Quid de la Gonette ?

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Lancée en novembre dernier à Lyon, la Gonette a pour l’heure convaincu 55 structures professionnelles (commerçants, indépendants et associations) et 800 particuliers de rejoindre son réseau. Questions à Nicolas Briet, membre de l’association porteuse du projet, histoire d’en savoir un peu plus sur le fonctionnement de cette toute nouvelle monnaie locale complémentaire.

En quoi la Gonette peut-elle permettre de relocaliser l’économie, objectif revendiqué par les monnaies locales complémentaires ?

Grâce aux utilisateurs qui vont dépenser localement la Gonette et permettre ainsi le fléchage des acteurs locaux. Parmi ces acteurs, un magasin comme Biocoop va pouvoir écouler ses Gonettes dans son réseau et également trouver localement de nouveaux producteurs, adhérents de la Gonette. Outre le fléchage, la Gonette apporte un soutien à ces acteurs de l’économie locale.

Et en quoi la Gonette permet-elle d’éviter la spéculation et la thésaurisation, autres arguments avancés par les monnaies locales complémentaires ?

On ne peut pas mettre la Gonette en banque, ça ne rapporte rien. La Gonette a pour vocation d’être dépensée localement. Elle ne prend aucune valeur avec le temps. On ne peut pas gagner de l’argent avec la Gonette.

Peut-on payer des salaires ou des impôts en Gonettes ?

Il est possible de payer des salaires en Gonettes, avec l’accord du salarié. Pour les impôts locaux, ce n’est pas encore le cas. Cependant, les monnaies locales complémentaires étant désormais reconnues par le code monétaire, il est techniquement possible de payer ses impôts locaux en monnaie locale. Des discussions sont en cours dans plusieurs villes avec le Trésor public dans ce sens, ainsi qu’avec des municipalités pour le paiement de services comme les transports. Nous attendons que ces démarches se développent un peu plus pour nous lancer mais elles font partie des pistes de réflexion que nous souhaitons ouvrir.

Votre charte est assez succincte et certains commerçants estiment qu’elle n’est pas assez exigeante. Qu’en pensez-vous ?

Nous avons eu peu de retours dans ce sens. Dans cette charte, nous exposons notre vision du monde. Il ne s’agit pas d’un label. Si nous avions d’autres retours de ce type, nous pourrions envisager de revenir sur le contenu de notre charte. Nous nous considérons principalement comme des facilitateurs, avec le souhait que chacun s’approprie la Gonette. Nous ne serions donc pas opposés au fait que des personnes se chargent d’enrichir notre charte.

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Pourquoi avoir adossé la Gonette à une banque partenaire comme le Crédit Coopératif ?

Pour des raisons à la fois pratiques et de crédibilité vis-à-vis de nos partenaires professionnels et institutionnels. La banque assure gratuitement la gestion de notre stock de 150 000 Gonettes dans le cadre de ce partenariat. Nous souhaitions de plus faire appel à une banque éthique et le Crédit coopératif s’est montré enthousiaste face à notre projet.

Un fonds de garantie, constitué avec les euros issus de l’achat de Gonettes, est placé sur un compte-épargne. Quelle est sa fonction ?

Le compte-épargne fait office de fonds de garantie et nous permet de placer le montant équivalant à la masse monétaire en Gonettes en circulation. Nous avons la possibilité d’utiliser les intérêts générés par ce fonds de garantie. Selon le code monétaire, la banque peut quant à elle (sans toucher au fonds de garantie), générer du crédit pour investir dans des projets du secteur de l’ESS. Nous allons prochainement discuter avec le Crédit Coopératif afin de voir comment nous allons utiliser les intérêts générés par ce fonds de garantie en alimentant par exemple un fonds de solidarité. Le fonds de garantie peut par ailleurs nous permettre de rembourser les partenaires professionnels qui souhaitent échanger leurs Gonettes contre des euros.

La Gonette peut-t-elle permettre à des personnes aux faibles revenus d’accéder à des services et biens de consommation plus facilement ? Ou à des personnes en situation d’immigration de mieux s’intégrer économiquement ?

Certaines monnaies pratiquent un taux de conversion qui permet d’avoir en poche un montant en monnaie locale supérieur à la somme d’achat en euros. A Toulouse, par exemple, la mairie a versé une subvention et une part de cette somme a été redistribuée en monnaie locale à des personnes au chômage. Nous avons dans notre réseau des acteurs comme la Passerelle d’Eau de Robec, une épicerie sociale et solidaire qui pratique une double tarification pour ses bénéficiaires et plusieurs lieux où l’on pratique le café suspendu. Nous nous posons effectivement la question de savoir comment faire pour intégrer dans notre réseau des personnes éloignées socialement, culturellement et économiquement de notre démarche en nous rapprochant d’autres acteurs dans de nouveaux territoires.

