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Le point de vue sur… la gonette par De l’Autre CôTé de la Rue

De l’autre côté de la rue, épicerie locale située dans le 3e à Lyon et adhérente-usagère de Locaux Motiv’, ne prend pas, à ce jour, la gonette. Explications.

Le projet d’une monnaie alternative est symboliquement fort, affirme Pierre, salarié-associé de l’épicerie, et nous ne sommes pas hostiles par principe à la monnaie locale lyonnaise, au contraire. Cependant, la gonette, telle qu’elle est instituée aujourd’hui, n’apporte pas vraiment de plus-value aux principes fondateurs de l’épicerie, et à sa charte.

De l’Autre CôTé de la Rue est très implantée au sein de réseaux de producteurs, de professionnels et de consommateurs actifs dans le domaine des circuits-courts à Lyon, qu’elle contribue à développer depuis une dizaine d’années. La gonette tente de s’appuyer en partie sur ce réseau organisé et autonome et sur d’autres, tout en visant beaucoup plus large. Or le suivi de la mise en œuvre concrète des éléments de la charte gonette par ces nouveaux acteurs reste à mettre en place, pour que la cohérence générale du réseau gonette soit lisible.

L’équipe de l’épicerie considère ainsi que la gonette ne va pas contribuer dans sa forme actuelle de manière suffisante au renforcement et au soutien d’un système économique vraiment alternatif, ayant des valeurs sociales et humaines fortes.

En second lieu, parce que De l’Autre CoTé de la Rue est au bout de la chaine commerciale et elle se verrait contrainte de changer une très grande partie de ses gonettes en euros auprès de la banque. Cette démarche serait soit très coûteuse pour l’épicerie, soit (si le système de taxation du change est supprimé) contre-productif pour la gonette et son sytème économique.

Finalement, le poids de son développement repose beaucoup sur les structures déjà très engagées dans les valeurs listées dans sa charte, mais le gain économique (en termes d’image notamment) bénéficie aux acteurs les moins engagés sur ces mêmes terrains :

– Pour les moins engagés : un faible impact logistique et un fort impact de communication

– Pour les lieux militants (et particulièrement pour les petites structures) : un fort impact logistique et financier, un surcroît considérable en temps de travail pour la gestion d’un moyen de paiement supplémentaire et un faible impact de communication (le public sensible à la gonette est déjà clients de ces lieux).

Pierre rapporte ainsi le sentiment de l’équipe, qui est d’étudier les dispositifs qui pourront être mis en place par la gonette pour compenser ces difficultés logistiques d’intégration pour les structures comme la sienne et de suivre avec intérêt les évolutions de ses orientations de développement.

NDLR: Cet article s’inscrit en complément de l’intérêt porté au projet de la gonette, évoqué lors d’un article précédent

Jeun’ESS d’Or – Votez pour nous à La Fabrique Aviva #MonIdéeFab

Locaux Motiv’, en partenariat avec les Cités d’Or et la Mission Locale de Lyon a lancé le projet Jeun’ESS d’Or.

Depuis le 11 janvier nous sommes heureux d’accueillir 15 jeunes pour une expédition un peu spéciale ! Pour ces jeunes de 16 à 25 ans, en décrochage scolaire ou social il s’agit en quelques mois de (re)construire des compétences sociales et civiques fondamentales.

Et pour assurer la pleine réussite de ce projet nous avons répondu à l’Appel à projets de la Fabrique Aviva. Ce projet a été retenu et maintenant nous avons besoin de vos soutiens (donc de votes..).

1. Mais pourquoi je devrais voter pour Jeun’ESS d’Or

Pour plein de bonnes raisons que l’on vous cite ci-dessous:

  • parce que notre avenir c’est la jeunesse
  • parce que l’ESS c’est la garantie d’avoir un avenir
  • parce que des jeunes qui s’intéresse à l’ESS c’est l’avenir.

Bon, plus sérieusement, Jeun’ESS d’Or a l’ambition, non pas de changer le monde d’un coup, mais de permettre de façon concrète, incarnée, locale, à des jeunes en décrochage scolaire ou social de s’outiller pour construire leur envies, leur confiance et leur devenir.

Les différents groupes de 15 jeunes participeront à des modules formatifs, à des temps réseaux, à des événements locaux. La complémentarité entre Locaux Motiv’et les Cités d’or permet d’inscrire ce projet dans le quartier de la Guillotière et dans la vie du tiers-lieu qu’est Locaux Motiv’.

