeurs fleurissantes dans ce tiers-lieu !

Pour en savoir plus : le site de l’institut EgaliGone

I-Boycott : faire confiance à l’intelligence collective

En juin 2016, l’association I-Boycott ouvre sa plateforme de campagne de boycott sur Internet. Une première. Son objectif : redonner le pouvoir aux consommateurs « démunis face aux multinationales malades de leur emprise par les actionnaires, dont le seul souci est la maximisation de leurs profits », explique Levent Acar, cofondateur d’I-Boycott. Par le biais de ces campagnes lancées au début par l’association elle-même, puis par des associations – la plateforme sera ouverte aux citoyens en janvier 2017 – I-Boycott entend faire de « l’éthique un facteur de risque économique ».

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Un boycott encadré

I-Boycott ne veut pas mettre à mal les entreprises pour le plaisir. Elle s’est donnée à la fois un cadre légal et démocratique. « Nous suivons quatre principes incontournables pour que les campagnes soient efficaces et bienveillantes », commente Levent Acar. Toutes les campagnes, pour lesquelles un guide est accessible sur le site, respectent les principes de non-discrimination, non-diffamation, non-dénigrement et non-contrefaçon. De cette manière, un climat de confiance s’instaure pour permettre un dialogue avec l’entreprise. C’est là la spécificité et l’originalité d’I-Boycott : donner la main à l’entreprise pour qu’elle exerce son droit de réponse et pour qu’elle puisse agir en fonction des revendications.

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Une joute démocratique

Concrètement comment cela se passe ? Une association X publie sur la plateforme une campagne de boycott à l’encontre d’une entreprise Z, sur un motif bien précis : exemple l’évasion fiscale qu’elle pratique. Les consommateurs boycottant exercent quant à eux leur boycott, toujours en ligne, en affirmant leur désaccord et – autre originalité du projet – en proposant des alternatives. L’entreprise dialogue avec la communauté de consommateurs ainsi constituée, et le processus démocratique aboutit quand, l’entreprise donnant satisfaction à la revendication, la campagne est levée. Au final, conclut Levent Acar, « on découvre de nouvelles alternatives et, par le vote, on crée un label citoyen, gage de qualité et d’éthique ».

Un modèle économique inédit

L’association est fondée sur l’économie du don uniquement ! Après une campagne de crowdfunding lancée sur les réseaux sociaux qui a réuni plus de 500 contributeurs, I-Boycott, actuellement gérée par une vingtaine de bénévoles, table sur le mécénat. Reconnu d’intérêt général, I-Boycott envisage de s’adresser aux entreprises présentées comme des alternatives lors des campagnes de boycott qui sortent gagnantes de l’expression citoyenne.

Et Locaux Motiv’ dans tout ça ?

Levent Acar donne pour première réponse : « C’est un tiers-lieu qui n’est pas arrosé par les fondations de grandes entreprises. » Ingénieur informatique de profession, Levent Acar, après une rupture conventionnelle, fonde avec son frère, l’association I-Boycott. Les deux frères se donnent un an pour pérenniser économiquement leur initiative. Autant, Levent doit encore décider si « la méthodologie du coworking est adaptée à sa situation », autant il se réjouit des rencontres qu’il fait à Locaux Motiv’ depuis qu’il est arrivé début octobre. « Les rencontres sont riches et inattendues, et comme il y a beaucoup d’associations, c’est une vraie immersion dans l’économie sociale et solidaire », conclut Levent Acar.

Pour en savoir plus sur ce projet, retrouvez Levent Acar lors du JeudiWe du 1er décembre prochain, à Locaux Motiv’ ou sur le site I-boycott.org, notamment grâce à la BD I-Boycott !