Un article de la loi du 31 juillet 2014 sur l’Economie sociale et solidaire a reconnu les monnaies locales comme titre de paiement. Quel est son impact et quels seraient ses freins éventuels ?

Cette reconnaissance légale a apporté un cadre plus confortable et rassuré de nombreux acteurs. Elle a eu un impact psychologique, donné du crédit aux initiatives de monnaies locales et permis d’ouvrir le dialogue avec les mairies ou les services des impôts. C’est donc positif. Au niveau du réseau national des monnaies locales complémentaires, des craintes ont toutefois été exprimées quant à de possibles lourdeurs administratives liées à cet encadrement légal. Cela risque d’être plus compliqué en effet lors de la mise en œuvre d’une monnaie électronique.

Les objectifs visés par les monnaies locales complémentaires (favoriser le lien social, relocaliser l’économie, changer le rapport à la monnaie) ont-ils été atteints ?

Il y a dans la création d’une monnaie locale complémentaire une dimension pédagogique qui prend du temps et nécessite de bien communiquer. C’est une démarche d’éducation populaire autour du fonctionnement de la monnaie, de la finance et des banques qui commence à être compris. Plusieurs initiatives de monnaies locales sont des réussites, comme l’Eusko au Pays basque ou le Sol Violette à Toulouse. Ces monnaies ont déjà entraîné des changements dans les comportements des acteurs locaux comme des consommateurs.

Une monnaie locale est-elle réellement un bien commun ?

C’est la gestion associative de la monnaie locale qui en fait un bien commun. Les règles sont définies collectivement. Il n’y a pas d’opacité quant à la gestion de la monnaie. Le fonctionnement est transparent. Avec la Gonette, nous voulons rafraîchir la démocratie en impliquant tout le monde afin que chacun contribue aux décisions.

Quels sont les difficultés et les écueils que vous avez connus et observés en tant que porteur de projet ? Ou expérimentés par d’autres MLC ?

Il y a actuellement 32 monnaies locales complémentaires en circulation en France… La disparition de certains projets est essentiellement lié à l’essoufflement, au manque de subventions et au bénévolat. Le principal écueil est que l’enthousiasme du début ne soit pas suivi par de nouvelles adhésions des gens l’année suivante. L’autre risque est lié aux subventions. Elles sont une aide mais il est important de savoir diversifier ses ressources pour ne pas être fragilisé.

Quel avenir pour les monnaies locales complémentaires ?

Depuis la création de la première monnaie locale en France en 2010, les projets se multiplient chaque année. Il y a un enthousiasme en ce moment et le nombre de monnaies locales sera le double d’ici deux ans. De nombreuses personnes sont touchées par la question et cela représente un réel poids politique. Les initiatives génèrent des réseaux et de l’intelligence collective. Cette volonté citoyenne ouvre de nombreux espoirs et fait que les acteurs politiques s’intéressent à ces initiatives qui sont de nouveaux outils pour soutenir des projets. Nous sommes cependant au début des monnaies locales. Après les observations qualitatives, viendra le temps des observations quantitatives.

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Pour en savoir plus sur les monnaies locales complémentaires : http://monnaie-locale-complementaire.net

Sur la Gonette : www.lagonette.org

Jeun’ESS d’Or – Votez pour nous à La Fabrique Aviva #MonIdéeFab

Locaux Motiv’, en partenariat avec les Cités d’Or et la Mission Locale de Lyon a lancé le projet Jeun’ESS d’Or.

Depuis le 11 janvier nous sommes heureux d’accueillir 15 jeunes pour une expédition un peu spéciale ! Pour ces jeunes de 16 à 25 ans, en décrochage scolaire ou social il s’agit en quelques mois de (re)construire des compétences sociales et civiques fondamentales.

Et pour assurer la pleine réussite de ce projet nous avons répondu à l’Appel à projets de la Fabrique Aviva. Ce projet a été retenu et maintenant nous avons besoin de vos soutiens (donc de votes..).