De janvier à juillet 2016, une grande diversité d’ateliers est proposée : questionner son identité numérique (avec le CRIJ Rhône-Alpes) ; réaliser un film (avec Service Compris) ; pratiquer activement l’écologie urbaine (avec l’Atelier du Chat Perché, Mobiped, Exit sauf qui peut et Brin d’Guill) ; ou encore partager son point de vue sur l’égalité hommes/femmes (avec l’Institut Egaligone).

Il s’agit donc de permettre à chacun.e des participant.e.s de se découvrir, tester, se confronter à une diversité d’interlocuteurs fortement marquées par les valeurs de l’ESS: durabilité, coopération, émancipation.

A quoi va servir l’argent que l’on obtiendra grâce à vous ?

  • A accueillir dans les meilleures conditions possibles ces jeunes
  • A rémunérer à leur juste valeur les intervenants professionnels qui s’engagent à leurs cotés
  • A accueillir plusieurs groupes en 2016 & 2017

Vous êtes convaincus ? Merci d’en parler autour de vous, d’expliquer et de voter !

En effet, selon le règlement, « les 200 projets ayant remporté le plus de votes seront finalistes et seront assurés de gagner au moins 2 000 €. Parmi ces finalistes, un Jury, composé de personnalités qualifiées et reconnues, élira 60 Grands Gagnants, qui recevront une aide financière comprise entre 5 000 et 50 000 €. Les 140 autres projets finalistes recevront 2 000 € chacun. Ainsi, lorsque vous faites partie des 200 finalistes, vous êtes assurés de gagner au minimum 2 000 € ! ».

2. Pour voter

Cela prend, montre en main, 3 minutes. Et si vous ne nous croyez pas….démonstration !

D’abord vous devez vous inscrire, cela peut se faire à partir de la page de présentation du projet – en haut à droite !

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On peut s’inscrire à partir d’un mail ou de son compte Facebook. On ne pousse pas mémé dans les orties, donc on vous explique comment faire sans Facebook (-;

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Vous entrez une identité, un mail, un mot de passe, un clic pour accepter le règlement, et hop, c’est lancé.

Vous recevrez dans la foulée un mail de confirmation vous demandant de confirmer votre compte – il vous suffit de cliquer sur le lien actif.

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Et, voilà, il ne vous reste qu’à trouver « Locaux Motiv' » dans le moteur de recherche, pour vous retrouver avec le lien vers Jeun’ESS d’Or.

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A partir de là, vous pouvez donner 10 votes à Locaux Motiv’ pour Jeun’ESS d’Or et on vous aime. Vous pouvez choisir de ne donner que quelques votes à Jeun’ESS d’Or et de soutenir d’autres projets et, en fait, on vous aime aussi.

Donc pas de pression !

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Et nous, on est content car on voit le compteur monter.

 

 

Lancement du projet JeunESS d’or !

Cites dor logo

En septembre dernier, nous vous parlions du lancement imminent d’un dispositif pour les jeunes. Nous sommes heureux aujourd’hui d’accueillir officiellement 15 jeunes à partir du lundi 11 janvier 2016 !

JeunESS d’or porte l’ambition de soutenir et d’accompagner des jeunes de 16 à 25 ans, grâce à une approche pédagogique innovante et des ateliers professionnels, qui prennent appui sur les ressources locales. En partenariat avec l’association les Cités d’orª, 15 jeunes seront accueillis dans le cadre de modules dispensés par des professionnels de l’éducation non formelle, à travers des ateliers de compétences humaines et civiques fondamentales.

La complémentarité entre Locaux Motiv’ et les Cités d’or a suscité l’envie de mettre en place un dispositif nouveau : accompagner les jeunes en décrochage scolaire ou social et favoriser leur intégration dans le quartier de la Guillotière et dans la vie du tiers-lieu qu’est Locaux Motiv’.

Ces temps pédagogiques seront augmentés de propositions de certains adhérents de Locaux Motiv’ et d’acteurs du quartier, afin d’enrichir l’approche éducative des Cités d’or par des mises en situation, qu’elles soient professionnelles, relationnelles ou culturelles.