 

Le rêve Emericain…

Émeric Agboton a 21 ans et vient du Bénin. Après un bac + 2 en commerce international, il choisit de venir en France pour poursuivre des études en informatique, mais il n’est pas retenu dans les formations lyonnaises où il avait postulé. Alors, à son arrivée il y a cinq mois, il s’inscrit à la Mission locale pour construire son projet différemment.
e-agboton2La Mission locale l’intègre dans le programme « nouveau départ », d’une durée de un mois, qui doit ensuite déboucher sur le programme « garantie jeunes ». Mené en partenariat avec Locaux Motiv’ (LM) et les Cités d’or dans le dispositif intitulé Jeun’ESS d’or, le programme « nouveau départ » consiste, pour les jeunes, à suivre des ateliers « avec des professionnels de divers horizons pour découvrir des métiers et apprendre sur soi-même », explique Émeric.
Emeric l’a donc suivi pendant le mois de septembre, participant aux ateliers organisés par Mobiped ou La Bricolerie, notamment. Une première approche de Locaux Motiv’. Puis Locaux Motiv’ lui a proposé de faire un service civique pour LM en étant spécifiquement rattaché aux projets développés par LM, ce qu’il a accepté sans hésiter, même si cela lui fait faire un crochet par rapport à son projet initial.
Au sein du dispositif, Emeric est chargé du suivi du projet en collectant des informations, aussi bien descriptives qu’analytiques. « Je dois donner aussi mon point de vue sur le déroulement des journées », raconte-t-il. « Je suis également un relais pour les jeunes auprès de Jeun’Ess d’or. Je fais aussi l’accueil avec le café. » A la fin, il préparera un bilan pour les financeurs.
Commencé en octobre, son service civique durera jusqu’en août. Jusqu’en décembre, il observera quatre « nouveaux départs », puis, en janvier, il changera de dispositif. Après une formation en informatique – on y revient – il participera aux Coding goûters.
Si Émeric a choisi Lyon parce qu’il a de la famille, il se sent tout de même un peu seul. Il est content qu’une rencontre soit prévue prochainement entre les jeunes en service civique à LM, à l’Afev et à Mozaïc RH.

Les succès de la campagne Dégooglisons Internet

En 2014, Framasoft lance la campagne « Dégooglisons Internet », en se fixant trois missions en trois ans : sensibiliser le public le plus large possible à la question de la centralisation du Net, autrement dit sa colonisation par les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, lire notre article précédent) ; proposer une trentaine de nouveaux services alternatifs à ceux des Gafam, répondant à des critères de loyauté, libres de publicité, sans exploitation des données personnelles et au moyen de logiciels libres – définition en creux des services que proposent les Gafam… ; enfin, décentraliser Internet par l’essaimage de Framasoft, qui refuse de suivre le chemin des Gafam, dans le but d’offrir une meilleure  visibilité sur les logiciels communs. Ces objectifs à l’origine devaient être atteints en 2017 et ils l’ont tous été en 2016 !

Créer le buzz

Pour souffler sa deuxième bougie de campagne et créer le buzz, Framasoft a sorti en une semaine six nouveaux projets, atteignant ainsi les 30 services en logiciels libres annoncés en 2014 (voir ci-dessous).
Lundi 3/10. Framalistes.org, une alternative à Google Groups, permettant de créer, sans être obligé d’avoir un compte, des listes de diffusion pour l’échange de contenus. Depuis son lancement, 500 listes ont été créées, comptabilisant 5 000 inscrits.
Mardi 4/10. Framanotes.org, une alternative à Evernote (qui n’est pas développé par un Gafam), destiné à la création et à l’organisation de notes pouvant être partagées.
Mercredi 5/10. Framaforms.org, une alternative à Google forms, pour concevoir des formulaires, dont l’analyse des résultats est rendue possible par leur téléchargement. Le moyen de retirer à la convoitise de Google des millions d’informations.
Jeudi 6/10. Framatalk.org, une alternative à Skype (propriété de Microsoft), plus simple à utiliser, sans compte, avec une mise en relation directement dans le navigateur Web.
Vendredi 7/10. Framagenda.org, une alternative à Google Agenda.
Lundi 10/10. MyFrama, un service de stockage d’URL (adresses Web) ou autrement dit un système de Favoris en ligne et non sur l’ordinateur.

carte2016-romainsPour retrouver la liste complète des services : https://degooglisons-internet.org/liste