1. Mais pourquoi je devrais voter pour Jeun’ESS d’Or

Pour plein de bonnes raisons que l’on vous cite ci-dessous:

  • parce que notre avenir c’est la jeunesse
  • parce que l’ESS c’est la garantie d’avoir un avenir
  • parce que des jeunes qui s’intéresse à l’ESS c’est l’avenir.

Bon, plus sérieusement, Jeun’ESS d’Or a l’ambition, non pas de changer le monde d’un coup, mais de permettre de façon concrète, incarnée, locale, à des jeunes en décrochage scolaire ou social de s’outiller pour construire leur envies, leur confiance et leur devenir.

Les différents groupes de 15 jeunes participeront à des modules formatifs, à des temps réseaux, à des événements locaux. La complémentarité entre Locaux Motiv’et les Cités d’or permet d’inscrire ce projet dans le quartier de la Guillotière et dans la vie du tiers-lieu qu’est Locaux Motiv’.

De janvier à juillet 2016, une grande diversité d’ateliers est proposée : questionner son identité numérique (avec le CRIJ Rhône-Alpes) ; réaliser un film (avec Service Compris) ; pratiquer activement l’écologie urbaine (avec l’Atelier du Chat Perché, Mobiped, Exit sauf qui peut et Brin d’Guill) ; ou encore partager son point de vue sur l’égalité hommes/femmes (avec l’Institut Egaligone).

Il s’agit donc de permettre à chacun.e des participant.e.s de se découvrir, tester, se confronter à une diversité d’interlocuteurs fortement marquées par les valeurs de l’ESS: durabilité, coopération, émancipation.

A quoi va servir l’argent que l’on obtiendra grâce à vous ?

  • A accueillir dans les meilleures conditions possibles ces jeunes
  • A rémunérer à leur juste valeur les intervenants professionnels qui s’engagent à leurs cotés
  • A accueillir plusieurs groupes en 2016 & 2017

Vous êtes convaincus ? Merci d’en parler autour de vous, d’expliquer et de voter !

En effet, selon le règlement, « les 200 projets ayant remporté le plus de votes seront finalistes et seront assurés de gagner au moins 2 000 €. Parmi ces finalistes, un Jury, composé de personnalités qualifiées et reconnues, élira 60 Grands Gagnants, qui recevront une aide financière comprise entre 5 000 et 50 000 €. Les 140 autres projets finalistes recevront 2 000 € chacun. Ainsi, lorsque vous faites partie des 200 finalistes, vous êtes assurés de gagner au minimum 2 000 € ! ».

2. Pour voter

Cela prend, montre en main, 3 minutes. Et si vous ne nous croyez pas….démonstration !

D’abord vous devez vous inscrire, cela peut se faire à partir de la page de présentation du projet – en haut à droite !

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On peut s’inscrire à partir d’un mail ou de son compte Facebook. On ne pousse pas mémé dans les orties, donc on vous explique comment faire sans Facebook (-;

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Vous entrez une identité, un mail, un mot de passe, un clic pour accepter le règlement, et hop, c’est lancé.

Vous recevrez dans la foulée un mail de confirmation vous demandant de confirmer votre compte – il vous suffit de cliquer sur le lien actif.

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Et, voilà, il ne vous reste qu’à trouver « Locaux Motiv' » dans le moteur de recherche, pour vous retrouver avec le lien vers Jeun’ESS d’Or.

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A partir de là, vous pouvez donner 10 votes à Locaux Motiv’ pour Jeun’ESS d’Or et on vous aime. Vous pouvez choisir de ne donner que quelques votes à Jeun’ESS d’Or et de soutenir d’autres projets et, en fait, on vous aime aussi.

Donc pas de pression !

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Et nous, on est content car on voit le compteur monter.

 

 

Lancement du projet JeunESS d’or !

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En septembre dernier, nous vous parlions du lancement imminent d’un dispositif pour les jeunes. Nous sommes heureux aujourd’hui d’accueillir officiellement 15 jeunes à partir du lundi 11 janvier 2016 !

JeunESS d’or porte l’ambition de soutenir et d’accompagner des jeunes de 16 à 25 ans, grâce à une approche pédagogique innovante et des ateliers professionnels, qui prennent appui sur les ressources locales. En partenariat avec l’association les Cités d’orª, 15 jeunes seront accueillis dans le cadre de modules dispensés par des professionnels de l’éducation non formelle, à travers des ateliers de compétences humaines et civiques fondamentales.