De janvier à juillet 2016, une grande diversité d’ateliers seront proposés : questionner son identité numérique avec le CRIJ Rhône-Alpes ; réaliser un film avec Service Compris ; pratiquer activement l’écologie urbaine avec l’Atelier du Chat Perché, Mobiped, Exit sauf qui peut et Brin d’Guill ; ou encore partager son point de vue sur l’égalité hommes/femmes.

Ce projet est réalisé en partenariat avec la Mission locale de Lyon.

Pour cette action, Locaux Motiv’ reçoit des financements de la part de la direction départementale de la cohésion sociale, de la fondation AG2R La Mondiale et de la fondation Un monde par tous ; et les Cités d’or sont financées pour cette action par la Fondation Gattefossé.

AGR2 logo        Un monde par tous             Impression       DDCS

ª L’association les Cités d’or bénéficie du soutien de la Ville de Lyon et de la Région Rhône-Alpes

Un trésor de projet : Jeun’ESS d’Or

Qui dit rentrée, dit nouvelles initiatives… et nous ne dérogerons pas à la règle !

Locaux Motiv’ est très fière de s’associer au mouvement des Cités d’Or pour lancer dès le mois de septembre le projet Jeun’ESS d’Or.

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Ce projet porte l’ambition de soutenir et accompagner des jeunes du quartier, en croisant approche pédagogique innovante et ateliers professionnels, en  appui sur de nombreuses ressources locales. En partenariat avec l’association Les Cités d’Or, des jeunes du quartier seront accueillis dans le cadre de modules dispensés par des professionnels de l’éducation non-formelle.

La complémentarité entre les deux associations a suscité l’envie de mettre en place un dispositif innovant : accompagner les jeunes en décrochage scolaire ou social et favoriser leur intégration dans le quartier de la Guillotière et dans la vie du Tiers-Lieu qu’est Locaux Motiv’.

Ces temps pédagogiques seront augmentés de propositions de certains adhérents de Locaux Motiv’ et d’acteurs du quartier, afin d’enrichir l’approche éducative des Cités d’Or par des mises en situations, qu’elles soient professionnelles, relationnelles ou culturelles.
La dimension partenariale du projet renforcera l’intégration des jeunes dans le dispositif. En effet, les acteurs de prévention et d’orientation du quartier vont naturellement être impliqués pour participer à des temps de formations autour de la pédagogie des Cités d’Or dont notamment, le CRIJ Rhône-Alpes, la MJC Jean Macé, l’Espace Public Numérique de la Bibliothèque Jean Macé ou encore la Mission Locale de Lyon 7 ème. Tous ont répondu présents pour s’impliquer dans ce projet et orienter leurs publics jeunes vers le dispositif.

Ce lancement est possible grâce au financement de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et la Fondation Un monde par tous.

Les premiers ateliers débuteront en octobre 2015 à Locaux Motiv’, pour un accompagnement jusqu’en juillet 2016. À terme, l’idée est de mettre à disposition des jeunes un espace dédié au sein du tiers-lieu, de façon hebdomadaire.

Jeune intéressé ou parent concerné, vous avez envie d’en savoir plus ?

Venez à une des permanences d’accueil, les jeudis 10, 17 et 24 septembre à Locaux Motiv’ de 16:30 à 19:00 !

 

Flyer A5 JEO DEF Flyer A5 JEO DEF2

Retour en images sur le Maza 2015

L’été a commencé en beauté avec la quatrième édition du Maza’Grand Événement, dont Locaux Motiv’ est un fervent soutien depuis la première édition.

Retour en images sur cette édition 2015 chargée et ensoleillée !

Pour voir les images, cliquez ici, les images sont en licence Creative Commons BY-SA par Bertrand Paris sur la page Facebook Maza’Grand Evénement (accessible sans compte ni rien bien sûr) !

Artis, l’art et le sens du collectif

Active dans le quartier de la Guillotière, où elle est ancrée depuis une dizaine d’années, l’association Artis se définit comme un lieu de pratiques musicales collectives, ouvert aux amateurs. Rencontre avec Régis Heindryckx, chargé de développement, et musicien.

«La logique de notre association est d’être participative. Les activités sont faites pour et par les adhérents », souligne Régis. « Nous offrons avant tout un cadre à la pratique musicale collective pour des musiciens amateurs. Nous sommes une sorte de facilitateur pour les groupes ». Le principe d’Artis n’est donc pas de mener à une professionnalisation, mais plutôt de proposer à ses adhérents un encadrement musical, et ce dans une vraie démarche de loisir et de partage. L’association est animée par une équipe composée de neuf personnes, dont huit musiciens, et accueille environ 120 adhérents par an, de tout âge. Artis est également un lieu de création, de répétition, de production et d’appui aux projets musicaux.