Pour le maintien du logiciel libre

Dans cette campagne, Framasoft a fait une 7e annonce : l’anticipation du projet d’essaimage, appelé, après mûre réflexion, « CHATONS », pour « collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires » !
Framasoft se veut être « une Amap1 du logiciel libre », et la métaphore tient la route. CHATONS est un réseau présentant sur une carte du monde d’autres Amap ou associations qui développent des logiciels libres ! Ainsi les gens qui font de l’informatique peuvent se rencontrer, discuter et participer, contrairement au fonctionnement des Gafam, qui, par la mise à distance des utilisateurs, les confinent au rang de consommateurs. Ici, on sait que les logiciels seront améliorés par l’apport des utilisateurs.
Mais le système comporte aussi les inconvénients de l’Amap. Il y a une tendance à la production restreinte : la terre d’un agriculteur ne peut servir qu’un nombre limité de citoyens, tout comme les serveurs de Framasoft ne peuvent servir qu’un nombre limité de visiteurs, et les logiciels libres n’auront jamais les mêmes moyens que les Gafam.

Petites révisions sur les Gafam

Alors pourquoi lutter contre les Gafam ? Grâce à leur capitalisation boursière, les Gafam sont devenus en quelques années les cinq plus grosses entreprises mondiales. Elles sont désormais les maîtres de l’économie, dont l’influence n’a pas été anticipée. La collusion entre les États et les Gafam représente un danger inédit, car, par leur captation de l’information, elles agissent comme des espions sur toute la planète. Aujourd’hui les États, et notamment les États-Unis, ne peuvent plus se passer des Gafam. Un véritable empire du numérique américain s’est constitué, qui, à l’instar du plan Marshall d’après-guerre, vend au monde un modèle de vie.

Le modèle de vie à la sauce Gafam

stickerdio_apple-2Google, c’est la concrétisation du village mondial théorisé dans les années 1980. Un milliard d’êtres humains utilisent Gmail ! Il faut imaginer un service postal mondial contrôlé par une seule personne.
Apple impose une domination culturelle en termes de normes de design, qui dépassent l’esthétique puisque, au sein des applications, par sa censure, Apple édicte des normes sociales et morales.
Pour Facebook, l’objectif est de construire un graphe social qui enregistre une traçabilité des interactions entre les personnes.
Amazon, c’est le grand commerce des produits manufacturés, notamment des livres, qui tuent les librairies.
Microsoft, avec Windows, détient 80 % des parts de marché des ordinateurs – quand Apple a le reste – et investit massivement dans l’intelligence artificielle, qui, dans peu de temps, concernera tous les domaines de la vie quotidienne (voiture, santé, ADN, robotique…).

Voici venu le temps des communs

A cette vision du monde imposée par les Gafam, Framasoft veut apporter le seul projet politique qui la contrecarre : les communs, et ici les logiciels libres. Framasoft veut, en quelque sorte, tirer la sonnette d’alarme, face à ce qui avant pouvait être pris pour de la science-fiction et qui aujourd’hui est une réalité. D’autant que leur essor ne fait l’objet d’aucune réflexion préalable – il n’existe en effet aucun comité d’éthique dédié aux questions soulevées par le numérique. Framasoft n’entend pas jouer David contre Goliath ou concurrencer ces mastodontes, elle cherche à agrandir l’espace du bien commun pour collaborer au montage de projets numériques sans l’utilisation des Gafam. Il s’agit d’un choix politique et individuel à faire !

Pour en savoir plus : Framasoft, framasoft.org et degooglisons-internet.org

  1. Association pour le maintien de l’agriculture paysanne.

Covoit’Ici… et au-delà !

JpegPrendre un ticket pour un trajet en voiture comme on prend le bus, c’est l’idée développée par Ecov et son projet de covoiturage public Covoit’Ici. Depuis septembre dernier, la société parisienne a établi ses quartiers régionaux à Lyon, avec un bureau à Locaux Motiv’.