La complémentarité entre Locaux Motiv’ et les Cités d’or a suscité l’envie de mettre en place un dispositif nouveau : accompagner les jeunes en décrochage scolaire ou social et favoriser leur intégration dans le quartier de la Guillotière et dans la vie du tiers-lieu qu’est Locaux Motiv’.

Ces temps pédagogiques seront augmentés de propositions de certains adhérents de Locaux Motiv’ et d’acteurs du quartier, afin d’enrichir l’approche éducative des Cités d’or par des mises en situation, qu’elles soient professionnelles, relationnelles ou culturelles.

De janvier à juillet 2016, une grande diversité d’ateliers seront proposés : questionner son identité numérique avec le CRIJ Rhône-Alpes ; réaliser un film avec Service Compris ; pratiquer activement l’écologie urbaine avec l’Atelier du Chat Perché, Mobiped, Exit sauf qui peut et Brin d’Guill ; ou encore partager son point de vue sur l’égalité hommes/femmes.

Ce projet est réalisé en partenariat avec la Mission locale de Lyon.

Pour cette action, Locaux Motiv’ reçoit des financements de la part de la direction départementale de la cohésion sociale, de la fondation AG2R La Mondiale et de la fondation Un monde par tous ; et les Cités d’or sont financées pour cette action par la Fondation Gattefossé.

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ª L’association les Cités d’or bénéficie du soutien de la Ville de Lyon et de la Région Rhône-Alpes

Education au numérique : création des Passeurs de code à Locaux Motiv’

Après les Coding Goûters, ateliers numériques ouverts aux parents et aux enfants, voici venus les Passeurs de code !

Petit retour en arrière : en septembre dernier, Locaux Motiv’ noue un partenariat avec les Voyageurs du code qui viennent alors animer un Coding Goûter sur place. Début décembre, des membres des Voyageurs du code et des Bibliothèques sans frontières viennent échanger à Locaux Motiv’ autour de leur démarche de transmission de la culture numérique et d’essaimage de réseaux du code en France.

L’idée fait assez rapidement son chemin parmi les personnes présentes, lors de cet échange, de passer de l’idée à l’action, en créant à Lyon un réseau de codeurs s’appuyant sur la dynamique des Voyageurs du code. Le réseau en cours de construction a déjà un nom : les Passeurs de code.

Avec ce réseau, l’idée est de poursuivre l’aventure numérique initiée avec les Coding Goûters, organisés à plusieurs reprises à Locaux Motiv’ les samedis, en ouvrant l’animation de ces ateliers d’exploration et de bricolage numérique à toutes personnes désireuses d’expérimenter ce domaine, du plus expert au plus néophyte. A suivre…

Renseignements au 09 72 34 15 54

Nomade à Locaux Motiv’

Béatrice Weill

Suite de la série, entamée en septembre dernier, pour présenter les membres usagers de Locaux Motiv’, en poste nomade. Nouveau portrait.

Béatrice Weill : formatrice et consultante à Kaléido’Scop

Spécialisée dans les relations européennes et interculturelles, Béatrice a d’abord travaillé dans le secteur associatif sur la mise en œuvre de projets de mobilité internationale pour de jeunes adultes, axés sur le volontariat et la coopération. En 2011, elle intègre la coopérative d’activité et d’emploi Oxalis en tant que formatrice et consultante. Elle rejoint ensuite, en 2013, la coopérative stéphanoise Kaléido’Scop, collectif aux compétences multiples, qui développe une démarche d’animation participative à destination de nombreux acteurs (collectivités, associations, etc). Dans ce cadre, Béatrice a une mission d’accompagnement et de formation. Entrée comme nomade à Locaux Motiv’ depuis peu, Béatrice recherchait un lieu de travail collectif proche de chez elle (elle habite en effet la Guillotière), où elle puisse construire des relations localement et développer son activité.

Retour sur le festival le Temps des communs

2015 a vu la seconde édition du festival le Temps des communs à Lyon. Festival international, organisé par le réseau francophone des communs du 5 au 18 octobre dernier, cette manifestation avait pour objectif de donner à voir et à comprendre « les communs ». Cette notion désigne généralement l’activité de collectifs qui s’organisent pour protéger, partager et réguler des ressources matérielles (jardin partagé, foncier solidaire, habitat participatif, tiers lieux citoyens, etc.) ou immatérielles (données, cartographies ou sciences ouvertes, logiciels libres, énergie autogérée, etc.). Au total, une quarantaine d’événement ont été organisés à Lyon et 70 en Rhône-Alpes.