Un incubateur de groupes

Des musiques actuelles, aux percussions africaines, en passant par les musiques de rue et l’orchestre vocal, les possibilités de pratiques musicales sont multiples chez Artis, que l’on soit instrumentiste ou chanteur(euse). Chaque groupe bénéficie de temps de répétitions dans les locaux, peut enregistrer ses morceaux et participer à plusieurs concerts dans l’année, programmés dans un festival ou une autre structure culturelle. L’association abrite également des groupes à part entière, comme Nargazam, formation jazz, la Fanfare des pavés (musiques du monde) et Bal’Artis (rock). Si la professionnalisation n’est pas l’objectif d’Artis, deux groupes, désormais reconnus et autonomes, sont nés au sein de l’association : le groupe cabaret fanfare Drap Houss et Jeudi 13, formation entre soul, funk, rock et jazz.

Crédit photo Xavier Boymond

Un acteur du quartier Mazagran

Impliqué dans la vie du quartier Mazagran, Artis se joint chaque année, à travers la participation de plusieurs de ses groupes, dont la Fanfare des pavés, à des temps forts musicaux et culturels, comme le Festival en fanfare. L’association est aussi partenaire d’autres structures voisines, comme Arts en scène ou encore de la compagnie de danse La Myrtille Sauvage, du Zèbre et la Mouette et des Zurbamateurs. Si vous souhaitez découvrir un peu plus la démarche musicale proposée par Artis, il vous suffit de venir à sa Journée Portes Ouvertes, le 22 septembre 2015 à partir de 17h. L’association recherche, notamment, des instrumentistes (saxophonistes, bassistes…), désireux d’intégrer un de ses groupes pour jouer en concert la saison prochaine.

Artis, Musique, Bazar et Compagnie , 24 rue Mazagran, Lyon 7e. Renseignements au 04 78 69 13 73

Crédit photo de couverture : Benoît Verzat / Propos recueillis par Emmanuelle Berne, bénévole à la commission communication de Locaux Motiv’

L’épicerie de l’Autre CôTé de la Rue ouvre une cave en circuit court !

L’Autre CôTé de la Rue, c’est depuis 2006 une (des premières !) épicerie généraliste de circuit court, qui repose sur des valeurs fortes et une relation équitable et directe avec plus 200 producteurs (et aussi un membre usager de Locaux Motiv’) ! C’est un lieu de vie qui ouvre également sa terrasse en journée l’été, fournit de nombreux établissements (restaurants, bars, …) en produits de qualités (le café de la machine expresso de Locaux Motiv’, entre autres, vient de là-bas 🙂 et s’implique dans la vie de quartier, plus largement, à travers un soutien à divers événements locaux (notamment le Maza’Grand Événement !). Parmi ce qui fait sa renommée : son rayon vin, en circuit court et pour l’essentiel bio !
L’épicerie dispose d’une petite surface de vente à proximité du métro Guillotière, à Lyon, depuis son ouverture. Petite surface dans laquelle on finit par se sentir à l’étroit, pour accueillir correctement ceux qui passent nous voir et surtout, pour proposer de nouveaux produits !
Heureusement, la solution a été trouvée !

Toute l’équipe de la SCoP De l’Autre CôTé de la Rue se mobilise pour ouvrir une deuxième boutique, dédiée au vin, à la bière et autres boissons artisanales ! À deux pas du local historique, elle permettra de réaménager, pour plus de confort, l’épicerie actuelle. Cela permettra de proposer plus de références de vins et de bières régionales, toujours en circuit court ! L’occasion également d’accueillir plus de dégustations et d’événements autour du vin et de la bière !

C’est donc une toute nouvelle cave à vin et à bière en circuit court qui va naître en septembre en plein cœur de Lyon !

Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour l’inauguration de… Banastou & Fourquet* en septembre 2015.

D’ici là, si vous souhaitez nous apporter votre soutien, vous pouvez contribuer jusqu’au 3 juillet à une campagne de crowdfunding Ulule qui nous permettra de financer une part importante des travaux d’aménagement du local, qui ont d’ailleurs déjà commencé à la mi-juin !