Sur place, l’équipe est composée d’Olivier Maffre, chargé de développement régional, épaulé par Justine Poder, stagiaire. L’un et l’autre ont suivi le master Altervilles entre l’IEP de Lyon et l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne, axé sur les politiques et stratégies urbaines. Leur mission est de mettre en place les partenariats publics et privés qui permettront de concrétiser dans les prochains mois ce dispositif de covoiturage public sur de courtes distances, encore inédit en Auvergne-Rhône-Alpes. « L’approche est similaire à celle des transports publics », souligne Olivier. « Il s’agit de mobiliser les sièges libres en voiture pour proposer un service de covoiturage et ainsi améliorer l’accessibilité en milieu péri-urbain comme dans les zones rurales ».

Covoitici n’est pas blablacarcovoitici

Actuellement, le projet piloté par Ecov depuis son siège parisien, a posé ses premiers jalons en Ile-de-France, dans le département du Val d’Oise, autour de Cergy-Pontoise, où une dizaine de stations sont déjà installées. Le service Covoit’Ici repose en effet sur la présence de stations de covoiturage connectées qui permettent au passager de prendre son ticket pour un trajet puis d’attendre le passage d’un conducteur. Un panneau permet au potentiel conducteur de repérer quant à lui le trajet et la demande du passager. Si le trajet est sur son parcours, il s’arrête. Le passager donne ensuite son ticket au conducteur qui pourra être remboursé, via le site de Covoitici, pour le service rendu. En région parisienne, ce sont une vingtaine de stations qui sont en perspective. Pour l’agglomération lyonnaise, à suivre donc.

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Devenez coproducteur d’un projet documentaire sur la réalité du nucléaire !

Jusqu’ici tout va bien, projet porté par La Société des Apaches, structure résidente de Locaux Motiv’ est en pleine campagne de financement participatif. L’occasion de découvrir ce projet ambitieux auxquels tous peuvent s’associer. Jean-Baptiste Fribourg, producteur, répond aux questions !

Comment est né le projet ?

Au départ il y a la rencontre avec la réalisatrice Christina Firmino, qui souhaitait travailler sur la question du nucléaire civil en France. Son déclic à elle, c’est un gros coup de frayeur alors qu’elle se baladait dans le Bugey et qu’une sirène d’alarme s’est déclenchée. Elle a tout de suite pensé qu’il y avait eu un problème sérieux dans la centrale voisine ! Ce n’était qu’un exercice au final, mais la peur qu’elle a ressentie ce jour-là est restée gravée en elle. De là est née son idée de questionner la possibilité d’un accident nucléaire sérieux en France.

Quels enjeux à produire « un documentaire de plus » ?

C’est la première question qu’on s’est posée avec Christina. Il était absolument inenvisageable de refaire un film qu’on a tous déjà vu, et qui ne s’adresse qu’aux convaincus. Il nous fallait donc trouver une forme qui nous permette de dépasser cet écueil, d’où l’idée de se projeter dans un futur plausible mais encore difficilement imaginable pour nous. La catastrophe (c’est le titre du film) se passe en 2019, un an après l’explosion du Tricastin. Pour autant le propos reste résolument documentaire, on ne s’embarque pas dans une fiction avec effets spéciaux ! Christina va aller à la rencontre d’interlocuteurs légitimes sur la question nucléaire (scientifiques, élu-e-s, journalistes, militants écolo…), comme dans un documentaire classique. Par contre ces interlocuteurs devront jouer le jeu de replacer leur propos dans ce contexte post-catastrophe, pour essayer de donner à voir les conséquences d’un tel cataclysme sur notre territoire. Tchernobyl et Fukushima, tout le monde connaît l’ampleur de ces désastres, mais l’éloignement géographique nous tient à distance de la réalité de la catastrophe. A contrario envisager le pire au Tricastin fait vraiment froid dans le dos et renvoie à notre responsabilité collective face à la gestion du risque. Je vous invite d’ailleurs, pour découvrir l’univers post-catastrophe que nous commençons à imaginer, à visiter le site du Bureau d’Information sur l’Ecosystème Nucléaire, qui chronique l’actualité de la zone interdite du Tricastin.

Pourquoi un financement citoyen ?