Communs

A l’origine de ce réseau, des représentants du monde du numérique libre et du secteur associatif francophone, des personnes ayant participé à des forums sociaux mondiaux, des chercheurs, qui se réunissent de manière informelle à Paris en 2012 et qui sont mués par le désir de faire vivre la société des communs. Cette notion, mise également en avant par Framasoft dans le numérique (voir Notre vie numérique nous appartient-elle ?), remonte au Moyen Age et désignait les pâturages ou les terres agricoles loués à titre gracieux aux paysans pour que leur exploitation et leur utilisation en soient partagées. Primaient alors l’usage et la gestion collaborative de la ressource (en l’occurrence la terre) sur son appropriation exclusive. Mais, au XVIIe-XVIIIe, il y a eu la « tragédie des communs » avec la privatisation des terres, puis progressivement d’autres ressources comme l’eau ou la connaissance.

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Notion politique par excellence, les communs mettent en jeu la démocratie participative et l’engagement de chacun dans des décisions qui concernent l’avenir de tous. Lyon n’est pas la seule ville qui a investi les communs. A Barcelone, la ville est gérée sur ce principe, à Toulouse, on s’apprête aujourd’hui à mettre en place une assemblée des communs, à Brest, c’est la Mairie qui développe les initiatives et, à Montpellier, une Maison des communs le temps d’un week-end a vu le jour… A Lyon, l’heure est au bilan. Le souhait est de faire perdurer la dynamique initiée par le festival et de mobiliser les forces en présence, qui sont les idées de demain !

 

En savoir plus : le site du festival http://tempsdescommuns.org ; http://lyon.tempsdescommuns.org

Notre vie numérique nous appartient-elle ?

Le saviez-vous ? 98 % de ce qui est hébergé sur Internet l’est par des logiciels libres. En décodé, cela signifie que les logiciels qui hébergent données, sites, blogs ou orientent les pages Web sont sous licence libre ou autrement dit sont la propriété de tous. Ce chiffre est à mettre en rapport avec la nouvelle donne économique : ce n’est plus le pétrole qui fait la rente, mais les données des utilisateurs collectées sur Internet. En clair à nouveau, ce n’est plus l’Opep, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui tire l’économie mondiale, mais le Gafam – Google, Apple Facebook, Amazon, Microsoft ! Ces « géants de l’Internet » vivent de la vente d’ordinateurs et de la masse de données qu’ils accumulent (1,5 milliard d’utilisateurs sur Facebook, soit plus ou moins la population de la Chine et un cinquième de la population mondiale).

Framasoft romains

Fait inédit dans l’histoire humaine, mais qui a commencé dans les années soixante-dix, avec Bill Gates pour Microsoft et Steve Jobs pour Apple. Grâce à la clairvoyance d’un chercheur américain, Richard Stallman, qui a anticipé les changements de l’informatique dans nos vies, le mouvement du logiciel libre est né, au même moment, en réponse à cette évolution hégémonique de captation du logiciel. En créant le concept de licence libre, qui permet le partage et la modification par chacun des logiciels, Stallman a réintroduit des valeurs de solidarité et d’égalité au sein de l’économie de l’Internet et a lancé la communauté des communs du logiciel libre.

Le logiciel libre : un commun

Faire du logiciel libre un bien cFramasoft_Logoommun, cela revient à le considérer comme une ressource qui doit se gérer collectivement. Ce qui réunit les gens, c’est l’effort commun pour assurer à tous l’accès et la gestion de cette ressource.

L’association Framasoft, créée en 2004, dont le siège social (deux des quatre permanents) est hébergé à Locaux Motiv’, est une association d’éducation populaire, qui, à la fois, promeut un ensemble de logiciels libres et qui accompagne cet enrichissement de la ressource sur Internet d’un travail de (ré-)appropriation par chacun de son pouvoir sur sa vie numérique.

3 bonnes raisons d’y réfléchir

L’objectif de Framasoft est de nous donner les informations les plus justes afin qu’on puisse faire des choix et qu’on ait la connaissance des conséquences de nos actes. Cela pour trois bonnes raisons. La première, parce que le système actuel emporte avec lui notre vie privée et qu’on ignore l’usage qui en est fait. La seconde, c’est pour nous offrir la possibilité de mettre nos actes en cohérence avec nos valeurs. Enfin, c’est pour nous amener à devenir maître de notre numérique, non seulement pour notre propre compte, mais également pour celui des autres, quand, par notre action sur Internet, on les entraîne dans un système qui leur est nuisible !