*pour savoir pourquoi ce nom, rendez-vous sur banastouetfourquet.fr !
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L’abus d’alcool est dangereux pour la santé : à consommer avec modération bien sûr !

Maza’Grand Evènement : Appel à bénévoles

4e édition pour le festival d’été sympathique, local et gratuit pour toutes et tous…. Maza’Grand Evènement ! C’est reparti pour les festivités, du 17 au 19 juillet, place Mazagran !

Et pour bien réussir l’organisation de cette nouvelle édition, le festival a besoin de toutes les énergies et enthousiasmes !

Si vous souhaitez en savoir plus sur le festival, rejoignez-nous les 10 et 20 juin prochain pour deux temps de rencontres et d’échanges ! Toutes les infos se trouvent dans l’agenda de notre site.

Le crieur public de la Guillotière, vos messages, mes cordes vocales

Et l’hiver ?[1]

A priori, on ne sait jamais, le crieur va s’arrêter avant Noël, un peu comme la nature, dodo du crieur et réveil au printemps…

 

Comment t’est venue l’idée de venir crier sur la place publique ?

Je suis conteur de métier depuis deux ans, c’est-à-dire que j’en vis à peu près. Je voulais absolument trouver à la Guillotière, le quartier où je vis, un temps et un lieu où les gens puissent venir écouter des contes. J’aime conter à l’extérieur. Après, ça s’est enrichi, notamment au sein du collectif les Guillotins, dont je fais partie. J’ai voulu faire quelque chose à la fois de très poétique et politique. J’en ai parlé à droite et à gauche et l’idée a grandi. C’est comme ça que le crieur public est né.

 Le crieur public 2

Peux-tu dire deux mots du collectif les Guillotins ?

Les Guillotins sont un collectif de personnes, principalement des habitants, mais pas uniquement, qui ont pour objectif de lutter contre – même si c’est un peu présomptueux – ou de mettre en lumière l’embourgeoisement de la Guillotière, qui signifie l’éviction progressive des pauvres. Ils sont nés à l’été 2013, mais ils sont issus de différents mouvements qui existaient avant.

 

Est-ce que tu cherches par ta manière d’haranguer le public à t’inscrire dans une lignée ?

Non pas spécialement. C’est difficile de répondre à cette question. Je m’inscris plutôt dans une lignée de conteurs. En tout cas, ça n’est pas mon objectif, même si j’ai pris la suite du conteur public de la Croix-Rousse, qui est parti crier ailleurs. C’est une coïncidence, ça n’était pas fait exprès.

 

A la lecture de ton manifeste, le parti-pris politique, au sens grec du terme, est très fort. C’est quoi « le peuple » pour toi ?

Pour la préparation d’une séance de contes populaires de la Guillotière pour Terre des livres, la librairie débordante de la Guill’, j’ai écris quelque chose sur le peuple. Je partais de la pauvreté, mais aussi je disais qu’il était bruyant, odorant, foisonnant et peut-être dérangeant. Au final, vivant.

 Le crieur public 6

Quid de la connotation politique du mot peuple, inscrite dans ton manifeste ?

Il existe une erreur des politiques dans leur rôle institué qui est de renvoyer les gens dans leur catégorie. On te dit « vous qui prétendez faire du social, vous devez en faire encore plus », car ils vous mettent dans la catégorie supposée des bobos. Là il s’agit de faire peuple, de se foutre pas mal d’où on vient, d’être dans l’instant où on est et tourné vers là où on va. De belles paroles ! A faire, c’est plus compliqué. Par définition, le peuple, c’est quelque chose qui est différent de ce qui est, qui se construit et qui est toujours en mouvement.

 

C’est quoi ce Bulletin collectif de nouvelles populaires que tu invites à construire ?

La voilà la dimension politique. J’avais envie de parler de l’actualité, mais pas que du quartier. Il ne faut pas non plus que je le fasse moi, mais que j’invite les gens à dire ce qui les a touchés. Pour l’instant, c’est assez vivant. Les gens laissent un message. L’idée, c’est de partager des nouvelles plus que l’actualité. L’actualité aujourd’hui est éminemment déprimante et tend à vous démobiliser. Je veux arriver à la construire, pour pouvoir y prendre part. On la partage et on en fait quelque chose. On décide d’un rassemblement. On organise une manifestation contre l’expulsion des 300 personnes boulevard Yves-Farges, dans le 7e, comme il a été décidé la semaine dernière. Ça peut aller plus loin. Les personnes qui participent apportent des nouvelles. Contrairement à l’actualité télévisée ou sur Internet, on peut en parler, la commenter, la faire vivre.