Deux raisons à cela. La première est liée aux transformations de notre métier : il nous est de plus en plus difficile de financer des documentaires audacieux sur le fond et la forme, les accès aux guichets d’aide à la création sont de plus en plus restrictifs et les diffuseurs définitivement frileux ! On doit donc être de plus en plus inventifs pour chercher des financements, et le crowdfunding fait partie des outils qu’on peut parfois mobiliser. Pour autant ce n’est pas une recette miracle, et on ne lance pas un financement participatif sur tous nos projets. Ici ça s’y prêtait bien, car on s’est dit que sur la thématique nucléaire on pouvait mobiliser des gens déjà concernés et organisés pour qu’ils nous soutiennent. Mais c’est un boulot considérable que d’animer une campagne de crowdfunding, et d’ailleurs on se fait aider sur la stratégie réseaux sociaux par une autre résidente de Locaux Motiv’, Stéphanie de La Fabrique à Liens.

Et puis nous nous sommes associés au collectif item pour cette campagne, qui produit le volet contemporain du documentaire d’anticipation de Christina : le photographe Romain Etienne va réaliser une série de reportages sur la gestion du risque dans toute la filière nucléaire française, des anciennes mines d’uranium aux déchets. Il en tirera un livre et une exposition, autant d’objets, avec le film, dont la vocation est de nourrir le débat sur la question nucléaire, débat particulièrement vivace ces temps-ci !

Comment soutenir la campagne ?

Bien évidemment en contribuant, via la plateforme Touscoprod ! On a défini plein de niveaux de contributions, avec des contreparties qu’on espère variées et sympa, et aussi des contreparties collectives. Par exemple une association anti-nucléaire de la Drôme s’est cotisée pour donner une grosse somme et se réserver une projection de La catastrophe. C’est super motivant pour nous !

Et bien entendu, la première aide, qui ne coûte rien celle-là, c’est de relayer la campagne et de nous aider à faire connaître le projet, via la page Facebook et le compte Twitter.

Ouvrir, démontrer et accompagner

A la suite de l’assemblée générale de Locaux Motiv’ (LM), qui s’est tenue le 2 avril dernier, pour laquelle on vous invite à lire le compte-rendu de la journée (lien vers l’article), on a souhaité, avec Emmanuelle Jouas, la chargée de développement, présenter ici un tour d’horizon des projets portés par LM en partenariat avec d’autres acteurs, dont l’essence est l’ouverture de LM sur le quartier et en faveur de l’économie sociale et solidaire (ESS).

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Le développement de projets à destination des habitants du quartier fait partie de l’ADN de LM. Les cofondateurs, structures impliquées dans l’éducation populaire à la Guillotière, ont souhaité se regrouper dans un espace mutualisé pour faciliter les initiatives citoyennes.

Après deux années consacrées à la structuration du lieu (gouvernance et modèle économique), le poste de chargé de développement a été créé avec l’ambition de déployer le volet animation.

La proximité des adhérents a généré tout de suite de la coopération. En témoigne, en 2012, l’organisation du Mazagran événement porté par des adhérents de LM, qui a réuni les acteurs du quartier.

Accompagnement à l’entrepreneuriat social. Mis en place en 2015, un partenariat avec Ronalpia, incubateur de projets socialement innovants, vise à accompagner un entrepreneur social. Le premier porteur de projet bénéficiaire est Exit Sauve qui peut, une initiative citoyenne autour de la récupération et la valorisation des déchets (upcycling) via des ateliers participatifs de création d’objets du quotidien ou artistiques.

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Les Coding goûters. Les Coding goûters sont animés par un bénévole de Framasoft, adhérent de LM, dont l’objectif est de transmettre, à travers le jeu, l’appropriation du langage informatique et la production de données numériques à destination des familles du quartier. Les six Coding goûters organisés depuis 2014 ont été une réussite, car ils ont notamment touché des enfants qui n’ont pas accès à l’informatique.