Une communauté d’usage

Maintenant prendre le pouvoir dans notre vie numérique, c’est accepter de changer ses habitudes et accepter l’effort que ça demande. Utiliser un logiciel libre, c’est s’en servir, contribuer à le faire évoluer et transmettre ses connaissances aux autres. La consommation passive n’est pas de mise, mais, pour autant, il n’est point besoin d’être un expert pour participer. Il suffit de s’y intéresser et les contributions sont à la hauteur de chacun. Alors à votre souris !

Pour en savoir plus : Framasoft, framasoft.org et degooglisons-internet.org

Les beaux jours des coopératives d’habitants

GrandCouleur2Fede2Depuis dix ans, Habicoop, association pour la promotion et l’accompagnement des coopératives d’habitants,  œuvre à travers toute la France, depuis son siège social à Lyon. Le mouvement se développe et les projets se multiplient, notamment grâce à la loi pour l’accès au logement et à un urbanisme rénové dite loi Alur, votée en mars 2014, à laquelle Habicoop a fortement contribué. L’émergence de quantité de nouveaux projets est venue imposer la nécessité de structurer ce mouvement. Habicoop s’est constituée en une Fédération nationale des coopératives d’habitants, destinée à militer pour la reconnaissance de cette voie alternative du logement (la fameuse « troisième voie » entre la propriété privée individuelle et le logement social). Avec des missions bien distinctes, la nouvelle association Habicoop Aura (pour Auvergne-Rhône-Alpes) devient l’un des relais locaux en région de la Fédération nationale.

La Fédération Habicoop : la traduction d’une réussite

Le Village vertical de Villeurbanne, qui, depuis 2013, est la première coopérative française d’habitants, a ouvert la voix, en tant que projet pilote. Il a nourri la loi Alur, qui reprend les statuts et les valeurs des coopératives d’habitants portées par Habicoop et fait la démonstration qu’un essaimage est possible. Malgré les avancées, du chemin reste à faire : l’action de lobbying auprès des pouvoirs publics doit se renforcer et le mouvement doit trouver une ampleur nationale. La Fédération reprend ces deux objectifs à son compte.

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Le premier volet, le plus pressant, c’est le suivi de l’écriture des décrets d’application de la loi Alur pour que ses principes deviennent effectifs. L’autre volet revient à faire vivre le développement des relais en région. L’objectif est de permettre la création d’associations régionales, que la Fédération se propose de coordonner, en organisant la professionnalisation des acteurs et la mise en place d’outils d’accompagnement, notamment financiers. La Fédération souhaite se doter prochainement  d’un fonds de mutualisation des coopératives d’habitants pour soutenir les projets locaux.

La légitimation d’un montage spécifique de l’habitat participatif

Les valeurs portées par les coopératives d’habitants définissent un choix bien spécifique de l’habitat participatif  : un projet démocratique et non spéculatif, qui s’oppose à une gestion de copropriété classique aux tantièmes et source d’investissement locatif. La coopérative d’habitants est une propriété collective, qui constitue la résidence principale de tous les coopérateurs, qui ont chacun une voix dans les instances décisionnelles. L’entretien et l’animation des parties collectives sont assumés par les coopérateurs.

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La création de la Fédération permet ainsi de veiller au respect des valeurs portées par la Charte d’Habicoop. Concernant la non-spéculation, la Fédération va désormais prendre un part sociale dans chaque coopérative et aura sa voix et ainsi un droit de veto pour toute modification statutaire pouvant entraîner une dérive. Les autres valeurs coopératives seront garanties par la révision coopérative, qui est devenue obligatoire par la loi relative à l’économie sociale et solidaire du 31 juillet 2014.

La naissance des relais locaux

La Fédération compte aujourd’hui deux relais locaux : Habicoop Aura en Auvergne-Rhône-Alpes et Atcoop en Aquitaine. La possibilité de monter une association régionale en Languedoc-Roussillon est en cours de finalisation, et une autre en Normandie est actuellement à l’étude.  Chaque relais aura pour mission l’accompagnement des projets et des actions de lobbying menées auprès des partenaires locaux, dont l’approche sera facilitée par cette légitimité et visibilité nationale.

Habicoop Aura, qui garde son siège social au même endroit que la Fédération, à Locaux Motiv’, peut aujourd’hui se concentrer sur les projets en cours, notamment la coopérative Chamarel-les-Barges, dont la construction débutera prochainement à Vaulx-en-Velin.