 Le crieur public 3

Tu viens en fait de répondre à ma question suivante : tu souhaites, a priori, une interaction, en amenant les gens à participer, comment le fais-tu et est-ce que ça marche ?

La participation, c’est plus large que ça. L’idée, ça n’est pas que j’invite les gens à écrire des beaux messages poétiques, mais que ça se réponde, qu’on construise quelque chose ensemble. Comme laisser des petites annonces et que ça donne lieu à des rencontres, que ça devienne un truc pratique et populaire, comme de vendre ses salades tel jour à telle heure… Si c’est pratique, ça peut devenir populaire. Je ne veux pas que la dimension politique.

 

Et l’hiver ?

Le Crieur hiberne. On verra. Parce qu’il faut que ça respire, il faut qu’il n’y est rien à l’expiration. Je vais aussi me lasser. Et puis, c’est plus difficile de rester dehors l’hiver. Au début, je tablais sur une demi-heure, maintenant avec les contes, c’est plutôt une heure. Il y a en plus l’apéro derrière que j’aimerais poursuivre en repas partagé…

 

Finalement, je souhaiterais te poser une ultime question : que penses-tu de la place dit de Mazagran ?

Le crieur public 4En deux mots ? C’est l’horreur, non ça fait trois ! La machine mégalopolitaine lyonnaise est venue, à grand renfort d’argent public en pleine période d’austérité, détruire un grand nombre d’initiatives et exclure une partie de la population qui vivaient autour et sur cette place. C’était toute une histoire. Une histoire de familles rom, de squatters hébergés en toute légalité, de terrain de sport pour les ados. Tout cela a disparu du paysage. L’ironie du sort, c’est que les ados, qui ont été excessivement déçus quand ils ont appris qu’ils ne pourraient plus faire du foot, vont jouer dans l’aire de jeux des enfants et qu’ils commettent des destructions. Concernant ce qui a été fait, c’est terrifiant de rectitude. Aujourd’hui, dans la conception d’un espace public partagé par différents usagers, on parque les usagers. Chacun regarde l’autre derrière une grille, même le compost est engrillagé. Cela signifie être dans l’incapacité d’imaginer que les gens se mélangent. Sans parler de la conception policière de l’espace public. La commission sécurité de la Ville voulait surveiller la place de tous les bords, il a donc été impossible d’envisager de faire de l’ombre, en mettant des murs ou des buissons…

A la deuxième criée, je me suis posée la question si je continue. La force de cette place, c’est l’envie des habitants/usagers/occupants de la faire. Il y a des envies de jardiner, de construire, de bricoler, de s’approprier… Dans cette logique, ça se tient, même si c’est une question sans cesse renouvelée. C’est l’idée de mon référendum sur le nom de la place, renvoyer la question aux gens.

 Le crieur public 5

Oyé Oyé : Vous pouvez venir écouter le Crieur public tous les jeudis soirs à partir de
18 heures, place Mazagran, dans le 7e, et déposer quand bon vous semble
vos messages dans les boîtes dédiées à cet effet installées dans plusieurs endroits dans le quartier de la Guillotière.

 

 

Cet entretien se fonde sur le manifeste du Crieur public de la Guillotière.
« Vos messages, mes cordes vocales » est une citation du crieur public de Grenoble, reprise à son compte par Lionel.
[1] Lionel a lu par-dessus mon carnet et a vu la dernière question que j’avais préparée et a souhaité commencer par elle. Je lui ai toutefois dit que cela n’empêcherait pas que je la repose à la fin…

Quartier Mazagran : Fête de réouverture des jardins

Après plusieurs mois de travaux, liés au réaménagement de l’Ilôt Mazagran, les jardins fêtent leur réouverture ! L’association Brind’Guill organise trois journées festives : les 26, 27 et 28 mars.

– Jeudi 26 mars : Grande lessive

– Vendredi 27 mars : Plantations avec les écoles Cavenne, Veyet et Gilbert Dru et apéro avec les parents d’élèves à partir de 18h30.

– Samedi 28 mars : Ouvertures des jardins, bourses aux graines, exposition ; projection du film : La guerre des graines ; animations sur la place. De 14h à 20h.

Plus d’infos sur www.brindguill.org