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La programmation 2016-2017 vise à développer les ateliers en trois axes : 1/ l’éducation numérique par le jeu, un samedi après-midi par mois, à destination des familles ; 2/ l’essaimage de la pratique du code par des cycles de formation à destination des professionnels, comme les animateurs des espaces publics numériques (EPN) et toute personne désireuse de se former pour transmettre cette pratique ; et 3/ l’optimisation de l’usage du numérique (gestion adhérents, facturation, réseaux sociaux…) auprès des responsables de petites structures de l’ESS au service de la stratégie de leur structure. Ces axes sont développés sur des logiciels libres.

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JeunESS logo defJeun’ESS d’or. Ce projet est emblématique de la dynamique citoyenne recherchée par LM. Il est né de la rencontre entre les Missions locales, LM et les Cités d’or, mouvement d’éducation à la citoyenneté qui aide les jeunes et les moins jeunes à devenir acteur de leur vie. Le projet Jeun’ESS d’or vise, en complément de cette acquisition des compétences fondamentales, à proposer aux jeunes sans emploi et ne suivant ni études ni formation, ceux qu’on surnomme désormais les « Neets », pour « not in employment, education or training » en anglais, une mise en situation professionnelle, notamment sur les nouveaux métiers de l’ESS.

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Le programme concerne une petite quinzaine de jeunes pour des sessions de deux mois, pendant lesquelles une série d’ateliers leur ait proposé : cinéma et vidéo (« On tourne à Jeun’ESS d’or ») avec Service compris, résident à LM, outils numériques et recherche d’emploi ou de logement, avec le Crij (Centre régional d’information jeunesse), upcycling avec Exit – Sauve qui peut (nomade à LM) et écologie urbaine avec l’atelier du Chat perché (réparation vélo) pour ouvrir sur les métiers liés à la mobilité, dans lequel intervient Mobiped, résident à LM, et Brin de Guill (usager de LM) pour aborder le jardinage en ville. L’institut Egaligone proposera également un cycle sur les stéréotypes filles / garçons.

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Les ateliers se déroulent sur une demi-journée, une journée voire une semaine pour l’atelier vidéo.

LM, animaRhone solidairesteur de la plateforme Rhône Solidaires. Plateforme participative des acteurs de l’ESS, en réseau avec la plateforme régionale Rhône-Alpes Solidaire, rhone-solidaires.org est un outil de promotion de l’ESS. L’animation s’organise soit dans des espaces ouverts au grand public (forums ESS ou de l’emploi), soit en mobilisant des acteurs autour de thématiques spécifiques.

Au sein de comités de rédaction, la plateforme est enrichie collectivement de contenus produits par les acteurs pour mettre en lumière les apports de l’ESS dans certains secteurs de l’économie : emploi et ESS, alimentation durable, mobilité douce, consommation différente pour les fêtes de fin d’année, petite enfance et à venir le traitement des déchets/recyclage. L’animation de cette plateforme positionne LM comme l’un des acteurs essentiels de l’ESS auprès des partenaires : Ville de Lyon, Métropole de Lyon et la Ville de Villeurbanne qui rentre dans le projet.

Le réseau CoworCoworking Grand Lyonking Grand Lyon. Locaux Motiv’ est cofondateur du réseau, dont la charte a été signée en 2014. L’objectif est de différencier les espaces de coworking des centres d’affaires ou de la simple location de bureaux. La notion de coopération est au cœur des projets de ces espaces : circulation des informations (partage d’expériences) et des coworkers Des réunions mensuelles permettent aux signataires de la charte de partager leurs expériences et d’envisager des actions communes (coworking Tour en 2014 et 2015 pour valoriser cette autre façon de travailler auprès du grand public et des responsables de collectivités intéressés par la création d’un espace sur leur territoire). Le réseau envisage par ailleurs d’organiser en novembre prochain les assises du coworking, pour partager ses réflexions sur ces nouvelles formes de travail et ce qu’elles produisent.

crédits photo Jeun'ESS d'or : Jean-Jacques Bernard — Crédit photo couverture (CC BY-SA) : Bertrand Paris — Crédit photo EXIT : Anne-Laure Letourneux — Crédit photo Coding goûters (CC BY-SA) : Emmanuelle Jouas