Envie Rhône : une envie d’avenir

Avez-vous déjà entendu parler des D3E ? RECYCD3E pour déchets d’équipements électriques et électroniques, appareils que nous utilisons tous les jours : frigo, lave-linge, lave-vaisselle, four, fer à repasser ou téléviseur, et qui produisent une quantité non négligeable de déchets quand on s’en débarrasse. Environ 50 kg pour un lave-linge ! L’association Envie Rhône s’est donné comme objectif, depuis 1992, de donner une seconde vie à ces D3E en alliant réparation/revente à l’insertion socio-professionnelle. Fort de ces vingt-trois années d’existence, l’entreprise s’est depuis diversifiée et structurée autour du groupe Envie Rhône-Alpes comptant aujourd’hui 140 salariés, dont une centaine en parcours d’insertion, toujours dans les métiers de la valorisation des déchets.

« Un acteur majeur de l’insertion socio-professionnelle »

Matthieu Frieh, chargé de communication d’Envie Rhône, précise bien que « l’insertion par l’activité économique est la condition d’existence de l’association ». Née de l’initiative conjuguée d’associations caritatives lyonnaises, Emmaüs Lyon, le Foyer Notre-Dame-des-Sans-Abris et l’association du Prado, avec des industriels implantés en région, Darty et Seb, Envie Rhône a accompagné, depuis sa création, 900 personnes professionnellement et socialement.

Aujourd’hui, vingt personnes sont inscrites dans un parcours d’insertion chez Envie Rhône, qui peut durer jusqu’à vingt-quatre mois. Suivies par un chargé d’insertion et un référent Pôle emploi, ces personnes bénéficient d’une formation dans les ateliers et le magasin aux « métiers de demain », comme la qualifie Matthieu Frieh, et d’un accompagnement social visant à régler leurs problématiques de logement, santé, mobilité et langue, afin qu’elles retrouvent leur autonomie.

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Économie circulaire et solidaire

Les D3E proviennent essentiellement des distributeurs qui appliquent la directive sur la « responsabilité élargie des producteurs » en reprenant les équipements usagers lors de leurs ventes. Envie Rhône rénove les appareils électroménagers et les commercialise dans son magasin situé dans le 7e, à des prix très bas et avec un an de garantie.

Ouvert à tous, le magasin propose la marchandise à une grille tarifaire particulière aux bénéficiaires des associations fondatrices et partenaires. Des projets de conventionnement sont à en ce moment à l’étude avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire du territoire, tels que le Gesra (lire l’article « le Gesra, la voix des épiceries sociales et solidaires ») et autres réseaux de la consommation responsable. Il serait question de parrainer leurs publics, leurs salariés et leurs bénévoles pour leur permettre d’accéder à un électroménager « citoyen et malin » !

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Un pas supplémentaire vers l’avenir

Depuis 2015, Envie Rhône-Alpes réunit cinq entreprises sociales, toutes entreprises d’insertion ou coopérative. Ces entreprises misent donc sur la complémentarité de leurs métiers et la recherche de synergie. De la collecte, en passant par la valorisation jusqu’au réemploi d’électroménager Envie Rhône-Alpes agit sur l’ensemble de la filière des D3E. Ce sont chaque année près de 10 000 tonnes qui sont collectées et valorisées par ces entreprises pour 5 000 appareils sauvegardés.

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En 2016, pour ce qui concerne l’activité de rénovation, Envie Rhône investira dans de nouveaux ateliers et modernisera son magasin. Autant d’ambitions qui donnent l’Envie d’être saluées.

Adresse du magasin : 12 Rue Cronstadt, 69007 Lyon, tél. 04 72 71 71 52

« Nomades » à Locaux Motiv’ !

Depuis le mois de juin dernier, Locaux Motiv’ a transformé une partie de son hall d’accueil en espace de travail pour des indépendant(e)s en postes nomades… Qui sont-elles(ils) ? Que font-elles(ils) ? Portraits express !

 

nomade Emmanuelle LBEmmanuelle Lucien-Brun : L’Agence qui marche

Après avoir été salariée pendant une quinzaine d’années dans le secteur industriel, Emmanuelle prend un nouveau virage en 2011, en créant L’Agence qui marche. Un tournant lié à sa passion pour la montagne. La nouvelle activité d’Emmanuelle, titulaire d’un brevet d’État, est de proposer des randonnées accompagnées en moyenne montagne (raquettes, marche nordique) pour tous les publics (enfants, famille, comités d »entreprise) aux alentours de Lyon et dans les massifs (Chartreuse, Jura, Vercors, Pilat…). L’Agence qui marche chapeaute par ailleurs une activité de conseil en communication et de relations presse, destinée en particulier aux secteurs de l’environnement et du tourisme. Si Emmanuelle a opté pour un poste nomade à Locaux Motiv’, c’est avant tout pour « rompre l’isolement et ne plus travailler de chez soi, rencontrer des gens dans un lieu doté d’un esprit et faire du lien professionnel ».

Plus d’infos sur lagencequimarche.com

 

nomade AndreaAndrea Garcia : Andrea Garcia Consulting

Issue de la grande distribution, où elle a été manager pendant quinze ans, Andrea se définit comme « optimiste, humaniste et volontaire ». Consultante en marketing, Andrea souhaite accompagner « les leaders » désireux d’aller dans le sens « du bonheur de leurs clients et de leurs salariés ». Une démarche qu’elle compte bien mener auprès des entreprises traditionnelles comme de l’économie sociale et solidaire, « où la valeur de leader est moins bien perçue ». Selon Andrea, « le leader est une personne dotée d’une légitimité, technique ou stratégique, capable de transmettre la bonne information, de veiller au maintien de l’objectif et à la bonne marche du projet ». Parmi les secteurs qui intéressent Andrea : l’environnement, la réinsertion ou l’alimentation. Adhérente du Mouves, Andrea est membre de la coopérative d’activités et d’emploi Escale Création. Si Andrea a rejoint Locaux Motiv’, c’est par goût « du partage de valeurs, de connaissances et d’affaires. J’apprécie ce collectif pour son statut et sa façon de travailler ».

Plus d’infos sur agarciaconsulting.com

 

nomade Anne LaureAnne-Laure Letourneux : Exit, sauve qui peut !

Anne-Laure est une jeune femme, qui est animée par une passion : inventer et créer de nouveaux objets, beaux et utiles, à partir de matières usuelles recyclées. Cette valorisation de nos déchets du quotidien s’appelle « l’up’cycling » ou le recyclage par le haut. Désireuse de faire de sa passion son gagne-pain, elle imagine aujourd’hui son activité. Accompagnée en cela par Ronalpia et Locaux Motiv’ dans un partenariat inédit, elle dessine son plan d’actions et bénéficie pour ce faire d’un accès privilégié en tant que nomade à LM. En cette rentrée, elle se lance dans l’animation de plusieurs ateliers, tous publics, à la Maison des Rancy, le lundi soir tous les quinze jours ou à LM les samedis après-midi une fois par mois, notamment. Elle aime l’espace qui lui est offert à LM pour travailler hors de chez elle, rencontrer d’autres personnes et créer des synergies. Elle s’est sentie tout de suite « chez elle », en retrouvant des amis du réseau et est fière de faire partie de cette aventure. Le lieu est pour elle plein de ressources et elle se sent valorisée par tous les retours sur son projet. Son objectif : ouvrir un atelier bricothèque à LM !

Plus d’infos sur facebook.com/exitsauvequipeut

Lire aussi les articles « Exit, sauve qui peut ! » et « Première saison d’ateliers up’cycling » sur le site de Locaux Motiv’

 

nomade MayaMaya Allan, biostaticienne, chargée d’études

Maya se présente comme une épidémiologiste/biostaticienne, ce qui signifie qu’elle travaille sur la gestion de données dans des projets liés à la santé. Elle mène des enquêtes et intervient sur les mécanismes de suivi et d’évaluation des résultats. Depuis un an, elle a opté pour le statut d’auto-entrepreneuse et offre ses prestations de services à des associations. Aujourd’hui, elle a un contrat avec le collectif Les morts de la rue, pour lequel elle assure la gestion de leur enquête nationale. Son expérience professionnelle, elle se l’est forgée à l’étranger, notamment en Afrique, où elle a enchaîné des contrats de consultance pour des ONG spécialisées dans la lutte contre le sida et la tuberculose. C’est par Résonance humanitaire, une association d’anciens humanitaires qui aide ceux qui sont sur le retour à réussir leur reconversion dans la société française, qu’elle à entendu parler de Locaux Motiv’. Ressentant le besoin de sortir de chez elle pour travailler et de se sociabiliser davantage, elle trouve en LM le lieu « juste parfait », un prix attractif, des valeurs, un attachement à des enjeux sociétaux et le potentiel pour construire, comme elle en a l’objectif, un réseau d’associations qui tournent autour de la précarité.